Guinée : la Cour suprême valide la victoire écrasante de Mamadi Doumbouya à la présidentielle

La Cour suprême de Guinée a officialisé, dimanche 4 janvier, ce qui ne faisait plus guère de doute : le général Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir depuis 2021, a remporté dès le premier tour l’élection présidentielle du 28 décembre avec 86,72 % des voix. Un score massif qui lui ouvre un mandat de sept ans à la tête du pays et consacre, pour ses partisans, le retour à l’ordre constitutionnel. Pour ses opposants, il vient surtout sceller la mainmise d’un pouvoir militaire déjà solidement installé.
L’audience solennelle de proclamation s’est tenue à Conakry. Le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a détaillé les chiffres avant d’annoncer que « le candidat Mamadi Doumbouya est élu président de la République de Guinée ». Les résultats définitifs confirment ceux publiés quelques jours plus tôt par l’organe chargé de superviser le scrutin. Loin derrière, Abdoulaye Yéro Baldé (Frondeg) arrive en deuxième position avec 6,59 % des suffrages. Ce dernier avait un temps contesté les résultats provisoires avant de retirer son recours.
Une élection sans véritable suspense
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte politique verrouillé. Les principaux leaders de l’opposition, dont l’ancien président Alpha Condé et les ex-Premiers ministres Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, tous en exil, n’ont pas été autorisés à se présenter. Plusieurs formations politiques demeurent suspendues, les manifestations sont interdites depuis 2022 et nombre d’opposants ont été arrêtés, condamnés ou contraints de quitter le pays. La coalition adverse avait d’ailleurs appelé au boycott, qualifiant la présidentielle de « simulacre ».
Dans ces conditions, la victoire du chef de la junte ne faisait guère de doute. Mamadi Doumbouya, 41 ans, n’a pratiquement pas fait campagne, se contentant d’un clip promettant « paix et stabilité » aux quelque 13 millions de Guinéens. Il était soutenu par un mouvement créé autour de ses initiales, la Génération pour la modernité et le développement (GMD). Huit autres candidats, peu connus du grand public, étaient également en lice.
De la caserne au palais présidentiel
Ancien officier des forces spéciales, Mamadi Doumbouya s’est imposé sur la scène politique en septembre 2021 en renversant le président Alpha Condé. À l’époque, il avait promis une transition limitée et s’était engagé à ne pas briguer le pouvoir. Trois ans plus tard, c’est pourtant lui qui s’installe, par les urnes, à la tête de l’État.
Depuis la prise de pouvoir des militaires, les libertés publiques se sont nettement contractées. Organisations de la société civile et partis d’opposition décrivent une « chape de plomb ». Dans un message diffusé récemment, Alpha Condé a exhorté les Guinéens à ne pas renoncer à leurs droits, dénonçant des disparitions, des arrestations arbitraires et une banalisation des violences. De son côté, l’opposant Cellou Dalein Diallo a rendu hommage aux manifestants « froidement assassinés » et fustigé ce qu’il considère comme une prolongation du régime d’exception.
Appel à « bâtir une Guinée nouvelle »
Peu après la validation de sa victoire, Mamadi Doumbouya a pris la parole pour appeler au rassemblement national. « J’appelle solennellement toutes les filles et tous les fils de notre nation, d’ici et de la diaspora, à se rassembler pour bâtir ensemble une Guinée nouvelle, une Guinée de paix, de justice et de prospérité partagée, et de souveraineté politique et économique pleinement assumée », a-t-il déclaré.
À l’international, Washington a félicité le « président élu » et dit vouloir renforcer la coopération bilatérale. Sur le plan intérieur, la priorité affichée par le chef de l’État sera de consolider un pouvoir désormais légitimé par les urnes. Mais la défiance d’une partie de la population et l’exil forcé de plusieurs figures politiques continueront de peser sur la crédibilité du processus démocratique.
Cette présidentielle, censée marquer le retour à l’ordre constitutionnel, laisse donc une équation ouverte : Mamadi Doumbouya saura-t-il transformer ce plébiscite officiel en véritable contrat politique avec les Guinéens ? Ou son règne, entamé par un coup d’État, restera-t-il associé à une gouvernance de plus en plus autoritaire ? Les prochains mois diront si la « Guinée nouvelle » qu’il promet peut voir le jour au-delà des discours.



Commentaires
Il etait une fois ... un Grand Homme Africain ,SEKOU TOURÉ d'un pays appelé la Guinée qui dit NON à De Gaulle.....et des décennies après surgit après lui un colosse en taille , un légionnaire français Doumbiya qui OUI ....mais Chouette zouiais à la France....
Une fois légionnaire toujours légionnaire.....et un légionnaire reste légionnaire fidèle à la France comme le stipule leur serment d'engagement et de loyauté. : la legion est nôtre patrie.
Cela signifie à défendre la France, même au prix de leur vie. Le légionnaire ne prête pas allégeance au drapeau national de son pays d'origine mais à celui de la France. A servir donc avec honmeur et fidélité la la legion d'honneur et qui dit légionnaire dit la Francechie.
Le code d'honneur du légionnaire ne stipule t il pas :
LÉGIONNAIRE, TU ES VOLONTAIRE SERVANT LA FRANCE AVEC HONNEUR ET FIDÉLITÉ?
La MISSION EST SACRÉE, TU L'EXCUTES JUSQU'AU BOUT?
Peuple du Niger comme vous dites etre fort en kounot, PRIEZ FORT 💪 pour DOUMBIYA...
Car comme et quant DOUMBIYA se dit Président de Guinée, il est entrain de construire en France 🇫🇷 mais avec quel argent ...se demande TOTO A DIT....qui dit pas un franc de sa taxe en France:
DOUMBIYA.. Pardon Ohio....
Et partage... :
Le train de vie français de Doumbouya
Les liens du président guinéen avec la France sont bien plus profonds qu'il n'y paraît. L'enquête de Thomas Dietrich lève le voile sur une propriété provençale acquise en 2020, symbole d'une proximité embarrassante entre Paris et le dirigeant autoritaire
Le journaliste Thomas Dietrich, spécialiste des relations franco-africaines pour "Chroniques de Françafrique", a mené
A suivre
une investigation sur la propriété française du président guinéen Mamadi Doumbouya, révélant les zones d'ombre entourant ce bien immobilier situé dans le Gard.
Selon l'enquête, Mamadi Doumbouya a acquis en 2020 une villa dans le sud de la France, plus précisément dans la région du Gard, au pied des Cévennes.
"C'est l'histoire d'une villa secrète, celle du président guinéen Mamadi Doumbouya", introduit le journaliste dans son reportage.
L'achat a été réalisé alors que Doumbouya occupait encore les fonctions de patron des forces spéciales sous la présidence d'Alpha Condé. La propriété, une ancienne ferme en très mauvais état appartenant à une retraitée, a été acquise pour 150 000 euros, rapporte Dietrich.
Depuis l'acquisition, d'importants travaux de réhabilitation ont été entrepris. "Vous voyez la grue ?
À mon avis, j'ai pas le montant des travaux, mais ça doit chiffrer en centaines de milliers
d'euros", constate le journaliste sur place, ajoutant que le tout serait "financé par le contribuable guinéen".
Cette situation soulève, selon Dietrich, "des questions de biens mal acquis" : "Avec quel argent a-t-il acquis et réhabilité cette villa ? (...) Si Doumbouya opprime les Guinéens, il n'oublie pas de préparer sa retraite dans le sud de la France."
Un parcours français méconnu
L'investigation révèle également les liens profonds du président guinéen avec la France. Thomas Dietrich rappelle que Doumbouya "a vécu pendant très longtemps en France",
ayant d'abord été "videur de boîte de nuit au Pays-Bas" avant de s'engager "dans la Légion étrangère française".
Plus surprenant encore, "juste avant de devenir président, il était domicilié dans une caserne de gendarmerie dans la Drôme", précise le journaliste, soulignant que Doumbouya possède la nationalité française.
L'investigation de Dietrich s'est heurtée à plusieurs obstacles. À la mairie, lors de la consultation du permis de construire, un document normalement accessible à tout citoyen, l'équipe a rencontré une résistance inhabituelle. "On donne le nom de Doumbouya Darbou [son épouse] et il y a un froid qui s'est installé", raconte le journaliste, dénonçant des demandes de justification anormales.
Sur place, des vigiles ont adopté un comportement menaçant, poursuivant l'équipe en voiture. "Monsieur nous suit de manière menaçante. Vous savez que c'est la maison du président guinéen", a protesté Dietrich auprès des gendarmes locaux.
Le plus troublant, selon le journaliste, reste l'attitude des forces de l'ordre françaises. "Les gendarmes ont même exigé de contrôler nos images, ce qui est complètement illégal sans mandat", dénonce-t-il, concluant son reportage avec "le sentiment que même au fin fond de la campagne,
la France continue à protéger son bon petit soldat Doumbouya".
Dans son enquête, Thomas Dietrich rappelle le bilan du président guinéen, qu'il qualifie de "l'un des dictateurs les plus féroces d'Afrique de l'Ouest". Selon le journaliste, Doumbouya "a transformé son pays la Guinée en une vaste prison à ciel ouvert" où "règne la corruption".
Le reportage évoque également la répression contre les opposants : "Il fait disparaître des opposants, des journalistes et a même kidnappé les enfants d'un chanteur qu'il avait critiqué", affirme Dietrich, précisant que les critiques du régime finissent "dans une prison secrète sur une île gardée par ses sbires".
TOTO A DIT dit DOUMBIYA est et reste un légionnaire français avec une taupe française de gendarme à ses côtés..
Qu'est il arrivé de la Guinée 🇬🇳 de Sekou Touré....