NITA Fond Site Web 675 x 240

Conference internationale crimes coloniaux en Afrique Alger

Du 30 novembre au 1er décembre 2025, Alger a accueilli la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique, un rassemblement continental qui s’est conclu par la publication d’une Déclaration d’Alger aux ambitions fortes. Les participants y appellent officiellement à l’institution d’une Journée africaine d’hommage aux victimes de la traite transatlantique, du colonialisme et de l’apartheid, fixée au 30 novembre, date d’ouverture de la rencontre. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la proposition avancée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier sommet de l’Union africaine.

Les délégations présentes ont tenu à exprimer leur gratitude envers le chef de l’État algérien pour son engagement en faveur de cette démarche mémorielle et pour l’accueil réservé aux participants. À leurs yeux, la Déclaration d’Alger marque une étape déterminante vers la reconnaissance, à l’échelle du continent, des crimes du colonialisme et vers la mise en place d’outils durables de mémoire, de vérité, de justice et de réparation. Le texte sera soumis en février 2026 à la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, où son adoption constituerait un pas majeur vers la criminalisation du colonialisme et la structuration d’une politique africaine de justice réparatrice.

La conférence d’Alger s’inscrit dans la décision prise par l’Union africaine en février 2025, qui avait placé l’année sous le thème : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ». Fidèle à cet engagement, la Déclaration appelle notamment les États historiquement responsables des préjudices environnementaux liés au colonialisme à reconnaître leur responsabilité morale et politique, et à contribuer financièrement et technologiquement aux efforts d’adaptation climatique du continent.

Le document met aussi en avant la nécessité de réformer en profondeur les systèmes éducatifs africains, afin d’intégrer pleinement l’histoire précoloniale, coloniale et postcoloniale dans les programmes scolaires et d’ancrer une conscience historique éclairée chez les générations futures. Les signataires recommandent la création de filières universitaires spécifiques consacrées à la mémoire et à la justice historiques, ainsi qu’une plateforme panafricaine de recherche dédiée à l’étude du colonialisme. La Déclaration réaffirme également le droit inaliénable des peuples africains à la restitution intégrale de leurs biens culturels et patrimoniaux, qu’il s’agisse d’artefacts, de manuscrits, d’objets sacrés ou de restes ancestraux collectés durant la domination coloniale.

Sur le plan économique, la Déclaration insiste sur l’urgence de mener un audit continental destiné à évaluer les conséquences du colonialisme, afin de définir une stratégie cohérente de réparations incluant compensations, annulation de dettes et financement équitable du développement. Elle dénonce l’héritage persistent du colonialisme au sein des institutions financières internationales et appelle à une réforme profonde de la gouvernance économique mondiale. Les participants plaident pour un rééquilibrage du pouvoir décisionnel au FMI, à la Banque mondiale et dans les banques régionales de développement, afin de garantir aux pays africains un accès juste au financement et la maîtrise de leurs propres choix de développement.

La Déclaration d’Alger se veut ainsi un texte de référence pour la codification des crimes coloniaux et l’élaboration d’une stratégie continentale de justice et de réparations. Son adoption attendue en 2026 pourrait marquer un tournant décisif, en contribuant à une reconnaissance durable des injustices historiques subies par le continent et en ouvrant la voie à une mémoire partagée tournée vers un avenir fondé sur la justice et la dignité.



Commentaires

0
TOTO A DIT
1 mois ya
« L’Afrique reste riche en ressources naturelles mais pauvre en influence mondiale » : tel est le constat amer de John Mahama,
Président du Ghana,
Et quand TOTO A DIT partage, aller à la ligne reste un choix...:

Le Président Ghanéen John Dramani Mahama a remis sur la table une vérité inconfortable lors de ses dernières déclarations : le paradoxe d’un continent extraordinairement doté mais marginalisé sur la scène internationale.

Cette observation, loin d’être nouvelle, prend une résonance particulière dans la bouche du dirigeant d’un pays qui fut le premier d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance.

Les propos de Mahama sonnent comme un constat d’échec collectif. Le continent africain détient 30% des réserves minérales mondiales, 65% des terres arables non cultivées de la planète, et abrite le deuxième massif forestier tropical après l’Amazonie. Pourtant, sa voix pèse peu dans les instances

A suivre
Like J'aime Répondre | Signaler ce commentaire
0
TOTO A DIT
1 mois ya
Suite 1

internationales, et ses 54 États peinent à faire entendre une position commune sur les grands enjeux mondiaux. Ces déclarations ont été faites lors de la Commémoration du 80e anniversaire du Cinquième Congrès panafricain au parc mémorial Kwame Nkrumah à Accra.

Cette dichotomie entre richesse naturelle et faiblesse diplomatique n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un enchevêtement de facteurs historiques, structurels et politiques qui maintiennent le continent dans une position subalterne depuis les indépendances.

Les racines profondes du mal
Le Président Ghanéen touche du doigt une réalité que beaucoup de Dirigeants Africains préfèrent taire.
L’extraction des matières premières africaines continue de profiter davantage aux économies développées qu’aux populations locales. Les minerais stratégiques du Congo alimentent l’industrie technologique mondiale, le cacao ivoirien enrichit les chocolatiers européennes
Like J'aime Répondre | Signaler ce commentaire
0
TOTO A DIT
1 mois ya
Suite 2

chocolatiers EUROPÉENS, et le pétrole nigérian alimente les raffineries étrangères, tandis que les pays producteurs restent souvent englués dans la pauvreté.

Cette économie de rente, héritée de la période coloniale, a façonné des structures étatiques fragiles, dépendantes des fluctuations des cours mondiaux et incapables de négocier d’égal à égal avec les puissances économiques. L’absence de transformation locale des matières premières prive l’Afrique de la valeur ajoutée et maintient ses économies dans une vulnérabilité chronique.

L’éparpillement comme faiblesse
Mahama soulève également, en filigrane, la question de l’Unité Africaine.

Alors que l’Union européenne négocie d’une seule voix sur de nombreux dossiers, l’Afrique présente un front morcelé. Les rivalités régionales, les barrières linguistiques héritées de la colonisation, et les égoïsmes nationaux empêchent l’émergence d’une diplomatie continentale
Like J'aime Répondre | Signaler ce commentaire
0
TOTO A DIT
1 mois ya
Suite 3

cohérente.

L’Union africaine, malgré ses efforts, peine à dépasser le stade des déclarations d’intention. Les projets panafricains ambitieux, comme la Zone de libre-échange continentale africaine, avancent à pas de tortue, freinés par les réticences des États membres à céder une parcelle de leur souveraineté.

Pourtant, le tableau n’est pas entièrement sombre. Les initiatives de transformation locale des matières premières se multiplient, du Ghana qui raffine désormais une partie de son cacao au Rwanda qui mise sur l’économie numérique.

La jeunesse africaine, connectée et ambitieuse, représente également un atout considérable.

Avec 60% de sa population âgée de moins de 25 ans, l’Afrique dispose d’un dividende démographique qui pourrait, s’il est bien géré, transformer sa faiblesse actuelle en force future.

L’urgence d’une révolution des mentalités
Les déclarations de Mahama appellent avant tout
Like J'aime Répondre | Signaler ce commentaire
0
TOTO A DIT
1 mois ya
Suite 4

à une révolution des mentalités. Il ne s’agit plus seulement de dénoncer l’exploitation externe, mais de reconnaître les responsabilités internes : la corruption endémique, la mauvaise gouvernance, et l’absence de vision à long terme qui gangrènent de nombreux États africains.

Le paradoxe africain dénoncé par le président ghanéen n’est pas une fatalité. Mais sa résolution exige plus que des discours : elle requiert une transformation profonde des structures économiques et politiques du continent, et surtout, la volonté collective de ses dirigeants et de ses peuples de prendre enfin leur destin en main.


TOTO A DIT dit le camarade et frère John Mahama est le digne successeur et fier fils de son père spirituel KWAMEH NKRUMAH....Le Ghana et l'Afrique ne peuvent qu'être fier de lui ..mais pour les autres bêtes de tas ,
Like J'aime Répondre | Signaler ce commentaire
0
TOTO A DIT
1 mois ya
Suite 5 et fin

Des occupants circonstanciels de postes publics
TOTO A DIT reste dubitatif, car plus accrochés à leur perchoir et avantages y afférentes que d'apporter un formatage et changement réel.

TOTO A DIT dit , persiste à croire et signer que l'on ne puisse prétendre à une Refondation tout en perpétuant les mêmes tares et en fermant les yeux sur les injustices passées.
Parler de changement de trajectoire politique sans instaurer la Justice et la reddition des comptes relève de la contradiction.
Et comprennent qui veulent....
Like J'aime Répondre | Signaler ce commentaire

Ajouter un Commentaire

Enregistrer

 android_actuniger2.jpg


Télécharger l'application depuis notre serveur ICI
Image
Image
Image
Image

LOWEBTV.png

 
L'eau saine à domicile avec le filtre FAIRCAP - Version Hausa
1284 vues
 
L'eau saine à domicile avec le filtre FAIRCAP - Version Zarma
832 vues
 
Forum national sur les décès maternels et périnatals du 13 au 15 novembre 2024 au Palais des Congrès de Niamey
3978 vues
 
DEPART DU DERNIER VOL DE LA FORCE FRANÇAISE CE 22-12-2023
3834 vues
 
Conférence de presse des députés et sénateurs de la CEDEAO
755 vues
 
AUDIENCE DU GOUVERNEUR DE LA BCEAO JEAN CLAUDE KASSI BROU
606 vues
 
Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso de Son Excellence le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, chef de l’État du Niger.
733 vues

logo-white.png

Site web d'informations générales sur l’actualité politique, économique, culturelle, sportive au Niger et dans le monde.

Tél: (+227) 89 99 99 28  / 92 55 54 12

Copyright © 2022, ActuNiger. Tous droits réservés. Designed by KM Media Group

0
Partages