Évènements de Niamey : la télévision nationale expose l’arsenal « saisi » auprès des mutins
Après les révélations du capitaine Roger Gabriel qui continue de défrayer la chronique, la télévision nationale (RTN) a exposé, mercredi dans son journal télévisé du mercredi soir, « l'arsenal » composé d'armements et de divers moyens militaires « saisis » par les forces loyalistes auprès des mutins. Officiellement, les autorités n’ont pas encore fourni le bilan des évènements de la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey ainsi que les motivations des éléments du Bataillon Spécial de Reconnaissance du Commandement des Opérations Spéciales (BSR/COS), au centre de la mutinerie. Les révélations et autres commentaires faits sur la télévision nationale tendent cependant à montrer qu’il ne s’agit pas d’une simple mutinerie, mais d’une véritable tentative de déstabilisation qui a été mise en échec.
C’est un véritable arsenal de guerre qui a été présenté à la télévision nationale. D’importantes quantités d’armes, de munitions, de moyens roulants et d’équipements de communication qui ont été récupérées par les Forces de défense et de sécurité (FDS), à l’issue des opérations menées après la mutinerie survenue dans la nuit du 28 au 29 août dernier. Des évènements qui ont impliqué des éléments du Bataillon Spécial de Reconnaissance du Commandement des Opérations Spéciales (BSR/COS), en rupture avec le règlement militaire, selon les premières explications du ministre de la Défense nationale, quelques heures après l’assaut raté contre le Palais présidentiel et les violents combats à la base aérienne 101 de l’armée nigérienne, dans la zone aéroportuaire de Niamey.
Un véritable arsenal récupéré auprès des mutins du BSR-COS
Selon Télé Sahel (RTN), le matériel récupéré comprend notamment 34 véhicules Toyota pick-up équipés d’armes de bord, ainsi que deux véhicules blindés légers (VBL), dont un a été détruit. Plusieurs dizaines de motos figurent également parmi les moyens roulants récupérés.
Côté armement, le bilan fait état de 382 fusils AK-47, 36 lance-roquettes RPG-7, 30 mitrailleuses PKM et six armes de calibre 12,7 mm.
Les opérations ont également permis de récupérer quatre (04) armes de calibre 14,5 mm, quatre (04) fusils Dragunov destinés aux tireurs d’élite et un mortier de 82 mm, ainsi que 17 pistolets automatiques.
À cet arsenal s’ajoutent également plusieurs caisses de munitions, des dizaines de chargeurs et des appareils de communication.
Le commentaire de l’arsenal exposé rapporte que la récupération de cet important lot de matériels intervient dans le cadre des opérations de sécurisation et de reprise du contrôle de la base 101, à la suite des événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey. Ces opérations menées par les FDS ont permis de rétablir la situation et de préserver la continuité des activités dans la capitale.
Et le journaliste de service pour le commentaire de mettre en évidence la force de frappe que constitue cet arsenal avec la menace que cela aurait représentée pour la capitale, Niamey.
Des révélations et des accusations d’une extrême gravité
Lundi dernier, la télévision nationale avait déjà présenté les images de plusieurs dizaines de soldats capturés ainsi que ceux qui se sont rendus.
Mardi dernier, toujours sur la chaîne publique, un officier des forces armées nigériennes (FAN) qui s’est présenté comme le capitaine Roger Gabriel, commandant au 1er bataillon parachutiste de Niamey, est apparu sur l’écran pour faire des « révélations » sur ce qu’il a vécu au cours des évènements.
Dans son récit, le capitaine a affirmé qu’« une intervention était en préparation », avec l’appui de plusieurs pays étrangers, pour soutenir les mutins. Il a également fait cas d’une opération pilotée depuis le Tchad, « pilotée par les autorités tchadiennes et les forces spéciales françaises », pour soutenir les insurgés ayant pris la base 101 de Niamey. « J’ai reçu des appels de membres de la famille de l’ancien président Bazoum. Les partenaires étaient prêts à intervenir. Le président béninois, alors en déplacement en Côte d’Ivoire, est revenu à Cotonou pour mettre en place une cellule de crise, avec un appui éventuel de la Côte d’Ivoire et des forces spéciales françaises stationnées dans ce pays, avec tous les feux verts de la CEDEAO. J’ai été contacté par plusieurs numéros en France, en Belgique et à Dubaï, auxquels je n’ai pas répondu après avoir compris la situation. Les partenaires français étaient prêts à soutenir l’unité engagée à la base 101. Le chef d’état-major de l’armée de l’air du Tchad a assuré que son pays allait intervenir », détaillé l’officier. Des accusations qui défraient la chronique et soulèvent des interrogations et des inquiétudes au sein de l’opinion.
Des révélations et accusations d’une extrême gravité, même si, en l’état actuel des choses, les autorités nigériennes n’ont pas encore véritablement communiqué sur les évènements et leurs implications. C’est ce qui expliquerait certainement que, jusqu’à présent, les pays impliqués par le désormais célèbre capitaine Roger n’ont pas encore réagi à des accusations non encore officielles.
Avec ces révélations que certains qualifient de « mise en scène » et qui défraient la chronique, les contours des investigations en cours se dessinent. Ce qui est certain, c’est qu’on n’est plus dans le cas de figure d’un mouvement d’humeur de la part de soldats en rupture avec le règlement, comme annoncé dans un premier temps par le ministre de la Défense nationale.
La suite des évènements sera édifiante et, en attendant, la présentation de l’arsenal présenté comme récupéré auprès des mutins tend à remettre en cause le manque d’équipements et de moyens matériels mis en avant par certains pour tenter de justifier le mouvement d’humeur des soldats qui se sont insurgés.
A.Y.B (actuniger.com)


