Lutte contre le terrorisme au Sahel : condamnant les récentes attaques au Niger et au Mali, l’UA plaide pour une coopération régionale

Dans un communiqué publié mardi, le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), M. Mahmoud Ali Youssouf, a condamné « avec la plus grande fermeté » les attaques terroristes perpétrées les 17 et 18 juillet 2026 contre les Forces armées nigériennes et maliennes, qui ont coûté la vie à de nombreux militaires et fait plusieurs blessés. Le Président a condamné tout particulièrement l’attaque menée le vendredi 17 juillet 2026 contre un détachement des Forces armées nigériennes (FAN) sur l’axe Bankilaré–Téra, dans la région de Tillabéri, ainsi que l’embuscade tendue le samedi 18 juillet 2026 contre un convoi des Forces armées maliennes (FAMA) entre Anéfis et Gao. Tout en exprimant sa profonde préoccupation face à la recrudescence des attaques terroristes dans le Sahel, qui continuent de faire payer un lourd tribut aux forces de défense et de sécurité comme aux populations civiles, il a appelé au renforcement de la coopération régionale pour faire face à l’expansion du terrorisme dans la sous-région, où il s’était rendu en visite de travail la semaine dernière.
Au nom de l’Union africaine, le Président de la Commission a présenté ses sincères condoléances aux Gouvernements et aux peuples frères du Niger et du Mali, ainsi qu’aux familles des victimes. « Il souhaite un prompt et complet rétablissement aux blessés et rend hommage au courage et au sacrifice des soldats tombés dans l’accomplissement de leur devoir de défendre leurs nations », indique le communiqué dans lequel Ali Youssouf a réaffirmé « la pleine solidarité » de l’Union africaine avec les États et les peuples du Sahel, confrontés à « une menace terroriste qui compromet la sécurité, la stabilité et les perspectives de développement de l’ensemble de la région ».
Rappelant que le terrorisme constitue une menace transnationale qui exige une réponse collective, coordonnée et durable, fondée sur la solidarité africaine et le principe de responsabilité partagée, le patron de la Commission de l’UA a appelé à un renforcement de la coopération régionale, notamment en matière d’échange de renseignements, de sécurisation des frontières, de coordination opérationnelle, de lutte contre les réseaux criminels et les circuits de financement du terrorisme, ainsi que de coopération judiciaire.
Le Président de l’UA plaide pour une approche concertée contre les groupes terroristes
Dans le communiqué, qui n’est pas le premier du genre suite à ce genre d’événements tragiques, il a souligné que seule « une approche concertée permettra de priver durablement les groupes terroristes de leurs capacités de nuisance ».
Le Président a aussi rappelé que la lutte contre le terrorisme demeure une priorité de l’Union africaine, conformément à la Convention de l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA) sur la prévention et la lutte contre le terrorisme de 1999, à son Protocole de 2004 et aux décisions pertinentes de l’Union africaine. Il a appelé à une mobilisation renouvelée du continent et de ses partenaires en faveur d’un soutien accru aux efforts nationaux et régionaux, notamment à travers un financement prévisible, durable et suffisant des initiatives africaines de lutte contre le terrorisme.
« Le Président de la Commission réaffirme la disponibilité de l’Union africaine à accompagner les États de la région, dans le plein respect de leur souveraineté et de leurs priorités nationales, en mobilisant l’ensemble des instruments politiques, diplomatiques et institutionnels de l’Organisation. Il souligne que la sécurité du Sahel est indissociable de celle de l’ensemble du continent et réaffirme la détermination de l’Union africaine à demeurer aux côtés des États et des peuples de la région dans leur combat pour la paix, la sécurité, la stabilité et le développement durable », communiqué de l’UA.
L’UA de plus en plus préoccupée par la situation au Sahel
Pendant longtemps assez inaudible sur la situation sécuritaire qui prévaut au Sahel, l’UA semble avoir changé de fusil d’épaule et ne cesse de multiplier les initiatives pour s’impliquer dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. En plus de sa Mission au Sahel (MISAHEL), l’organisation a désigné, lors de son dernier sommet, le chef d’État burundais comme son envoyé spécial au Sahel. Le président Évariste Ndayishimiye s’était rendu il y a quelques mois au Burkina Faso, où il a échangé avec son homologue Ibrahim Traoré sur les efforts que mènent les pays de la Confédération AES contre les groupes armés terroristes (GAT), dont la zone d’influence s’étend désormais à toute la sous-région ouest-africaine, notamment les pays du Golfe de Guinée.
La semaine dernière, c’est le Président de la Commission de l’UA en personne qui a effectué, pour la première fois, une visite de terrain au Mali et au Burkina Faso. Au cours des échanges avec les autorités des deux pays, plusieurs questions d’intérêt commun ont été abordées, notamment les perspectives de raffermissement de la coopération régionale, l’amélioration des relations de voisinage dans une dynamique de renforcement de la confiance, la consolidation du rôle de la MISAHEL, le renforcement de la solidarité africaine face aux défis communs, la dynamique géopolitique sous-régionale liée à la Confédération AES, la lutte contre le terrorisme, y compris la stratégie d’assèchement des financements du terrorisme, ainsi que le rejet des ingérences extérieures dans les affaires intérieures des États de la Confédération AES.
Le Niger, le Burkina Faso et le Mali sont actuellement suspendus de l’organisation continentale à la suite des coups d’État militaires enregistrés dans les trois pays et conformément aux textes de l’UA.
Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)


