Burkina : victime d’une fake news sur l’ancien président Damiba, la RTB remet les choses au clair

Dans un communiqué publié ce lundi, la Direction générale de la Radiotélévision du Burkina (RTB) a alerté sur la circulation d’une fausse publication sur les réseaux sociaux, usurpant l’identité de sa page officielle. Selon le média public burkinabè, l’information faisant état de l’extradition du Lt-colonel Sandaogo Paul-Henry Damiba vers le Burkina Faso est « totalement fausse » et n’a jamais été publiée sur sa page officielle.
L’infox a déjà fait le tour des réseaux sociaux et a même été reprise par plusieurs médias, tant la capture d’écran et la publication paraissaient vraies. D’autant plus qu’il y a quelques jours, les autorités burkinabè avaient annoncé avoir déjoué une nouvelle tentative de déstabilisation des institutions du pays, et certains des mis en cause ont témoigné à la télévision avoir agi de concert avec l’ancien chef de l’État, Paul Damiba, qui réside actuellement à Lomé, au Togo.
Dans un communiqué publié ce lundi 19 janvier, la Direction générale de la RTB a tenu à alerter sur la fausse information. « Il est porté à la connaissance du public qu'une FAUSSE publication circule actuellement sur les réseaux sociaux, usurpant l'identité de notre page officielle RTB », a indiqué la RTB, qui a tenu à préciser que « cette information est totalement fausse ».
« Cette capture d'écran falsifiée prétend que la RTB a annoncé l'extradition du Lt-colonel Sandaogo Paul-Henry Damiba vers le Burkina Faso ce 18 janvier 2026. La RTB DÉMENT FORMELLEMENT : cette publication n'a JAMAIS été faite sur notre page officielle m.facebook.com/rtburkina ».
Pour la chaîne publique burkinabè, « il s'agit d'un montage photo frauduleux », avant de réitérer que « l'information concernant le Lt-colonel Damiba est fausse » et que « la RTB n'est PAS l'auteur de cette publication ».
Dans le communiqué, la RTB a appelé à la vigilance. « Nous appelons le public burkinabè à la vigilance face à ces manipulations », a recommandé la Direction générale de la RTB, qui a aussi conseillé à ses lecteurs de toujours vérifier l'authenticité des informations en consultant ses canaux officiels, notamment ses pages certifiées sur Facebook où, il est vrai, on ne retrouve pas ladite publication, comme nous avons pu le vérifier dès la propagation de la capture.
Enfin, la RTB a demandé au public de signaler cette fausse publication à Facebook et de ne pas partager ce contenu frauduleux. « Vérifiez toujours la source avant de partager une information », a encore conseillé la chaîne publique burkinabè, qui dit se réserver le droit de poursuivre les auteurs de cette manipulation pour « usurpation d'identité et diffusion de fausses informations ».
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)



Commentaires
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260119-togo-l-ex-pr%C3%A9sident-de-la-transition-au-burkina-faso-paul-henri-damiba-arr%C3%AAt%C3%A9-et-expuls%C3%A9
Le Togo lève le voile sur la destination finale de l’extradition du Président Sandaogo-Damiba
Publié le 20 janvier 2026
L’ancien président de la transition au Burkina Faso Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo a été extradé du Togo vers le Burkina Faso. Il a été remis aux autorités de la République du Burkina Faso, le 17 janvier 2026, a annoncé le gouvernement togolais ce 19 janvier 2026.
L’exécutif togolais a éclairci ce lundi 19 janvier 2026 les contours de la situation via un communiqué officiel signé conjointement par le Garde des Sceaux, ministre de la justice et des droits humains.
A suivre
« En date du 12 janvier 2026, les autorités compétentes togolaises ont reçu une demande d’extradition formulée par les autorités judiciaires de la République du Burkina Faso, visant Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo, de nationalité burkinabè, poursuivi des chefs de détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux.
Les autorités compétentes togolaises, après examen de la régularité de la requête susdite, y ont donné telles suites que de droit.
Conformément à la procédure en matière d’extradition au Togo, Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo a été interpellé le 16 janvier 2026, en exécution du mandat d’arrêt qui faisait corps avec la demande d’extradition reçue, puis écroué.
La chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé a ensuite été saisie du dossier.
A l’issue de son audience publique tenue le 16 janvier 2026, cette juridiction a donné un avis favorable à la requête ainsi introduite, sur le fondement de l’offre de réciprocité des autorités burkinabè, des instruments internationaux auxquels le Togo est partie et des garanties offertes par ces autorités quant au respect de l’intégrité physique et de la dignité de Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo, de ses droits au cours de la procédure, notamment celui d’un procès équitable, et l’absence de la peine de mort.
Après cet avis favorable de la chambre d’instruction, Monsieur DAMIBA Paul-Henri Sandaogo a été remis aux autorités de la République du Burkina Faso, le 17 janvier 2026 ».
De l’exile à l’extradition
Réfugié depuis octobre 2022 dans la capitale togolaise après avoir été écarté du pouvoir par son ancien subordonné Ibrahim Traoré, Damiba, l’officier supérieur pensait probablement pouvoir continuer
à mener une vie tranquille dans le quartier résidentiel de Lomé 2. La réalité a brutalement rattrapé l’homme qui avait lui-même pris le pouvoir en janvier 2022.
Les forces de sécurité togolaises se sont présentées à son domicile le vendredi 16 janvier pour procéder à son interpellation. Rapidement conduit devant un magistrat de la Cour d’appel, Damiba a vu sa situation basculer en quelques heures. La justice togolaise aurait accédé favorablement à la demande d’extradition formulée par Ouagadougou, permettant ainsi le transfert de l’ancien dirigeant dès le lendemain. Escorté par des militaires jusqu’à l’aéroport international de Lomé, il a été embarqué dans un avion dont la destination finale n’avait pas été officiellement communiquée par les chancelleries concernées.
Toutefois, plusieurs sources concordantes indiquent qu’il aurait été acheminé vers le Burkina Faso,
où l’attend potentiellement un procès pour haute trahison dans une situation juridique durcie par le récent rétablissement de la peine capitale.
Un récent complot, motif d’une arrestation précipitée ?
Les accusations portées contre l’ancien chef de la transition trouvent leur origine dans les révélations faites début janvier par les autorités burkinabè. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, avait alors dévoilé avoir contrecarré un plan visant à déstabiliser le régime d’Ibrahim Traoré. Selon la version officielle, cette opération devait se dérouler dans la nuit du 3 janvier à vingt-trois heures précises et prévoyait l’élimination physique de responsables civils et militaires de premier plan, dont le capitaine Traoré lui-même. Le scénario incluait également des frappes contre des installations stratégiques, notamment une base de drones, ainsi qu’une possible intervention terrestre de forces étrangères.
Ouagadougou désigne Paul-Henri Damiba comme le cerveau de cette entreprise, l’accusant d’avoir coordonné les préparatifs depuis son refuge togolais. Les autorités burkinabè vont plus loin en affirmant que la Côte d’Ivoire aurait fourni les financements nécessaires à cette tentative, une allégation qui ajoute une dimension régionale à cette affaire. Du 6 au 13 janvier, la télévision nationale burkinabè a diffusé quotidiennement des aveux d’officiers et de civils présentés comme complices du complot, alimentant une campagne médiatique destinée à mobiliser l’opinion publique. Les manifestations spontanées organisées à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso dans la nuit suivant l’annonce témoignent de l’efficacité de cette stratégie de communication gouvernementale.
TOTO A DIT , le Villageois comclut et dit à trop vouloir tirer sur la corde , elle se rompt , fini l'exil doré avec privilèges substituer au prisonnier n° D....