Transition au Niger : le régime lâche du lest en libérant d’anciens ministres et militaires… mais pas l’ex-président Bazoum
Une semaine après la cérémonie officielle de mise en œuvre des recommandations des assises nationales, le gouvernement nigérien a annoncé, ce mardi, la libération de 49 personnalités civiles et militaires détenues pour des affaires qualifiées de « politiques ». Une mesure actée sur instruction du Président de la république, chef de l’État, le Général d'armée Abdourahamane Tiani, conformément aux recommandations des assises nationales de février. Si cette mesure marque une étape importante dans la gestion de la transition, cette décision laisse en suspens une question brûlante : pourquoi l’ex-président Mohamed Bazoum, renversé en juillet 2023, reste-t-il lui toujours en détention ?
Parmi les figures libérées figurent des anciens ministres, des officiers supérieurs de l’armée, des sous-officiers, des hommes de rang et des militants de partis politiques. Plusieurs d’entre eux étaient accusés de tentative de coup d’État ou d’atteinte à la sûreté de l’État. « Ces personnes bénéficient d’une remise en liberté conformément aux recommandations des assises nationales pour la refondation », a déclaré le gouvernement dans un communiqué lu sur la télévision publique.
Si des personnalités politiques influentes, comme l’ancien ministre du Pétrole Mahamane Sani Issoufou, l’ex-ministre de la Défense Kalla Moutari ou encore l’ancien ambassadeur Alat Mogaskia, recouvrent leur liberté, le président déchu Mohamed Bazoum, lui, reste incarcéré.
Ibrahim Yacoubou, ancien ministre de l’Énergie sous Mohamed Bazoum, arrêté en janvier 2024 à son retour au Niger après plusieurs mois d'exil a lui aussi été remis en liberté.
Parmi les militaires graciés figurent des officiers condamnés pour tentative de putsch sous l’ancien régime, dont le général Salou Souleymane, ancien chef d’état-major des armées, ainsi que trois autres officiers condamnés en 2018 à de lourdes peines.
Si les familles des libérés crient au soulagement, la société civile reste sceptique. Pour certains, il s’agit d’un premier pas vers l’apaisement, pour d’autres, une simple opération visant à redorer l’image du régime.
Mohamed Cissé (actuniger.com)
Commentaires
il reste à mobiliser les nigériens pour la lutte contre la pauvreté - il y beaucoup de chômage des jeunes et cela est un facteur favorisant le banditisme qui tente de remplacer le terrorisme -
Depuis 2020 le Niger n'a pas de statistiques fiables, tout est falsifié, ce qui ne permet pas de se projeter dans l'avenir avec conviction - je pense que si un pays est riches, sa jeunesse est plus productive - le recrutement d'un grand nombre d'enseignants permet de décongestionner les villes
Sans doute le Niger va demeurer dans ses problèmes car ce n'est pas de cette manière qu'il sera changé en meilleur
Des gens qui sont incapables de laisser la justice faire la lumière sur tout ce qu'on a pu voir et entendre dans cette gestion chaotique de l'état de ces dernières années ne pourront en aucun cas être les sauveurs de ce pays, je pense qu'ils vont l'enfoncer plus encore....