Encadrement religieux : à Agadez, 3 oulémas interdits de prêcher et une mosquée fermée jusqu'à nouvel ordre

L’Observatoire religieux d’Agadez, placé sous tutelle du Sultanat de l’Aïr, a annoncé dans un communiqué diffusé jeudi 10 juin 2026, l’interdiction faite à trois (03) prédicateurs de prêcher, de prononcer des sermons, d’animer des conférences ou de dispenser des enseignements islamiques dans les mosquées jusqu’à nouvel ordre. Selon l’institution, cette décision fait suite à des prêches et publications diffusés sur les réseaux sociaux, jugés contraires aux principes de tolérance religieuse et aux pratiques coutumières en vigueur. L’Observatoire estime que ces contenus sont susceptibles de troubler l’ordre public, de créer des tensions au sein de la communauté et de compromettre la cohésion sociale ainsi que le vivre-ensemble. Selon la même décision, une mosquée dirigée par le religieux Aboubacar Issoufou dit « Benghazi », située dans un quartier de la cité de l’Aïr, a été également fermée jusqu’à nouvel ordre.
C’est à l’issue d’une Assemblée générale, tenue le 09 juin, que l'Observatoire religieux pour la prévention et la gestion des conflits d’Agadez a prononcé l’interdiction pour les trois religieux de prêcher, de donner des sermons, d’animer des conférences ou de dispenser des enseignements dans les mosquées et ce, jusqu’à nouvel ordre.
Il s’agit des nommés MAMAN SANI ELHADJI ABOUBACAR alias IBNI HAZAM, KAMALADINE SANI alias KALLI et ALI MOCTAR.
Selon le procès-verbal de l’Assemblée, qui s’est déroulée sous la présidence du Sultan de l’Aïr, Alhadji Ibrahim OUMAROU, président du comité des grands témoins de l’Observatoire, « certains de leurs prêches et publications sur les réseaux sociaux, jugés incompatibles avec le principe de tolérance religieuse et des pratiques coutumières ne troublant pas l’ordre public, sont susceptibles de créer des tensions au sein de la communauté, compromettant ainsi la cohésion sociale et le vivre-ensemble ».
Les responsables des mosquées où sont prononcés ces prêches, sermons, conférences ou enseignements ont été chargés de veiller à l’application de cette décision dans le respect des lois et règlements en vigueur.
Une mosquée fermée, le prédicateur sous le coup d’une enquête
Selon la même décision, la mosquée Aboubacar Issoufou dit Benghazi, sise au quartier Nassaroua, a été fermée jusqu’à nouvel ordre.
L’Assemblée générale a aussi recommandé aux autorités compétentes d’examiner le contenu des publications et interventions diffusées sur les réseaux sociaux par l’intéressé afin d’apprécier leur conformité aux textes légaux et réglementaires.
Le procès-verbal de l’AG a été transmis aux autorités administratives, coutumières, religieuses et sécuritaires compétentes pour information et toutes fins utiles.
Il a aussi été précisé que la décision entre en vigueur à compter de la date de sa signature.
Située dans le nord du pays, Agadez, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et célèbre pour sa mosquée, est une ville très religieuse avec une population largement musulmane.
Dans le contexte national actuel, la sensibilité de la gestion des affaires religieuses se trouve amplifiée, surtout avec la prolifération des courants islamiques ainsi que des mosquées.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)


