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 attaque aeroport Niamey

Dans la nuit du 28 au 29 janvier, des tirs nourris et des explosions ont visé la zone aéroportuaire de la capitale nigérienne, abritant des sites stratégiques militaires et un chargement d'uranium litigieux. Pour certains experts, cette attaque porte la marque d'une déstabilisation aux relents géopolitiques.

La capitale nigérienne a vécu une nuit de forte tension, secouée par des détonations et des échanges de tirs à l’arme lourde aux abords de l’aéroport international Diori Hamani. Si les autorités affirment désormais maîtriser la situation, les circonstances de cet incident pointent vers une attaque complexe, intervenant dans un contexte de bras de fer diplomatique et économique intense entre Niamey et Paris.

L’assaut, survenu peu après minuit, a duré près de deux heures, provoquant la panique parmi les habitants des quartiers avoisinants. Selon des sources sécuritaires nigériennes citées par plusieurs médias locaux, la zone a été la cible de tirs de mortier. Les projectiles visaient des infrastructures sensibles concentrées dans le périmètre aéroportuaire : la base aérienne 101 de l’armée nigérienne, le tout nouvel état-major de la Force Unifiée de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), et  détail crucial – un stock d’uranium destiné à l’exportation, actuellement au cœur d’un contentieux majeur avec la multinationale française Orano.

Cet uranium est l’épicentre d’une crise ouverte depuis la nationalisation des mines par les autorités de la Transition nigérienne. Un important chargement est bloqué sur le tarmac, Paris et Niamey s’opposant sur son statut juridique et commercial.

Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont réagi vigoureusement, bouclant la zone et lançant des opérations de ratissage jusqu’aux abords de la ville. Plusieurs suspects auraient été interpellés.

Si aucune revendication n’a émergé dans l’immédiat, et qu’une attaque terroriste « classique » n’est pas exclue, la nature des cibles et le timing de l’événement alimentent des analyses plus géopolitiques. Pour le Commandant Moussa Issoufou, ancien cadre des renseignements militaires nigériens, cet incident dépasse le cadre de la simple insécurité.

« La triangulation des faits est troublante», explique-t-il. « Nous avons une attaque précise, avec des armes indirectes (mortiers), visant non seulement une base militaire et le quartier général régional de l’AES  symbole de la nouvelle souveraineté sécuritaire sahélienne – mais aussi, et surtout, la manifestation physique du conflit économique avec la France : l’uranium bloqué. Coïncidence trop parfaite. »

L’expert développe une analyse qui trouve un écho croissant dans les capitales de l’AES. « Paris, par la voix d’Orano, a d’abord utilisé la menace judiciaire pour récupérer ce minerai. Face au refus catégorique de Niamey, qui a même menacé de porter plainte pour demander des réparations, et à l’affirmation que l’uranium nigérien serait vendu sur le marché international, la France se retrouve dans une impasse. Elle n’a pas l’habitude qu’un État africain lui tienne tête aussi frontalement sur un sujet aussi stratégique. »

Le Commandant Issoufou avance que cet échec des canaux traditionnels de pression aurait pu conduire à une escalade. « Cette attaque ressemble à un signal fort. Son objectif est multiple : tester et déstabiliser les nouvelles défenses nigériennes et sahéliennes, envoyer un message d’insécurité aux partenaires économiques potentiels du Niger, et créer un incident permettant, dans le chaos, de ‘sécuriser’ le chargement litigieux. C’est la vieille méthode de la déstabilisation. »

Cette théorie rejoint des accusations récurrentes des États de l’AES, selon lesquelles la France entretiendrait des liens troubles avec certains groupes armés dans la région pour servir ses intérêts. « L’attaque de Niamey», conclut l’analyste, « serait alors la dernière illustration en date de cette collaboration objective entre les intérêts néocoloniaux et le terrorisme au Sahel. Face au ‘non’ nigérien, certains à Paris semblent estimer que tous les coups sont permis pour reprendre le contrôle. »

Les autorités nigériennes, pour l’heure, ont affirmé que « la situation est sous contrôle », sans désigner de coupable. Mais dans les rues de Niamey, où des civils sont spontanément venus monter la garde sur des ronds-points à l’appel de brigades patriotiques, la conviction est forte : la bataille pour l’uranium est entrée dans une phase nouvelle.

Par Diallo Moussa



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