Burkina Faso : après 3 ans de suspension, les partis politiques finalement dissous comme au Mali et au Niger

Le gouvernement a adopté, ce jeudi en conseil des ministres, un décret portant dissolution des partis et formations politiques au Burkina Faso, ainsi qu’un projet de loi portant abrogation des lois encadrant leur fonctionnement, leur financement et le statut du Chef de file de l’opposition. Selon le communiqué publié à l’issue du Conseil, présidé par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, les formations politiques se sont avérées être en « total déphasage avec les aspirations réelles du peuple » et les biens des partis dissous reviendront à l’État. Après trois (03) ans de suspension, les autorités burkinabè s’alignent finalement sur leurs homologues de la Confédération AES pour écarter les partis politiques des transitions en cours, en attendant de nouveaux textes qui devraient régir les prochaines organisations politiques.
Après le Mali et le Niger, c'est au Burkina Faso, autre pays de l'AES, de bannir temporairement les partis politiques de la scène nationale. Le gouvernement a adopté, jeudi 29 janvier, un décret portant dissolution des partis et formations politiques. L'annonce en a été faite par le ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité après une réunion du Conseil des ministres. Selon le ministre Emile Zerbo, la décision a été motivée par l'échec du système partisan, incarné par le nombre important de partis politiques. « Les partis et formations politiques en pléthore se sont avérés en total déphasage continu avec les aspirations réelles du peuple et les enjeux stratégiques, notamment sécuritaires. Cette faillite a favorisé la division des citoyens, contribué à la fragilisation du tissu social et créé un développement déséquilibré du territoire », a-t-il argumenté face à la presse. Le ministre a également annoncé qu'un projet de loi, visant à dissoudre les partis, sera bientôt soumis à l'Assemblée législative de transition pour adoption.
Les autorités estiment, en effet, que cette dissolution vise à « preserver l'unité nationale, renforcer la cohérence de l'action gouvernementale et ouvrir la voie à une réforme du modèle de gouvernance politique ».
« Les partis et formations politiques, dont la mission constitutionnelle est de concourir à l'animation de la vie politique... et à l'éducation du peuple dans le respect de la souveraineté nationale, se sont avérés en total déphasage continu avec les aspirations réelles du peuple. Cette grande et importante décision s'inscrit dans le cadre de la refondation de l'Etat et fait suite à un diagnostic profond du système partisan qui a relevé de nombreuses dérives dans l'application du régime juridique des partis et formations politiques de notre pays », a déclaré le Ministre d'Etat, Ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité du Burkina Faso, Emile Zerbo.
Dans les détails, le Conseil a adopté un décret portant dissolution des partis et formations politiques au Burkina Faso, ainsi qu'un projet de loi portant abrogation des lois encadrant leur fonctionnement, leur financement et le statut du Chef de file de l'opposition. Le gouvernement estime que la multiplication des partis politiques a entraîné des dérives, favorisant la division des citoyens et fragilisant le tissu social. Cette mesure vise donc à préserver l'unité nationale, renforcer la cohérence de l'action gouvernementale et ouvrir la voie à une réforme du mode de gouvernance politique. Le décret adopté précise que le patrimoine des partis dissous soit dévolu à l'Etat.
La dissolution des partis politiques au Burkina n'est vraiment pas une surprise. Depuis trois ans, leurs activités ont été suspendues bien que non formellement interdites. Avec le spectre des élections qui s'éloigne de plus en plus dans le pays, la décision a été perçue au sein de l'opinion comme une suite logique de la mise en œuvre de la Révolution progressiste populaire que prône le Président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis septembre 2022.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)



Commentaires