samedi 3 décembre 2022

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Liberté de la presse au Niger : De quoi a accouché la Montagne, 3 ans après?

Djibril saidou

Le Gouvernement nigérien a décidé de commémorer le 30 novembre prochain, la Journée de la liberté de presse en souvenir de la signature par le Président Issoufou de la Déclaration de la Table de la Montagne (DTM), à la même date 3 ans plus tôt.

Levons juste quelques équivoques: contrairement à une opinion largement répandue, la DTM n'est pas la loi sur la presse au Niger; elle n'est pas non plus le Code d'éthique et de déontologie des journalistes, encore moins la Charte des journalistes professionnels. Elle est juste une Déclaration, et à ce titre elle n'énonce que quelques droits jugés fondamentaux, et à portée continentale, pour une libre expression en Afrique. C'est un texte majeur, qui se veut comme un appel à tous les Africains, et notamment les tenants du pouvoir, à accompagner les progrès économiques et politiques par le respect de la liberté de la presse, laquelle doit être affranchie de tout contrôle gouvernemental, politique et économique.

Son slogan est d'ailleurs " Abolir les lois sur la diffamation et l'injure publiques en Afrique et replacer la liberté de la presse au cœur des discussions". Cette Déclaration, qui doit son nom au massif qui surplombe la ville du Cap, en Afrique du Sud, est donc un texte primordial à la fois pour les acteurs étatiques que pour les professionnels des médias eux-mêmes.

Au Niger, sa signature inédite par le Chef de l'Etat a dopé les espérances pour voir "renaître" une presse davantage libre, indépendante, professionnelle et débarrassée de tout contrôle de quelques influences que ce soit. Trois ans après, faisons attention à ne pas tomber dans les célébrations ponctuées de propagandes et d'autosatisfaction. Trois ans après, nous devons regarder notre ''état de la liberté de la presse"; le gouvernement et les journalistes, chacun en ce qui le concerne, doit faire un "examen de conscience" pour voir comment il s'est comporté depuis la signature par le Président Issoufou de ce texte, galvaudé de part et d'autres.

Qu'est- ce que les journalistes ont fait pour mériter un tel texte, précédé par la dépénalisation de trois délits courants de presse?

Quel est le comportement de la presse nigérienne aujourd'hui vis-à vis des défis de la démocratie, du droit du public à une information saine? Qu'a-fait le gouvernement pour promouvoir la liberté de la presse?

Je dirais que peu de chemin a été parcouru, et que l'heure n'est pas aux grands discours flatteurs.

Surtout quand on a vu que ce sont des médias qui sont utilisés de manière interposée pour nourrir le lit des invectives courantes entre pouvoir et opposition, quand ce sont des journalistes qui se transforment en justicier, en maître-chanteurs, ou en louangeurs, quand ce sont des journalistes qui acceptent de prendre des pot-de vins- pour "tirer" sur x ou y, quand c'est un ministre proche du même Président Issoufou qui s'expose, sans retenue, pour requérir une limitation de la liberté de la presse.

Donc, célébrez votre Journée de la Liberté de la presse, mais de grâce pas de suffisance. Et demandez aussi au Président Issoufou: Lorsqu'il a signé cette DTM, il s'était engagé à en être l'avocat auprès de ses pairs africains...... les Nigériens veulent aussi savoir ce qu'il a fait dans ce sens.....

D.Saidou

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