Décolonisation médiatique dans l’AES : après le Burkina Faso, le Mali bannit Jeune Afrique de son territoire

Au Mali, le gouvernement a décidé d’interdire, sous toutes ses formes, la circulation, la distribution et vente journal panafricain « Jeune Afrique », basé à paris, en France. Dans une décision signé ce vendredi 16 janvier 2026 par le Ministre de l'Administration du territoire et de la Décentralisation, également premier ministre, le General de division Abdoulaye Maiga, les autorités ont évoqué comme motifs, des "accusations fallacieuses et subversives contre le Mali", des "accusations sans fondement ainsi que "l’absence d'équilibre dans le traitement de l'information", "la partialité et un discours orienté" et aussi de "diffamation et incitation à la haine" ou encore "d’apologie du terrorisme". En septembre 2023, les autorités burkinabés, autre pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), a déjà banni de son support, le magazine considéré comme roulant pour Paris et la vieille « Françafrique ». Bien qu’il s’en est toujours défendu, sans vraiment convaincre une large frange de l’opinion sahélienne, le média ne fait aucun mystère de son aversion assumée pour les régimes militaires au pouvoir à Ouagadougou, Bamako et Niamey.
Ce que les souverainistes de l’AES décrivent comme « une décolonisation médiatique » de l’opinion mais qui est vu sous d’autres cieux comme une véritable « entorse à la liberté de presse », se poursuit de plus belle au sein de la confédération sahélienne. Le media qui se réclame panafricain « Jeune Afrique » est banni du Mali, après le Burkina Faso en 2023. Le gouvernement de la République du Mali a interdit, en effet, « la circulation, la distribution et la vente du journal Jeune Afrique sur toute l’étendue du territoire national », selon une décision rendue publique le 16 janvier 2026 par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.
Selon la décision, cette mesure fait suite à des accusations fallacieuses et subversives contre le Mali, notamment en lien avec la perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures. La note évoque aussi des faits d'apologie du terrorisme. Le gouvernement malien reproche également au journal un manque d’objectivité et d’équilibre dans le traitement de l’information, des accusations sans fondement, une partialité éditoriale, des discours orientés, ainsi que des actes de diffamation et d’incitation à la haine. La décision précise que toute infraction à l'interdiction, la circulation, la distribution et la vente du journal Jeune Afrique sur toute l’étendue du territoire national, exposera les contrevenants aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
Avant le Mali, le Burkina avait pris les devants pour des raisons similaires
En septembre 2023, les autorités burkinabé de transition avait également ordonné la suspension sur son territoire de « tous les supports de diffusion » (journal papier, site internet) du média panafricain fondé en 1960 à Tunis par le journaliste franco-tunisien et patron de média Béchir ben Yahmed, après la parution d'articles au sujet de présumés tensions au sein de l'armée burkinabè.
«Le gouvernement de transition a décidé en toute responsabilité de la suspension jusqu'à nouvel ordre de tous les supports de diffusion de Jeune Afrique au Burkina Faso à compter de ce lundi 25 septembre 2023 », avait indiqué le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication burkinabè de l’époque, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, l’actuel Premier ministre du capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso.
Avec cette suspension, le balayage médiatique des médias occidentaux, particulièrement français, se poursuit de plus belle, ce que certains défenseurs de la démocratie verraient comme une atteinte à la liberté d’expression et de presse. Plusieurs médias français comme notamment les chaines audiovisuelles RFI, France 24, LCI, TV5 ou même de grand titre de la presse écrite comme Le Monde sont suspendu ou interdit de diffusion dans l’espace de la Confédération des Etats du Sahel (AES).
Avec cette décision, les autorités maliennes confirment la persistance du désamour entre l’opinion des sahéliens et les médias occidentaux, accusés de « rouler pour l’impérialisme ». Pour contrer ce qu’ils appellent comme « une guerre informationnelle », les autorités de la Confédération AES ont lancé, il y a quelques mois, leurs propres médias notamment une télévision basée à Bamako ainsi qu’une radio qui émet depuis Ouagadougou, en attendant des plateformes numériques d’informations qui publieront à partir de Niamey. La guerre contre l’impérialisme c’est aussi et avant tout une guerre de communication, clame-t-on sous le ciel sahélien où le mot d’ordre c’est désormais de se donner les moyens de raconter au monde son propre récit des faits et de l’actualité!
A.Y.Barma (actuniger.com)



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Général Issa DIAWARA
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