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 saif al islam

L’assassinat de Saïf al-Islam, mardi 03 février 2026 près de Zintan, a été confirmé par son avocat et ses proches. À 53 ans, le second fils de l’ancien leader de la « Jamahiriya arabe libyenne », Mouammar Kadhafi, a été tué dans des circonstances troubles par un « commando de quatre personnes », alors qu’il avait dernièrement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle que le pays essaie d’organiser depuis des années sans succès. Figure controversée, Saïf al-Islam, qui a joué un rôle politique de premier plan durant le long règne de son défunt père, était très populaire, surtout en Afrique, notamment au Niger, où la fondation qu’il dirigeait était très active. Bien que recherché par la Cour pénale internationale (CPI), il était considéré comme le principal héritier du défunt « Guide libyen » et perçu par certains comme un espoir pour la stabilisation de la Libye, un pays divisé et en proie à une révolution mouvementée, pour ne pas dire catastrophique, depuis la chute du père de la « Révolution verte ».

L’information, diffusée en milieu de journée du mardi 03 février, a d’abord été prise avec beaucoup de précaution, bien que rapportée par plusieurs médias libyens citant des sources locales. Il a fallu la confirmation de son avocat français, Marcel Ceccaldi, puis de son conseiller politique, Abdullah Othman Abdurrahim, pour que l’onde de choc se propage au-delà du pays. Saïf al-Islam a été tué « vers 14 heures locales, dans sa maison, par un commando de quatre personnes », selon les déclarations aux médias de Me Ceccaldi, qui précise que ces hommes armés auraient neutralisé les caméras de surveillance avant de pénétrer dans la résidence et de l’exécuter.

Le conseiller de l’ancien candidat, Abdullah Othman Abdurrahim, a par la suite également confirmé l’information à la chaîne Libya al-Ahrar, précisant que l’attaque s’était déroulée dans la région de Zintan, où Saïf al-Islam avait longtemps été détenu après la chute de son père.

Aucune revendication n’a été formulée à ce stade, mais plusieurs proches évoquent des « failles de sécurité » qui ont été signalées depuis une dizaine de jours. La fameuse « Brigade 444 », proche du gouvernement de Tripoli, qui règne sur l’ouest du pays, a exclu toute implication dans ce qui ressemble, selon toute évidence, à un assassinat ciblé. Les autorités ont promis des investigations pour faire la lumière sur cette affaire, mais dans le contexte actuel du pays, les chances d’une enquête objective sont minces et même ses proches, qui se préparent à lui réserver des obsèques dignes de son rang, ne se font pas d’illusions et mettent en avant le fait qu’il soit mort en martyr « moudjahid ».

 

Une figure influente et controversée sous le règne du défunt Guide

À 53 ans, le second fils de Mouammar Kadhafi tire sa révérence dans des conditions tragiques, à l’image de son défunt père, tombé lors de la révolution de 2011 soutenue par les armées de l’OTAN.

Formé en Occident, notamment à la prestigieuse London School of Economics (LSE), Saïf al-Islam avait tenté dans les années 2000 de se forger une image de réformateur, apparaissant comme le visage modéré du régime.

Pendant le long règne de son père (1969-2011), il a en effet joué un rôle politique de premier plan et mené des négociations de haut niveau avec les pays occidentaux, malgré son absence de rôle officiel au sein du gouvernement. Il avait notamment négocié l’accord qui a conduit son père à abandonner son programme d’armement nucléaire et de soutien aux organisations considérées comme « terroristes ».

Mais cette réputation a été détruite dès les premières heures de la rébellion en 2011, lorsqu’il menaça les insurgés de « bains de sang ». C’est pour cette raison qu’il était recherché par la Cour pénale internationale (CPI), qui souhaitait le juger pour « crimes contre l’humanité », en raison de son rôle présumé dans la répression des manifestations de l’opposition en 2011.

Après la destitution de son père, Saïf al-Islam Kadhafi, accusé d’avoir joué un rôle clé dans la répression brutale des manifestations antigouvernementales, a été emprisonné pendant près de six ans par une milice rivale dans la ville de Zintan. Il avait été capturé cette même année dans le sud de la Libye alors qu’il cherchait à se réfugier au Niger, selon plusieurs sources concordantes. Il fut ensuite jugé et condamné à mort en 2015 dans un procès dénoncé par plusieurs ONG comme « expéditif ». Une amnistie lui avait toutefois permis de recouvrer une semi-liberté, dans l’ombre, entre déplacements discrets et manœuvres politiques.

En 2021, contre toute attente, il a annoncé qu’il se présenterait à l’élection présidentielle, qui a depuis, et jusqu’à ce jour, été reportée sine die. Depuis le renversement de Kadhafi, en effet, la Libye est divisée en zones contrôlées par diverses milices et est actuellement partagée entre deux gouvernements rivaux, dont l’un basé à Tripoli (Ouest) et l’autre à Benghazi (Est).

Avec la mort tragique de Saïf al-Islam, c’est tout un pan entier de l’héritage de Kadhafi qui s’écroule encore. Pour beaucoup de nostalgiques du régime déchu, notamment en Afrique, il symbolisait l’espoir d’une nouvelle Libye réconciliée et stabilisée, dans le sillage de ce qu’a construit son père. Il faut dire que sur le continent, il est très populaire à l’image de son père, considéré par la jeune génération « anti-impérialiste » comme l’une des grandes figures « révolutionnaires et panafricanistes » de l’Afrique, rien que pour le combat qu’il a mené contre l’Occident, au summum de son règne et de sa gloire.

A. Y. Barma (actuniger.com)



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