Programme de Résilience du PAM au Niger : à Gagawa, la restauration des terres offre de nouvelles perspectives aux populations

Au Niger, 80 % de la population dépend des ressources naturelles pour vivre, mais les chocs climatiques accélèrent la dégradation des terres, avec, selon les estimations officielles, quelque 100 000 hectares de terres perdus chaque année. Ce qui accentue la pression sur les terres exploitables et engendre un amenuisement des ressources naturelles avec, pour effet direct, l’amplification de la vulnérabilité des populations. Depuis 2014, le Programme alimentaire mondial au Niger (PAM-Niger), avec l’appui de ses partenaires financiers, met en œuvre des actions de restauration des terres, de gestion durable de l’eau et de renforcement des moyens de subsistance à travers son initiative Assistance alimentaire contre actifs (FFA), qui contribue aux efforts du Gouvernement du Niger dans le cadre de l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) et, plus particulièrement, de ceux visés à travers la mise en œuvre de l’Initiative de la Grande Muraille Verte (GMV). À travers son Programme de Résilience, mis en œuvre dans plusieurs régions du pays, le PAM appuie les populations locales dans la restauration des écosystèmes afin de renforcer la sécurité alimentaire, de soutenir les communautés vulnérables et de préserver l’environnement. Ces efforts améliorent l’accès à la nourriture, créent des opportunités économiques et renforcent la résilience des communautés face aux chocs climatiques. Grâce à une approche multisectorielle et multidimensionnelle, la stratégie de progression mise en œuvre offre de nouvelles perspectives aux populations qui parviennent désormais à se prendre en charge. À Gagawa, un village de la commune de Tanout, dans la région de Zinder, la mise en œuvre de ce Programme de Résilience, en parfaite collaboration avec l’ONG Karkara, les services techniques et les autorités locales, a permis de réaliser des progrès importants en matière de renforcement de la résilience durable et de la sécurité alimentaire avec, plus qu’un bonus, des opportunités de générer des revenus pour les populations bénéficiaires, très satisfaites de l’impact de cette initiative qui fait des émules.
Reportage de notre envoyé spécial à Gagawa, dans la région de Zinder, où le PAM, avec la collaboration des services techniques de l’État, des autorités locales et des populations bénéficiaires, appuie les communautés à travers la participation aux travaux de fixation des dunes, le renforcement des capacités des agriculteurs et des organisations paysannes ainsi que le soutien à l’extension des solutions innovantes pour améliorer la résilience des systèmes alimentaires.
Situé à 120 km au nord de Zinder et à 15 km à l’est de Gangara, chef-lieu de la commune, le village de Gagawa est encastré dans un vaste terroir qui regorge de plusieurs terres, mais qui sont dégradées. Comme un peu partout au Niger, cette situation amenuise les conditions de vie des populations déjà vulnérables, avec moins de terres exploitables et plus de bouches à nourrir ainsi que d’animaux à faire paître. D’autant qu’à cela s’ajoute l’incidence récurrente des chocs climatiques dont l’impact contribue à éroder la résilience des communautés. Pourtant, la dégradation des écosystèmes n’est pas une fatalité et des initiatives existent pour les restaurer et les rendre exploitables tout en protégeant l’environnement. C’est à cela que s’attelle le gouvernement à travers différentes stratégies de développement durable qui bénéficient de l’appui de certains partenaires stratégiques comme le Programme alimentaire mondial (PAM).
Contrairement à des idées reçues, le PAM, qui est la plus grande organisation humanitaire au monde, ne fait pas que de la distribution des vivres, mais contribue, à travers ses différents projets et interventions, à renforcer la résilience des populations et à poursuivre les Objectifs de développement durable (ODD), avec des initiatives qui s’alignent sur les priorités nationales en matière de souveraineté alimentaire.
C’est dans ce cadre que, depuis 2014, avec l’appui du fonds allemand BMZ, le PAM au Niger met en œuvre un « Programme de Résilience » dans sept (07) des huit régions que compte le pays. Le Programme vise à investir dans la restauration des terres et la gestion durable des ressources naturelles, à renforcer les capacités des agriculteurs et des organisations paysannes et à appuyer l’extension des solutions innovantes pour améliorer la résilience des systèmes alimentaires. En effet, face aux chocs climatiques, aux inondations ou encore aux sécheresses, ce Programme de Résilience accompagne les communautés nigériennes à travers la réhabilitation des terres dégradées, la production agropastorale, les activités génératrices de revenus (AGR), les cantines scolaires, la nutrition, entre autres.
Ces nombreuses actions ont eu pour effet, sur les communautés cibles, l’amélioration de la sécurité alimentaire dans les terroirs, la disponibilité et la diversification des menus, une hausse de la qualité nutritionnelle des repas, la création de nouvelles opportunités économiques, l’amélioration des conditions de vie des exploitants, l’appui en légumes frais aux cantines ainsi que la réduction, voire l’abandon, des stratégies négatives d’adaptation au profit de bonnes pratiques basées sur les moyens de subsistance des ménages.
À ce jour, le programme a couvert 462 hectares de terres agricoles aménagées, bénéficiant à 17 077 exploitations, à travers un paquet d’activités mises en œuvre selon une approche opérationnelle multisectorielle menée de concert avec les services techniques de l’État, les partenaires, les autorités locales ainsi que les populations bénéficiaires.
Un Programme pour renforcer la résilience communautaire des populations vulnérables

À Gagawa, le choix du site a été basé sur la vulnérabilité des communautés qui font face à des déficits céréaliers récurrents et à l’existence de potentialités irrigables pouvant servir de levier afin de développer des activités de renforcement de la résilience de ces communautés. Le ciblage des ménages très pauvres (TP) a été conduit à travers l’approche participative communautaire HEA (Household Economy Approach), à l’issue de laquelle 948 ménages très pauvres, comprenant 6 498 bénéficiaires, ont été ciblés sur le long terme.
Près du village, a été édifié un site de récupération des terres en demi-lunes où, tout au long de l’année, des populations s’affairent à réaliser des ouvrages de récupération des terres, sous la conduite de l’ONG KARKARA, partenaire de mise en œuvre du Programme, mais aussi et surtout des services techniques de l’État. « Le site de récupération des terres de Gagawa était auparavant un site complètement dégradé, caractérisé par une importante présence de grave latéritique. Avec l’appui du PAM, nous sommes donc en train de procéder à la récupération des terres. Les ouvrages que nous réalisons sur ce site sont des demi-lunes multifonctionnelles sylvopastorales. Ces ouvrages sont réalisés sur un site dégradé afin de le récupérer, de lui redonner un autre aspect et de le revitaliser. Les travaux physiques que nous réalisons doivent être accompagnés d'activités biologiques. Cela consiste à faire des plantations, à réaliser des ensemencements et, par la suite, il y aura une mise en défens pour la protection des plantes et des cultures », explique le Capitaine Baidou Mamadou, Chef de division de la gestion durable des terres, des forêts et des produits forestiers au niveau de la Direction régionale de l’environnement et de la lutte contre la désertification de la région de Zinder. Et de préciser que ces activités se font à la demande des communautés qui expriment leurs besoins.
L'accompagnement assuré par le service de l'Environnement est permanent, selon le responsable des services de l’Environnement, qui rappelle que, dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, le PAM a signé une convention avec le ministère, du niveau national jusqu'au niveau déconcentré, pour assurer un suivi régulier, par les services compétents, des réalisations sur le terrain et surtout du respect des normes. « Tant que ces normes ne sont pas respectées, les résultats escomptés ne peuvent pas être atteints », ajoute-t-il avant de préciser que l'objectif est de récupérer les terres et de réduire la vitesse du ruissellement. « Ici, il s'agit d'un nouveau site où les activités ont commencé l’année dernière, et c’est ce qui explique que les activités sont encore à un stade précoce. En revanche, lorsque vous vous rendez vers In-Tchilik, où les premières réalisations datent de 2022, les résultats sont parlants. Vous constaterez la présence d'une importante biomasse herbacée ainsi que d'espèces ligneuses », tient à faire remarquer le Capitaine Baidou.
Selon les explications du technicien, les sites restaurés font ensuite l'objet de l'élaboration d'un plan d'aménagement. À travers les textes en vigueur, notamment le décret de 2018 et la loi portant régime foncier, toute terre ayant bénéficié de travaux de récupération doit faire l'objet d'un plan d'aménagement. Ce document fixe les règles, les pratiques et les modalités de gestion de ces sites.
Au Niger, fait remarquer le responsable de la Direction régionale de l’Environnement, chaque année, des milliers et des milliers de plants sont mis en terre. Mais, lorsqu'on revient sur le terrain, les résultats sont souvent différents de ce qui était attendu. « Il faut donc trouver les mécanismes permettant de mieux protéger les plants après leur mise en terre », plaide-t-il. Fort heureusement, dans le cadre de la mise en œuvre de ce Programme, cet aspect a été bien pris en compte par la stratégie opérationnelle et multisectorielle du PAM.
C’est dans ce cadre que l'ONG KARKARA, partenaire du PAM, conduit des activités en lien avec la résilience via le paquet intégré dans certaines communes de la région de Zinder pour assister les communautés les plus vulnérables.
Sur le site dégradé de Gagawa, la restauration des écosystèmes comme facteur de résilience
Les activités sur le site de Gagawa ont démarré il y a quatre ans, c'est-à-dire en 2022, comme l’explique M. Madjisou Badamassi, superviseur de l’ONG KARKARA de Gangara. « Au départ, nous avons commencé par la réalisation de demi-lunes, mais les populations ont demandé que nous commencions par le surcreusement des mares, qui comporte deux volets : un volet destiné au maraîchage et un autre permettant aux éleveurs de venir abreuver leur bétail. En plus de cela, les populations utilisent également cette eau pour leurs travaux de construction », fait-il savoir avant de poursuivre qu’à partir des années 2024, 2025 et 2026, « nous avons constaté qu'il y avait un manque de pâturage dans le Damergou. Nous nous sommes alors demandé pourquoi ne pas récupérer les terres dégradées. C'est ainsi que nous avons lancé cette activité à partir de 2024 et nous sommes aujourd'hui dans notre troisième année de récupération des terres. »
Actuellement, les activités se déroulent sur le troisième site. Le premier couvre 115 hectares, le deuxième 198 hectares et, avec le troisième site où nous l’avons rencontré, ce sont au total 510 hectares qui ont été récupérés à Gagawa de 2024 à 2026.
Il existe également neuf groupements féminins à Gagawa. Certaines femmes font de la transformation des produits agroalimentaires, d'autres de la savonnerie et d'autres encore exercent des activités génératrices de revenus.
Il y a aussi des banques céréalières. Aujourd'hui, à Gagawa, la communauté dispose de 5 tonnes qui ont été vendues pour plus de 2 100 000 francs CFA. Des villages comme Malloumaï, Ikégana et Souroutou disposent chacun d'une banque céréalière gérée par un comité, tout comme les sites restaurés.
Il a aussi tenu à faire savoir que les années passées, la pluviométrie excédentaire enregistrée a entraîné des pertes de bétail. À la suite de cela, une distribution d'environ 312 chèvres a été effectuée à Gagawa. Parmi les bénéficiaires, certains disposent aujourd'hui de véritables troupeaux.
En plus de cela, il y a l'agriculture familiale et les foyers améliorés. « En résumé, de 2022 à aujourd'hui, les populations de Gagawa ont bénéficié de nombreuses actions. Elles ont également bénéficié d'un réseautage qui leur permettra d'avoir d'autres partenaires à qui elles pourront vendre leurs produits, en dehors du PAM », tient-il à faire savoir.
Une approche communautaire inclusive pour atténuer les chocs climatiques
À l’instar des communes d’intervention dans la région de Zinder, le PAM travaille en étroite collaboration avec le gouvernement et l’ONG KARKARA pour mettre en œuvre un paquet de résilience intégré, pluriannuel et communautaire dans la commune de Gangara. La commune compte cinq sites, tous financés par BMZ : Gagawa, Taguizité, Téguirmé, Kanya et Zongon Intchilik. Le site de Gagawa se trouve dans la commune rurale de Gangara, dans la bande nord plus précisément. Cette zone connaît un niveau de dégradation accentuée de ses ressources agro-sylvo-pastorales, affectant les conditions de vie de la population et du cheptel. Cette situation accentue davantage la vulnérabilité de la population face aux effets du changement et de la variabilité climatiques.

Selon M. Sani Habou, ingénieur en infrastructures rurales au sous-bureau du PAM de Zinder, après le ciblage des bénéficiaires, la mise en œuvre du paquet d’activités a commencé avec la Programmation communautaire participative (PCP), qui consiste à échanger avec la communauté pour identifier ses besoins. Et c'est en fonction de ces besoins que les activités FFA (Food Assistance for Assets) sont mises en œuvre. Pour le cas du site de Gagawa, plusieurs priorités ont été identifiées. Il s'agit du surcreusement des mares afin de disposer de suffisamment d’eau. « Les populations ont des difficultés d'accès à l'eau, aussi bien pour leur cheptel que pour leurs besoins domestiques et le maraîchage, et nous avons donc travaillé sur le surcreusement des mares pendant deux ans. Deux mares ont été surcreusées. L'une est utilisée spécifiquement pour l'abreuvement du cheptel et la seconde pour le maraîchage ainsi que pour les besoins domestiques de cette communauté », explique le spécialiste en infrastructures rurales du PAM au niveau du sous-bureau de Zinder.
Le ciblage a permis de retenir 938 ménages bénéficiaires, qui participent actuellement aux travaux de restauration des terres. Il faut dire qu’après le PCP Light, un PCP complet a été réalisé et a permis d'approfondir l'identification des besoins de la communauté. « Nous avons constaté qu'il s'agit d'une région à vocation pastorale. Les populations sont confrontées à des problèmes d'aires de parcours et de pâturage. Les terres se sont fortement dégradées », admet-il avant d’expliquer le choix fait pour la réalisation des demi-lunes dans le cadre de la récupération des terres. Le terrain était, en effet, complètement dégradé et dénudé. L'objectif des demi-lunes est de casser le ruissellement, de retenir l'eau, de permettre aux herbacées de pousser, de favoriser la régénération de la végétation et, progressivement, de restaurer l'écosystème naturel. Selon les estimations, de 2024 à aujourd'hui, les bénéficiaires ont déjà récupéré plus de 510 hectares.
Et l'année dernière, après la réalisation des demi-lunes, il a été procédé à la mise en valeur biologique du site par un ensemencement de toute la superficie récupérée. Après l'ensemencement, des plantations ont également été réalisées. Toutefois, a-t-il tenu à préciser, les plantations ne concernent pas toute la superficie. « Nous plantons sur un tiers de la superficie, que nous mettons ensuite en défens afin d'empêcher les animaux d'y pénétrer et de brouter les jeunes plants. Les deux tiers restants sont uniquement ensemencés en espèces herbacées. À ce moment-là, les animaux peuvent y aller pour le pâturage. C'est le dispositif que nous avons mis en place », fait-il savoir.
« Nous avons débuté ce travail en 2022 avec les agents de l'ONG KARKARA, qui sont les partenaires du PAM. Ce sont eux qui nous ont formés à cette activité. Les personnes les plus vulnérables du village ont été sélectionnées et les sites ont été choisis en présence des agents des Eaux et Forêts ainsi que des services de l'Agriculture. Une fois le site retenu, les villageois qui y travaillent reçoivent une rémunération », explique Chaibou Chadouka, responsable du site de Gagawa, qui tient à préciser que, depuis des années, c'est la première fois que les populations bénéficient d’une telle intervention. « Avec ce programme, nous travaillons pour notre propre bien et nous sommes en même temps rémunérés, ce qui est une première pour nous », insiste notre interlocuteur, trouvé sur le site, au milieu d’autres femmes et hommes du village.
« Les travaux de récupération des terres concernent des sites qui, depuis des années, étaient des terrains durs, secs, sans plantations, sans arbres, sans rien. Nos parents nous racontaient que, par le passé, ces endroits étaient verdoyants. Mais avec le temps, le désert a gagné du terrain et les lieux sont devenus ce qu'ils sont aujourd'hui. Avec l'arrivée de ce projet, l'objectif est de récupérer ces terres dégradées et l'avantage de ce travail, c'est qu'il nous permettra de faire paître nos animaux, comme c'est déjà le cas sur les sites où nous avons travaillé auparavant », poursuit M. Chadouka.
« Nous remercions le PAM et KARKARA parce que, pour nous, ce travail vient juste après l'agriculture. Si cela ne dépendait que de nous, il devrait se poursuivre, parce que des sites à restaurer, il y en a énormément », plaide-t-il.
Un sentiment de satisfaction partagé par Abdoulaye, le chef du village de Gagawa. « Nous avons énormément bénéficié de ce projet, bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer. Nous avons acquis de nombreuses connaissances et bénéficié de beaucoup d'appuis. Avant, il existait des techniques que nous ne connaissions pas. Vous voyez ces demi-lunes que nous sommes en train de réaliser ? Aujourd'hui, nous avons compris leur utilité. Nos terres, qui n'étaient plus fertiles, retrouvent progressivement leur fertilité grâce aux plantations d'herbes et d'arbustes. Pendant la saison des pluies, cela nous permet de faire paître nos animaux et de les abreuver », continue, sur la même lancée, le chef du village, qui ne tarit pas d’éloges sur l’appui du PAM Niger à travers ces activités. « Grâce à ces sites, les animaux n'iront plus dans les champs pour brouter les cultures, ce qui contribuera à réduire les conflits entre agriculteurs et éleveurs », lance encore fièrement le chef du village, visiblement très content de n’avoir plus à gérer des conflits entre agriculteurs et éleveurs qui, parfois, s’avèrent meurtriers.
Selon plusieurs habitants du village rencontrés sur le site, depuis le début du projet, une nette baisse de l’exode rural s’observe, notamment au niveau des ménages qui bénéficient directement des activités du projet. De manière générale, la communauté souligne l’importance de l’assistance qu’elle reçoit pendant la période de soudure, ce qui lui permet de travailler dans ses champs à plein temps, sans aller travailler dans les champs des plus nantis afin de subvenir à ses besoins.
« Nous avons compris l'importance de ce travail. Nous creusons la terre et les 30 000 francs CFA que nous gagnons chaque mois nous permettent de nourrir nos familles et de les habiller. Nous plantons des plants et les herbes poussent ensuite, ce qui permet au bétail de pâturer. Nous remercions vraiment le PAM pour cet appui qui nous permet d’améliorer nos conditions de vie », renchérit Sahia Balé, chef d'équipe sur le site de Gagawa.
Avec les pépinières villageoises, un appui à la production maraîchère pour contribuer à la souveraineté alimentaire
Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Résilience, le PAM Niger accorde une importance stratégique au développement des pépinières villageoises, qui constituent une sorte d'activité génératrice de revenus pour les populations, lesquelles font pousser des plants que le PAM et d’autres partenaires mettent à leur disposition pour restaurer les terres.
Des explications de M. Sani Habou, ingénieur en infrastructures rurales au sous-bureau du PAM de Zinder, on retient que la pépinière villageoise de Gagawa a été mise en place par la communauté bénéficiaire avec l’appui du PAM à travers l’ONG KARKARA. Les membres de cette pépinière ont été formés par les services techniques de l'État. Des comités ont également été mis en place pour assurer la gestion de ces pépinières.
Les bénéficiaires produisent des plants destinés à la mise en valeur des terres récupérées. Cette année, par exemple, environ 70 000 plants ont été mis en pots. Tous n'ont pas repris, mais, pour le moment, environ 60 000 plants ont pu être mis en terre dès l'installation des premières pluies importantes. La campagne de plantation devrait démarrer à partir de la mi-juillet ou au début du mois d'août sur les terres récupérées cette année et il sera également procédé au regarnissage des sites récupérés l'année dernière.
L’activité rencontre du succès, car les premières étapes de la mise en œuvre du projet font augurer de nouvelles opportunités pour les populations qui espèrent ainsi améliorer leurs conditions de vie. C’est ce qu’assure même Adamou Issa, un habitant du village qui est membre du site de récupération des terres de Gagawa et travaille aussi au niveau de la pépinière villageoise. « Avant de commencer ce travail, c'était un terrain dur, sec et sans arbres. Aujourd'hui, nous travaillons sur ce site et, par la suite, il y aura des plantations d'arbres et d'arbustes. Avec les cultures de contre-saison, les populations vont bénéficier de beaucoup de choses », affirme-t-il fièrement avant de poursuivre que « l'exploitation de ces pépinières nous a apporté un changement dans notre vie de tous les jours. C'est un travail qui se fait en équipe. Chaque équipe dispose d'une partie du site sur laquelle elle travaille sous la supervision d'un chef d'équipe. Lorsqu'un travail est mal réalisé, le superviseur demande qu'il soit repris ». Chaque équipe est constituée de 22 personnes, le chef y compris. Les autres membres se chargent de creuser l'espace qui leur a été attribué.
Sur le site, il n'y a pas que les hommes, mais aussi des femmes, et beaucoup, qui participent activement aux travaux, à l’image de Madame Kouboura Maliki, membre de la pépinière de Gagawa. « Je travaille dans cette pépinière depuis cinq ans. Au début, nous avons été formées. On nous a fourni des sachets, des semences, des arrosoirs et des tonneaux. Lors de la première campagne, nous avons produit 19 000 plants. La deuxième fois, nous en avons produit 29 000. L'année passée, nous avons produit 20 000 plants que nous avons vendus pour un montant de deux millions de francs CFA. Après avoir déduit les dépenses liées aux sachets, à l'eau et aux semences, nous avons partagé les bénéfices entre les membres. Lorsqu'une d'entre nous ne peut pas venir travailler pour une raison ou une autre, nous recrutons de jeunes personnes auxquelles nous donnons une modeste rémunération », explique-t-elle, toute souriante. Actuellement, ajoute Mme Maliki, « nous avons produit 80 000 plants, dont environ 60 000 sont déjà prêts. Nous faisons face à des attaques d'insectes, ce qui explique les pertes que nous avons enregistrées. Notre objectif est d'atteindre une production de 100 000 plants et, grâce à ce que les agents du PAM nous ont appris, nous allons pouvoir atteindre cet objectif. Aujourd'hui, nous sommes 16 femmes à travailler au niveau de cette pépinière. Nous remercions le PAM pour cet appui important ».
« Nous avons contribué à la récupération de plusieurs hectares de terres dégradées. Grâce à cette activité, nous, les femmes, avons pu générer des revenus. Nous ne souffrons plus comme auparavant. Nous prenons désormais en charge les besoins élémentaires de nos familles, notamment pour ce qui est du nécessaire pour l’éducation et la santé de nos enfants. Nous parvenons aussi à acheter des produits alimentaires afin de diversifier les repas dans nos ménages. » Mme Kouboura Maliki, membre de la pépinière de Gagawa.
Un paquet d’activités menées par les communautés avec l’appui du PAM et des partenaires
Grâce au financement de BMZ, le paquet d’activités intégrées mis en œuvre par le PAM Niger contribue significativement à renforcer la résilience des communautés, à réduire l’impact des chocs saisonniers et à prévenir la malnutrition et la mortalité chez les groupes vulnérables. Les interventions ont permis d’enregistrer des résultats satisfaisants, à la grande satisfaction des populations bénéficiaires. Cette assistance couvre les besoins des groupes vulnérables à travers une assistance conditionnelle et inconditionnelle couvrant toute l’année. L’approche intègre également les activités de création d’actifs productifs, le développement de l’agriculture pluviale et irriguée, ce qui permet d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des couches les plus vulnérables. L’appui à l’alimentation scolaire et les activités complémentaires autour des écoles bénéficient aux enfants issus des ménages vulnérables, contribuent à leur bien-être et facilitent leur apprentissage. Ces activités sont identifiées par les communautés sous l’encadrement technique des services déconcentrés de l’État et de l’ONG partenaire. Des missions conjointes de diagnostic ont permis aux communautés d'exprimer leurs besoins et d'identifier les actions nécessaires pour le renforcement de leur résilience aux crises récurrentes. Aussi, un paquet d’activités est fourni aux bénéficiaires vulnérables avec comme actions prioritaires la récupération des terres en fonction des dégradations constatées dans le terroir. À ces activités s’ajoutent des actions de renforcement des capacités et des appuis dans le domaine de la nutrition.
« Avant la mise en œuvre de ces activités, le PAM, à travers son partenaire local, l’ONG KARKARA, a échangé avec nous sur nos vrais problèmes. Nous avons expliqué que nous avions des terres dégradées où il n'y avait aucun arbre. Nous avons aussi exposé nos difficultés en matière d’alimentation et d’activités génératrices de revenus pour nous permettre de nous occuper tout en créant des activités génératrices de revenus. Ils nous ont appuyés avec des semences et des sachets, et les agents du service des Eaux et Forêts sont venus nous montrer comment réaliser les plantations. La première année, nous avons vendu notre production. Après avoir remboursé le fonds de démarrage qui nous avait été accordé, nous avons pu acheter quatorze (14) sacs de céréales grâce aux bénéfices réalisés », président de la pépinière de Gagawa.
Il souligne qu’aujourd’hui, à Gagawa, il existe plusieurs groupements qui se consacrent à diverses activités. « Nous avons remis 200 000 francs CFA aux femmes qui produisent de l'huile. Nous leur avons acheté quatre machines qui leur permettent aujourd'hui de produire cette huile. Les femmes qui fabriquent du savon ont également bénéficié d'un appui, tout comme les membres du comité de gestion (COGES) du Centre de santé intégré (CSI) du village », poursuit-il.
« Chaque année, nous vendons des plants pour une valeur d'environ deux millions de francs CFA. Sur cette somme, nous déduisons les dépenses liées aux sachets, à l'eau et aux semences. Le reste nous permet d'appuyer les autres structures. Cela fait maintenant cinq ans que nous travaillons et nous avons récupéré plusieurs hectares de terres où nous plantons divers arbres. Rien que l’année passée, un projet venu de Tanout, le chef-lieu du département, est venu acheter 40 000 plants à raison de 50 francs CFA, ce qui a constitué une énorme entrée d’argent pour les bénéficiaires qui travaillent dans le cadre de ces activités de récupération des terres et de production maraîchère », annonce fièrement le président de la pépinière de Gagawa.
Des activités de création d’actifs productifs à la grande satisfaction des communautés bénéficiaires
Selon les estimations des services compétents, quelque 510,514 ha de terres ont été restaurés sur le site de Gagawa, de 2024 à 2025, à travers la confection d’ouvrages en demi-lunes multifonctionnelles. Pour optimiser la mise en valeur, les ouvrages confectionnés sont amendés avec de la fumure organique. Aussi, une mare d’une capacité de 34 470 m³ et d’une superficie de 2 ha a été surcreusée pour faciliter certains usages de la population. De plus, les bénéficiaires participent à des sessions de formation sur les techniques agroécologiques et les pratiques familiales essentielles. Le programme accorde une attention particulière à la mise en valeur des sites récupérés. En effet, pour assurer la rentabilité des ouvrages CES/DRS (Conservation des eaux et des sols / Défense et restauration des sols), la mise en valeur de ces derniers demeure la phase fondamentale. Pour mieux réussir cette mise en valeur, le PAM a financé la production des plants et l’achat des semences herbacées en 2022 pour combler les éventuels déficits sur les sites, en plus de la contribution apportée par les communautés.
Dans le même cadre, d’autres activités ont été mises en place dans les cinq villages rattachés au site de Gagawa. Il s’agit notamment des banques céréalières pour réduire les difficultés d’approvisionnement en vivres en période de soudure. Les banques céréalières disposent de 9,05 tonnes de céréales, constituées sur la base des achats locaux, suite à la cotisation de 500 F CFA par mois ou en provenance des champs communautaires, ainsi que des cotisations de trois mesures par bénéficiaire et par an. Aujourd’hui, la banque dispose d’un montant de 835 000 F CFA en caisse.
Il y a aussi le hangar à foin qui constitue un filet de sécurité pour le bétail et les éleveurs, car ces bottes de foin, au-delà de l’alimentation du bétail, représentent un filet de sécurité pour traverser la période de soudure, une source de revenus sur le marché local et un levier indirect pour la nutrition et l’éducation grâce aux recettes réinvesties dans la famille.
Un autre aspect important à souligner dans la mise en œuvre du projet : afin de rendre opérationnels les axes du Plan stratégique pays (PSP) 2020-2024, un plan opérationnel de mise en œuvre sur le terrain a été élaboré. Ce plan opérationnel guide la mise en œuvre des activités sur le terrain. En ce qui concerne la mise en valeur sylvo-pastorale, par exemple, elle a été réalisée à travers la collecte des semences herbacées locales. Ces activités ont été réalisées avec l’encadrement de proximité des agents de l’ONG et des services techniques communaux.
Enfin, dans l’optique de la durabilité et de la pérennisation des acquis de ce projet, une stratégie dite de progression est mise en œuvre au niveau de tous les villages avec comme objectif de pérenniser les résultats du projet. À cet effet, plusieurs activités de renforcement des capacités et d’accompagnement sont mises en œuvre.
Renforcement des capacités des organisations paysannes pour pérenniser les acquis
L’approche multisectorielle et multidimensionnelle du Programme de Résilience du PAM se traduit également par un appui aux organisations paysannes (OP). À ce jour, le PAM encadre à peu près 1 419 organisations paysannes (OP) réparties dans toutes les régions du pays. Ces organisations sont sensibilisées, formées et encadrées pour la production et la transformation des produits agricoles, maraîchers et pastoraux, le leadership, la mise sur le marché des produits, la vie associative et la gestion des exploitations. Pour ce faire, l’encadrement du PAM les amène à produire plus et à vendre le surplus des produits sur le marché national et au PAM. Parmi les organisations paysannes encadrées, la plupart exercent des activités génératrices de revenus, comme c’est le cas de l’organisation féminine « HADIN KAY » de Gagawa.

Sa présidente, Madame Rakia Louché, indique que l'Union HADIN KAY a commencé avec quatre organisations paysannes (OP) qui ont été mises en place en 2001 pour travailler sur la gestion des engrais, des banques céréalières et d'autres activités. En 2005, les quatre OP ont été fusionnées en une Union et, en plus des activités de banques céréalières, la transformation des produits a été greffée aux activités de l’Union. « Au fil du temps, nous avons rencontré d'autres organisations qui poursuivaient les mêmes objectifs que nous. C'est ainsi que nous avons mis en place une fédération régionale de Zinder qui travaille sur les engrais », a-t-elle expliqué.
L’arrivée du PAM en 2016 a donné une autre dimension à l’Union. Avec le début des achats locaux, un bénéfice de 11 600 francs CFA a été réalisé lors de la première opération. « Avec ce bénéfice, nous avons célébré le 13 mai en invitant les parents des filles, le maire et le préfet afin de discuter de la nécessité de maintenir les filles à l'école », tient-elle à souligner avec insistance pour mettre en relief l’impact des activités de l’OP dans ce domaine. « À cette occasion, nous avons répondu à l'une de leurs préoccupations, à savoir les uniformes scolaires des filles. Nous leur avons également demandé d'identifier les autres difficultés qui empêchaient les filles de poursuivre leur scolarité. C'est ainsi qu'ils ont soulevé le problème du tutorat des filles qui viennent au collège », ajoute la présidente de l’Union HADIN KAY de Gagawa.
En 2017, dans le cadre d'un nouveau contrat d'achats locaux, l’Union a obtenu un marché de 50 tonnes et réalisé un bénéfice de 800 000 francs CFA. Avec cette somme, il a été décidé d'octroyer des fonds de commerce aux femmes marraines des filles.
Par la suite, les femmes membres de l’organisation ont été formées à la transformation des produits locaux. « Ce sont les revenus issus de ces activités qui nous permettent aujourd'hui d'accompagner ces collégiennes », fait-elle remarquer, sans parvenir à masquer le sentiment de fierté qui semble visiblement l’animer. D’autant que la suite de l’aventure est encore plus édifiante sur l’impact de l’appui du PAM. « Nous avons ensuite obtenu un autre contrat de 80 tonnes qui nous a permis de réaliser un bénéfice de 1 240 000 francs CFA. Nous nous sommes alors dit que, puisque les produits devaient être acheminés jusqu'à Sabon Kafi, un marché important de la zone, dans le cadre des achats locaux avec le PAM, il nous fallait disposer de notre propre magasin de stockage de 50 tonnes. C'est ainsi que nous avons construit notre magasin. Avec le reste des fonds, nous avons également construit une chambre à la maternité. Voilà les avantages que nous avons tirés des achats locaux avec le PAM », a tenu à mettre en avant Madame Louché, qui a saisi l’occasion pour remercier le PAM mais aussi l’ONG KARKARA pour les appuis en espèces apportés à l’Union « HADIN KAY » de Gagawa, qui compte aujourd’hui 96 femmes actives.
« Nous transformons aujourd’hui les produits locaux, nous réalisons des achats locaux avec le PAM et nous commercialisons également des semences et des engrais. Nous travaillons avec le PAM depuis 2016. Depuis le début de ce partenariat, nous avons bénéficié de nombreux appuis. Aujourd'hui, nous, les femmes, contribuons davantage à la gestion de nos ménages. Nous prenons en charge la santé de nos enfants ainsi qu'une partie de leurs dépenses scolaires. Autrefois, nous étions réticentes à envoyer nos filles à l'école, car les dépenses étaient trop importantes pour nous. Aujourd'hui, grâce au partenariat avec le PAM, chacune des femmes de notre groupement est devenue la marraine d'un enfant dont elle accompagne la scolarité. Sur le plan sanitaire, nous prenons également en charge les soins des enfants sans attendre le retour de nos maris. Nous avons transformé ce que nous appelons les "3C", c'est-à-dire le mil, le maïs et le sorgho, pour fabriquer du couscous. Cette initiative nous a valu un prix de 350 000 francs CFA décerné par le ministre de l'Agriculture. Nous remercions le PAM, dont le partenariat nous a permis de devenir financièrement autonomes. » Madame Rakia Louché, présidente de l'Union « HADIN KAY » de Gagawa.
La nutrition communautaire, autre facteur de renforcement de la résilience
Le traitement de la malnutrition et l'approche communautaire inclusive en nutrition sensible font partie intégrante de l'approche multisectorielle du paquet intégré de nutrition, qui se focalise sur la production locale, la promotion de l'éducation des filles, la santé, l'hygiène et l'assainissement. Il s’agit de promouvoir la nutrition communautaire, qui a comme objectif principal la lutte contre la malnutrition et la promotion des bonnes pratiques en matière de santé et de nutrition au niveau communautaire. L’approche est mise en œuvre à travers le dépistage de la malnutrition effectué par la mère elle-même, le dépistage systématique des enfants par des relais communautaires et les activités du foyer d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle (FARN). Toutes ces activités permettent de suivre l’état nutritionnel de l’enfant au niveau communautaire et d’appliquer les bonnes pratiques d’alimentation et de soins pour la prévention de la malnutrition.
Des partenariats pour garantir la réussite de la stratégie et sortir progressivement de l’assistance humanitaire
Pour une mise en œuvre harmonieuse de ce programme, le PAM a noué des partenariats avec différents intervenants ayant des profils divers. Au niveau local, des conventions sont signées chaque année avec les ministères en charge du développement rural pour un meilleur suivi technique et un meilleur encadrement. Les services techniques du gouvernement jouent également le rôle de conseil agricole auprès des bénéficiaires et participent activement au choix des sites et à la conception (« design ») des ouvrages. Ils assurent aussi le contrôle qualité des réalisations.
La collectivité locale et les communautés bénéficiaires sont au-devant du programme. La programmation et la planification sont faites suivant leurs priorités, en tenant compte des potentialités et des contraintes de la zone. Enfin, les communautés et les collectivités territoriales s’engagent à mettre des terres à disposition et acceptent de fournir leur contrepartie en produisant des ouvrages sur leur temps personnel, sans rémunération.
Pour une sortie progressive et durable de l’assistance humanitaire, conformément aux objectifs de souveraineté alimentaire et de développement endogène prônés par les Autorités de la Refondation, le PAM a mis en place une stratégie de progression visant à soutenir le gouvernement et les populations afin d’empêcher les communautés de retomber dans l’extrême pauvreté. Cette approche vise à transformer durablement la situation des ménages très pauvres et à renforcer leur résilience à long terme. Dans les sites ayant atteint un niveau satisfaisant de sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN), l’assistance alimentaire sera progressivement réduite en fonction de leur situation. L’intervention évoluera vers une assistance technique et un encadrement, favorisant la consolidation des acquis et le développement de partenariats capables d’accompagner ces communautés vers un développement durable.
Avec son Programme de Résilience, qui se traduit par des résultats satisfaisants à la grande satisfaction des bénéficiaires, le PAM continue de travailler aux côtés du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des communautés locales, pour renforcer la résilience des écosystèmes et des populations face aux chocs climatiques. Au niveau des autorités, des partenaires ainsi que des communautés, l’ambition est la même : investir ensemble pour une résilience durable et une sécurité alimentaire renforcée au Niger !
Moustapha Siddo, envoyé spécial à Zinder (actuniger.com)


