lundi 26 septembre 2022

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Mali : un coup d’Etat citoyen…(Par Dr Cheikh DIALLO)

 Ibrahim Boubacar Keita ibk larmes

Hier le président Ibrahim Boubacar Keïta (2013-2020) était tout ; aujourd’hui, il n’est plus rien. En effet, le huitième chef d’État malien a eu faiblesse de croire que la légalité constitutionnelle suffisait. Il en savait bien peu, fort peu, trop peu sur la capacité d’indignation de son peuple. Par conséquent, il dormait confortablement dans l’illusion du pouvoir ; or la réalité du pouvoir était entre d’autres mains religieuses et citoyennes à la fois.

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Avant ce 18 août 2020, un autre président, Blaise Compaoré avait ouvert l’outre aux vents en octobre 2014. Après 27 ans de pouvoir le « Bismarck du Sahel » était « chassé » du pouvoir, en moins de 48 heures.
Comment en est-on arrivé là ?
Mais parce que, de plus en plus, des millions de jeunes Africains, rongés par une révolte saine, revendiquent bruyamment la démocratie, la vraie, celle qui est basée sur la franche amélioration du quotidien, la stricte égalité des chances, la juste gouvernance et la bonne redistribution des richesses.
Cette profonde mutation commence à faire courir un nouveau frisson démocratique que nous nommerons « le coup d’Etat citoyen ».
Une rapide comptabilité ne sera pas de trop.
Au départ était le coup d’Etat militaire : une trentaine en 1970 ; une vingtaine en 1980 ; une quinzaine en 1990, une dizaine en 2010 ; un en 2014, et enfin un dernier en 2020. Encore que l’année n’est pas finie. Suivez notre regard dans l’espace CEDEAO ?
Aujourd’hui, nous vivons dans le cycle tumultueux des révolutions démocratiques avec son p’tit manuel du coup d’Etat citoyen qui est, au fond, d’une simplicité bouleversante.
Comme en Tunisie, en Égypte, en Ukraine, au Burkina Faso, le président élu, Ibrahim Boubacar Keïta, (IBK) est « chassé » par des manifestations populaires. Une bonne partie du peuple – les mains nues – investit les places fortes, s’érige en bouclier de la démocratie. Puis l’étau se resserre autour du chef qui est, à la fin, exfiltré.
Avant « la tentation Compaoré et IBK», la plupart des élus étaient dans un état d’ébriété électorale, habitaient au-dessus d’eux-mêmes et couverts d’une légalité factice. Or cette démocratie en trompe-l’œil est faite de tripatouillages et de bidouillages : voilà la tragique erreur démocratique commise par IBK et sa coterie.
En 2020 et même après, l’urne ne sera plus une garantie contre les accidents démocratiques. A la vérité, les dirigeants africains seront condamnés à prévoir… l’imprévu démocratique. La légalité démocratique ne compensera jamais la légitimité démocratique.

Dr Cheikh DIALLO
Docteur en Sciences Politiques
Expert en Communication
Directeur de l’Ecole d’Art Oratoire et de Leadership

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Commentaires  

+2 #1 Madima 19-08-2020 09:03
Merci Dr. Les dirigeants africains n'apprennent pas de l'histoire. Quand des dirigeants fomentent un holdup électoral pour dire qu'ils sont élus par le peuple et quand les occidentaux valident ces genres d'élections la fin d'un régime peut être prévisible à moins qu'il se ressaisisse pour œuvrer résolument dans le sens des intérêts du peuple.
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+2 #2 Madima 19-08-2020 09:03
Merci Dr. Les dirigeants africains n'apprennent pas de l'histoire. Quand des dirigeants fomentent un holdup électoral pour dire qu'ils sont élus par le peuple et quand les occidentaux valident ces genres d'élections la fin d'un régime peut être prévisible à moins qu'il se ressaisisse pour œuvrer résolument dans le sens des intérêts du peuple.
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+2 #3 Intarou 19-08-2020 09:36
Nos dirigeants élus profitent du faite qu'ils ont été démocratiquement pour s'ériger en despotes et tirants. Ils privent les populations de leurs libertés et droits fondamentaux. Culte de la personnalité, la mal gouvernance, la corruption, l'impunité, etc.
Qu'Allah SWAT nous débarrasse de tous les dirigeants (ou syndicat des dirigeants) qui agissent de la sorte.
Allah ne dort pas et ne somnole pas, il veille aux grains.
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+3 #4 Gorkoo 19-08-2020 10:31
Issoufou Mahamadou, a bon entendeur, salut.
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+1 #5 a 19-08-2020 12:58
wayyo mon niger,on arrive jamais a ce stade..
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+2 #6 Louis de Funès 19-08-2020 13:35
Tout ce ki te fait peur aujourd'hui te fera pitié demain
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+3 #7 Zoom 19-08-2020 17:30
Bientôt tous les pourris du Sahel seront à la porte
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+1 #8 Dan Madaoua 19-08-2020 17:41
Le problème malien n'est que la moitié de celui du Niger sur tous les plans et pourtant ils ont dit non et non. Le peuple nigérien est un peuple très patient ou peureux? Juste quelques exemples, le Niger est dernier depuis 9 ans avec 75,5% des pauvres dans zone de l'UEMOA très loin derrière le Mali.
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+1 #9 Djolombi 20-08-2020 13:37
Toutes les agitations et le zèle de Issoufou c'est parce qu'il sait que IBK est mieux que lui à tout point de vue: donc il veut intimider par peur d'un sort plus grave.
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