Niger : une trentaine de distributeurs de ciment suspendus par le ministère du Commerce pour pratiques commerciales illicites

Le ministère du Commerce et de l’Industrie a, par arrêté signé le 23 juillet 2026, suspendu, pour une durée de quinze (15) jours, les activités de commercialisation du ciment 32.5 de trente-six (36) opérateurs économiques. Ces distributeurs, dont de grands grossistes bien connus du marché, sont accusés de dissimulation frauduleuse d’importantes quantités de ciment, un subterfuge visant à provoquer artificiellement une pénurie et une hausse des prix. Des pratiques qui amplifient la spéculation alors que le gouvernement a pris des mesures spéciales de vente promotionnelle pour faciliter l’accès des populations au ciment. Il y a quelques jours, les autorités ont annoncé de nouvelles sanctions contre tout opérateur véreux impliqué dans des transactions illicites, notamment la confiscation des stocks saisis au profit du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP).
Dans l’arrêté de suspension signé par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, il est précisé que cette décision, sans préjudice des poursuites judiciaires conformément à la réglementation en vigueur, prend effet à compter de sa signature.
Le ministère a également interdit la circulation des camions des opérateurs économiques interdits de commercialisation du ciment 32.5 sur toute l’étendue du territoire national, durant la période de sanction de quinze (15) jours. En outre, les sociétés cimentières ne sont plus autorisées à leur vendre du ciment pendant toute la durée de cette suspension.
Selon le ministère, cette décision, qui a été prise en application de la loi de 2019 portant organisation de la concurrence dans le pays, est fondée sur des constats d’infractions établis par les services compétents.
Les 36 opérateurs économiques incriminés, qui opèrent dans le domaine de la commercialisation du ciment, sont accusés d’avoir dissimulé d’importantes quantités de ciment au moment où le gouvernement procède à une vente promotionnelle de ce produit afin de permettre aux populations d’en disposer et de construire leurs maisons.
« Cet état de fait impacte négativement l’approvisionnement du marché », a déploré le ministère dans un communiqué, avant de rappeler les mesures prises par le gouvernement, notamment à travers la vente promotionnelle du ciment, dans le cadre de la résolution des problèmes de logement auxquels est confrontée la population, surtout dans les centres urbains.
Cette opération spéciale de vente promotionnelle du ciment 32.5 est encadrée par l’État, qui a fixé la tonne à un prix réduit variant entre 54 000 F CFA et 60 000 F CFA selon les régions.
Sur la liste des opérateurs visés par la suspension, on retrouve le nom de grands grossistes et distributeurs bien connus du marché national, comme les Établissements Charfo ou Houdou Younoussa.
Des mesures contre les pratiques commerciales frauduleuses
Il y a quelques jours, face à la spéculation sur les prix engendrée par ces pratiques illicites, le ministre du Commerce et de l'Industrie a signé, le 13 juillet 2026, un arrêté ordonnant la saisie, la confiscation et la mise à la disposition du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP) des stocks de ciment CEM II 32.5 R et 42.5 N impliqués dans des transactions illicites. Selon le ministère, cette décision s'inscrit dans le cadre des actions engagées par les autorités pour lutter contre les pratiques commerciales frauduleuses dans le secteur du ciment et garantir le respect de la réglementation en vigueur.
D’après la décision, les quantités de ciment saisies seront désormais affectées au FSSP, conformément aux dispositions de l'arrêté ministériel, renforçant ainsi les efforts de mobilisation des ressources au profit des initiatives nationales.
Les autorités entendent ainsi prévenir les risques de pénurie et contenir toute hausse injustifiée des prix de ces produits de première nécessité.
Ces décisions ont été favorablement accueillies par les associations de consommateurs et les populations, qui saluent une mesure destinée à lutter contre la spéculation. Toutefois, les premières sanctions ont été jugées assez faibles au regard de la gravité des actes commis par les opérateurs incriminés, surtout dans un contexte de Refondation, comme l’ont estimé plusieurs citoyens.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)


