vendredi 2 décembre 2022

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HOMMAGE AU CINEASTE MOUSTAPHA ALASSANE : Le pionnier s'en est allé!

MOUSTAPHA ALASSANE

Moustapha Alassane, le pionnier, le maitre du cinéma africain s’est en… allé. Symboliquement et artistiquement. Juste après que se sont éteints les lampions de la 24ème édition du Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) et au moment où s’ouvre à Agadez, ville mythique du nord-Niger, le 36ème championnat national de lutte traditionnelle, sport-roi au Niger.

Parce que Moustapha Alassane, décédé ce 17 mars 2015, était un des précurseurs du FESPACO, parce qu’il était aussi l’auteur d’une légendaire bande animée intitulée « Kokowa » et dédiée à la lutte au Niger. Très symbolique. Cet homme que j’avais rencontré, au cours de ma « petite » carrière, était un maitre, c’est un artiste, il est certes mort, mais il est….immortel. Autant que ses œuvres continueront à nous rappeler ce qu’il fut.

Quasi octogénaire, Moustapha Alassane s'en va. Sobrement. Comme il a vécu d'ailleurs, malgré une filmographie prolixe. Je garde encore le souvenir de cette dernière rencontre avec l'homme, il y a quelques années. C'était en marge d'un festival en Espagne.

En séjour dans ce pays pour raison professionnelle, j'avais profité pour assister au Festival de Tarifa, en pleine Andalousie. Festival au cours duquel 4 films du cinéaste nigérien ont été projetés à savoir « Toula ou le génie des eaux », « Le retour d'un aventurier », « Kokowa » et « Bon Voyage Sim ». C'était légendaire et merveilleux. Je revois encore ce public multiculturel qui s'émerveillait à la projection des films hors-compétition de Moustapha Alassane.

Le cinéaste venait d'être célébré par ce grand festival dédié aux meilleures productions audiovisuelles d'Afrique. Je garde aussi le souvenir de l'humilité de l'homme, de l'artiste. Ce festival le lui avait du reste « bien rendu » ! Peu de gens savent que Moustapha Alassane était l'auteur du premier film d’animation en Afrique subsaharienne.

Peu de gens savent qu'il y a 53 ans, Moustapha Alassane devenait le père du cinéma d'animation en Afrique avec son film « Aouré ».

Autodidacte, Moustapha Alassane est arrivé au cinéma, selon ses propres mots, « presque par hasard », lorsqu’il s’initia à l’orée des années 1960 aux dessins animés sous la direction de Norman Mc Laren, un des responsables de l’Office Canadien du film.

D’abord illustrateur au Musée national du Niger entre 1959 et 1962, ce natif de Zougou (Bénin) a dessiné pendant cette période le studio abritant les costumes du Niger ainsi que les armoiries, les sceaux et les décorations des uniformes nigériens.

Mais c’est grâce à l’ethnologue français et précurseur du film documentaire, Jean Rouch, que l’artiste commence à troquer son pinceau pour la camera, se familiarisant ainsi aux techniques cinématographiques à une époque où le 7ème art était peu connu des masses africaines.

« Le cinéma africain a démarré au Niger » affirmait Moustapha Alassane, qui a reçu dès 1962 avec son film « Aouré » la médaille de bronze au Festival du cinéma d'amateur de Cannes avant d’être primé au Festival de Saint-Cast en 1963.

La même année, il confirme son talent dans le cinéma d’animation en réalisant « La mort de Gandji », récipiendaire du grand prix du court métrage, puis « L’antilope d’argent » présenté au festival des arts nègres de Dakar en 1966.

En 1973, le cinéaste lance « Toula ou le génie des Eaux », un film sur l'histoire d'une sécheresse dans le Sahel et dans lequel jouait pour la première fois feu Sotigui Kouyaté, une des grandes figures du cinéma africain.

Moustapha Alassane, qui s’est retranché depuis quelques années à Tahoua où il gère un studio de fortune, a livré au public « Taguimba », un film en animation consacrée à la cantatrice nigérienne du même nom, et grande voix de la musique de possession.

Je garde encore le souvenir d'un homme affable, courtois, humble et d'un agréable commerce. Je garde toujours l'image d'un homme gai, au sourire célèbre et à la prévenance sans mesure. Repose en paix l’artiste !

Djibril Saidou

 Ancien Journaliste Dakar-Sénégal

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Commentaires  

+4 #1 Alheri 19-03-2015 09:11
Que son âme repose en paix.
Nos condoléances a sa famille et a ses collègues.
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+4 #2 nigerien 19-03-2015 10:23
Ameen!!! :sad: :sad: :sad:
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+3 #3 Dan Kassa! 19-03-2015 10:26
RIP le cinéaste! Un bel hommage, beau texte, beau témoignage à la hauteur de la grandeur de l'homme Alassane.Merci mr Djibrill.
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+3 #4 Dan Maradi 19-03-2015 11:09
Allahou Akbar. Telle est la volonté d'Allah. Qu'Il l'accueille dans son paradis.
C'etait un grand homme en effet qui a fait beaucoup pour son pays adoptif qu'il a aimé jusqu'a son dernier souffle.
La jeunesse nigerienne, prennez le relais et faites mieux encore.
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+1 #5 Le fils du Niger 19-03-2015 11:26
Que son ame repose en paix. Ameen!...
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+1 #6 Dan tani 19-03-2015 14:40
C'est le plus bel article que j'ai jamais lu sur ce site.un grand hommage vraiment.paix à son ame.amine.
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+2 #7 Le justicier 19-03-2015 23:07
Que son ame repose en paix!
Alhéri, je croyais que tu ne savais qu´insulter! Continue comme ca et tu mériteras ta place sur ce forum!
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+2 #8 1958 20-03-2015 07:56
Une perte pour le pays dors en paix éternellement. Belle leçon d'article pour nos journalistes minables tels que opinion événement monde d'aujourd'hui ...... Tous réunis ils seront incapables de produire un tel article dommage pour le Niger
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+2 #9 Dr Amadou Djimraou 20-03-2015 11:09
En tous cas, l'homme a tout fait et donné, que son âme repose en paix. Je suis d'avis que cet article est bien écrit, bien structuré et il contient plein d'infos, toute chose que l'on attend d'un texte de journaliste. Pas les blabla, les insinuations et les affirmations gratuites. Je lisais il y a plus de 10 ans, l'auteur de cet article, depuis qu'il était journaliste, travaillant pour des agences de presse internationales et de grandes révues. Ce n'est pas pareil avec la presse crasse que nous avons aujourd'hui sur Niamey et qui est spécialisée juste dans les prébendes.
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+2 #10 Illa miji 20-03-2015 11:14
Dr amdou tu as raison, au niger, on recule tous les jours.la presse que nous lisions, il ya quelques années n'a plus de pareil avec ce que nous avons aujourd'hui. Mais les mec comme les Djibril Saidou ont été à bonne école, université, école de journalisme, c'est pas à comparer à ces prebendiers venus de nulle part. Rip almoustapha alassane.
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0 #11 la sagesse 20-03-2015 12:11
c' un maître ds son art
je l'ai connu a travers mn gd frere cineate oci yaya mali
toutes mes condoléances à sa famille que la terre lui soit legere amine
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+1 #12 Dogo Mayaki 20-03-2015 12:59
Que son ame repose en paix! Mes condoléances a toute sa famille et aussi a tous ceux qui lui reconnaissent une valeur!
Malheureusement, au Niger, un artiste n´est aimé qu´une fois mort! Et c´est en ce moment qu´on vient verser des m3 de larmes de crocodiles!.
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0 #13 ISSIA2 22-03-2015 12:56
Que son Ame repose en Paix
Amen
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