Média : Reporters Sans Frontières s’inquiète de la disparition du journaliste Moussa Kaka

Dans un communiqué mercredi, Reporters Sans Frontières (RSF) a alerté sur la disparition au Niger du journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe privé de presse Radio Télévision Saraounia (RTS). Selon l’ONG internationale, Moussa Kaka est sans nouvelles depuis lundi 31 août au soir et, d’après les informations recueillies, le journaliste a quitté son bureau à Niamey, vers 19 h, pour rentrer chez lui, mais n’est jamais arrivé à destination. Sa famille et ses collègues n’ont depuis plus réussi à le joindre, tandis que son véhicule serait également introuvable. RSF demande aux autorités nigériennes d’ouvrir une enquête afin de retrouver le journaliste et de déterminer les circonstances de la disparition de l’ancien correspondant de RFI et RSF au Niger. Selon RSF, cette affaire intervient quelques jours après les événements des 28 et 29 août à Niamey. Et de rappeler que Moussa Kaka avait déjà été interpellé en 2025 dans une affaire liée à la diffusion d’un contenu sur les réseaux sociaux avec plusieurs autres journalistes.
Où est Moussa Kaka ? se demande RSF dans son communiqué d’alerte. Le journaliste nigérien, directeur général de Radio Télévision Saraounia (RTS), est porté disparu depuis près de 48 heures. Selon les informations recueillies par RSF, Moussa Kaka a quitté son bureau à Niamey, la capitale du pays, le 31 août vers 19 heures, pour regagner son domicile. « Il n’y est jamais arrivé », a confirmé l’ONG internationale indépendante de promotion de la liberté de la presse.
Depuis, ajoute le communiqué, « ni ses collègues ni sa famille n’ont réussi à le joindre ». Un journaliste de sa rédaction interrogé par RSF, qui a souhaité garder l’anonymat, confirme que Moussa Kaka ne s’est pas présenté au bureau depuis lundi soir. Le véhicule du journaliste, qui a aussi été le correspondant de Radio France Internationale (RFI), serait également introuvable, selon RSF qui cite des médias du pays.
Une disparition dans un contexte particulier selon RSF
Selon l’organisation, cette disparition de Moussa Kaka survient dans un contexte particulièrement tendu au Niger, quelques jours après « la tentative de coup d’État du 29 août à Niamey, qui a notamment visé le palais présidentiel et des sites militaires ».
« La disparition de Moussa Kaka, journaliste de renom, est particulièrement préoccupante, alors que le Niger traverse une nouvelle période de fortes tensions politiques et sécuritaires après la tentative de coup d’État du 29 août dernier. RSF suit la situation avec attention et appelle les autorités nigériennes à ouvrir immédiatement une enquête afin de le retrouver et d’établir sans délai les circonstances de sa disparition. », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.
Dans son communiqué, RSF a rappelé qu’en octobre 2025, Moussa Kaka avait été interpellé avec deux autres journalistes après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une invitation à une conférence de presse du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), une structure créée par le régime militaire pour mobiliser des ressources en soutien à la patrie. Les trois journalistes ont été poursuivis pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public », sur la base de la loi sur la cybercriminalité.
Moussa Kaka, ainsi qu’un secrétaire de la rédaction de Radio Télévision Saraounia, Abdoul Aziz Idé, et un journaliste du média en ligne La Voix du peuple, Souleymane Brah, avaient été placés en garde à vue avant d’être libérés sous caution. Trois autres journalistes, dont Ibro Chaibou, de Radio Télévision Saraounia également, avaient été placés sous mandat de dépôt en novembre 2025, pour le même motif et sous le même chef d’accusation. Ce dernier est resté en détention près de dix mois avant d’être libéré le 28 août dernier. Moussa Kaka était d’ailleurs présent à la sortie de prison d’Ibro Chaibou, avec lequel il apparaissait sur une photographie publiée le même jour par des médias locaux. Les deux autres journalistes placés sous mandat de dépôt, le directeur de publication du média en ligne Les Échos du Niger, Youssouf Sériba, et le fondateur du journal Le Hérisson, Oumarou Kané, avaient été libérés en juillet.
Fondateur de la radio Saraounia en 1999, Moussa Kaka avait obtenu une fréquence de télévision en 2011. Dans le cadre de ses activités d’homme des médias, il a été interpellé à plusieurs reprises, avec des séjours réguliers en prison durant les précédents régimes qui se sont succédé à la tête du pays.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)


