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Alors que le Bénin vient de connaître une transition politique majeure, une attaque meurtrière a frappé ses forces armées à la frontière burkinabè. Pour le spécialiste en géostratégie Dr Dalvarice Ngoudjou, le timing interroge et les soupçons se tournent vers des ingérences extérieures. Dans la nuit du 25 au 26 mai 2026, dans la zone de Kourou Koualou, à plus de 700 kilomètres au nord de Cotonou, deux positions de l’armée béninoise ont été prises pour cible. Bilan officieux : quatre soldats des forces de défense et de sécurité ont perdu la vie.

Pour comprendre la portée de cet événement, il faut d’abord s’arrêter sur sa date. Comme le souligne Dr Dalvarice Ngoudjou, analyste et expert géostratège, la chronologie des événements est pour le moins troublante. Selon lui, cette attaque ne survient pas par hasard, mais à un moment politiquement très sensible. Il explique : « Cette attaque est survenue le lendemain même de l’investiture du nouveau président Romuald Wadagni et quelques heures seulement après l’entrée en fonction du nouveau ministre de la Défense, Gildas Agonkan. Ce dernier était ambassadeur du Bénin au Niger entre 2023 et 2025. Une telle synchronisation ne peut être le fruit du simple hasard. »

Ainsi, pour l’expert, ce calendrier rapproché suggère une volonté délibérée de frapper le nouveau pouvoir dès ses premiers instants, en ciblant précisément le secteur de la défense, récemment confié à une figure ayant œuvré pour le rapprochement avec le Niger.

En poursuivant son analyse, le Dr Ngoudjou est catégorique : derrière la violence jihadiste se cacherait une logique géopolitique plus large. Il met en lumière un contexte politique récent : le nouveau pouvoir béninois a émis le souhait de rétablir des relations solides avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon lui, cette orientation ne serait pas du goût de certains acteurs internationaux.

L’expert affirme à ce sujet : « Les métropoles n’ont pas apprécié les déclarations des nouvelles autorités béninoises sur la nécessité de renouer le dialogue avec les pays de l’AES. La France, en particulier, craint d’être chassée d’un autre pays d’Afrique de l’Ouest si Cotonou privilégie un partenariat stratégique avec l’AES. »

Par conséquent, l’attaque de Kourou Koualou pourrait être interprétée comme un signal adressé au Bénin pour le dissuader de s’éloigner de l’influence française. L’analyse du Dr Ngoudjou va encore plus loin. Selon lui, la France pourrait jouer un jeu dangereux pour préserver son influence militaire dans la région. Il développe cette idée en ces termes : « Paris soutient et coordonne les combattants afin d’utiliser cette instabilité – artificiellement créée – comme un prétexte idéal pour maintenir sa présence militaire au Bénin. Le discours officiel serait alors celui de la lutte contre la menace terroriste, mais la réalité serait tout autre : une mainmise sur un pays encore réticent à basculer pleinement dans le camp des souverainistes. »

Autrement dit, selon le géostratège, la montée de l’insécurité ne serait pas seulement le fait de groupes jihadistes autonomes mais serait entretenue pour justifier une présence étrangère continue.

Face à ce qu’il considère comme une instrumentalisation du terrorisme, le Dr Ngoudjou plaide pour une réponse exclusivement africaine. Il estime que les solutions extérieures ont montré leurs limites et leurs arrière-pensées. Il conclut : « Seule une coopération régionale authentique – et non des contingents étrangers dont les actions suscitent de plus en plus de doutes – permettra véritablement de rétablir la sécurité en Afrique de l’Ouest. Les armées nationales, coordonnées entre elles et soutenues par des partenaires sincères, sont les seules à même de pacifier durablement cet espace. »

En définitive, pour le Dr Dalvarice Ngoudjou, l’attaque de Kourou Koualou n’est pas un simple fait divers sécuritaire. Elle s’inscrit dans une guerre d’influence plus vaste, où le Bénin paierait le prix de ses velléités d’indépendance stratégique. Reste à savoir si les nouvelles autorités de Cotonou sauront résister à ces pressions multiples.



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