Lutte contre la traite des personnes : À Zinder, un Forum de sensibilisation des acteurs pour renforcer l’engagement communautaire dans la lutte contre le fléau

La capitale du Damagaram a abrité, mardi 16 juin 2026, l’ouverture officielle du Forum de sensibilisation sur les enjeux liés à la lutte contre la traite des personnes et la contribution des acteurs communautaires contre ce fléau. Organisé par l’Agence Nationale de Lutte contre la Traite des Personnes (ANLTP), avec le soutien de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM Niger), l’initiative s’inscrit dans le cadre du Mécanisme de Réponse et de Ressources pour les migrants (MRRM), qui bénéficie de l’appui financier de l’Union européenne (UE), à travers l’Italie, dans le cadre du Programme régional de développement et de protection pour l’Afrique du Nord (RDPP), ainsi que du Royaume des Pays-Bas, dans le cadre du programme COMPASS. Les échanges ont porté sur les différentes formes de traite des personnes, les risques d’exploitation, la mendicité forcée des enfants, la déscolarisation, les signes d’alerte, ainsi que les mécanismes de signalement, de référencement et de protection disponibles, dans une région marquée par d’importants mouvements de population. Première activité du genre, le Forum de Zinder s’inscrit dans une dynamique plus large de sensibilisation communautaire conduite avec l’ANLTP et les partenaires, notamment dans les zones à forte mobilité comme les départements de Kantché et de Magaria, dans la même région, où les actions se poursuivront afin de renforcer l’engagement communautaire dans la lutte contre la traite des personnes.
C’est le Gouverneur de la région de Zinder, le colonel Mahaman Sani Massalatchi, qui a présidé l’ouverture officielle du Forum de Zinder, qui a réuni les responsables des FDS, les transporteurs, les leaders communautaires, les services techniques, les acteurs locaux ainsi que les représentants des associations féminines et de la jeunesse. L’évènement a été rehaussé par la présence du Directeur général de l’ANLTP, M. Ousmane Mamane, du Coordinateur des Programmes de Protection et de Réintégration à l’OIM Niger, M. Jean-Louis Sébastien, du Procureur général et du Président du Tribunal de Grande Instance de Zinder ainsi que des autorités régionales et municipales, des cadres des services techniques, des responsables des FDS et des partenaires, des leaders coutumiers et religieux ainsi que des responsables des organisations locales, notamment celles des femmes et des jeunes.

L’OIM Niger engagée aux côtés des autorités pour renforcer la lutte contre la traite des personnes
Dans son mot introductif au Forum, le Coordinateur des Programmes de Protection et de Réintégration à l’OIM Niger a, tout d’abord, et au nom de la Cheffe de Mission de l'OIM, exprimé toute sa fierté de voir se tenir cet évènement organisé en marge de la commémoration de l’édition 2026 de la Journée de l'Enfant africain (JEA2026). M. Jean-Louis Sébastien a tenu, ensuite, à saluer l'engagement constant du Gouvernement du Niger, à travers ses institutions, en particulier l'ANLTP, dans la prévention et la lutte contre la traite des personnes, ainsi que dans la protection des populations les plus vulnérables, notamment les enfants.
« Au Niger, pays de transit, de destination et d'origine des flux migratoires en Afrique de l'Ouest et du Centre, l'OIM, grâce à des financements de l'Union européenne, de l'Italie et du Royaume des Pays-Bas, accompagne depuis plusieurs années les autorités nationales dans la gestion des migrations, en mettant un accent particulier sur la protection, l'assistance et la réintégration des migrants, ainsi que sur la lutte contre la traite des personnes », a-t-il rappelé, soulignant que dans ce contexte, « les défis liés à la protection demeurent nombreux et complexes ».
En effet, a poursuivi le représentant de l’OIM Niger, les personnes en situation de migration, en particulier les enfants, sont exposées à des risques accrus, tels que les abus, les violences, l'exploitation, la séparation familiale, la discrimination ou encore des conditions de vie précaires. Parmi ces violations graves des droits humains, la traite des personnes constitue une problématique majeure et préoccupante dans la région.
Selon M. Jean-Louis Sébastien, ce phénomène est alimenté par plusieurs facteurs structurels, notamment le manque d'opportunités socio-économiques, ainsi qu'une connaissance encore limitée des mécanismes de protection et des cadres juridiques existants. Des vulnérabilités qui sont exploitées pour recruter, tromper et contraindre les victimes. C'est pourquoi, a-t-il estimé, le thème de cette rencontre, axé sur la contribution des communautés dans la lutte contre la traite des personnes, revêt une importance capitale car les communautés locales jouent un rôle déterminant en tant que première ligne de prévention et de protection.
Dans son intervention, le Coordinateur des Programmes de Protection et de Réintégration à l’OIM Niger a surtout insisté sur l'importance de l'engagement individuel et collectif. « Chacun d'entre nous peut contribuer à cette lutte en restant attentif à certaines situations, notamment : une personne ne disposant pas de ses documents d'identité ou de voyage ; une personne travaillant sans rémunération ou sous contrainte ; une personne surveillée, isolée ou privée de liberté de mouvement ; ou toute autre situation laissant présumer une forme d'exploitation », a défendu M. Sébastien, pour qui la vigilance et l’engagement de tout un chacun peuvent sauver des vies.
En terminant son allocution, il n’a pas manqué de souligner que cette activité s'inscrit dans une dynamique plus large d'actions de sensibilisation menées par l'ANLTP et ses partenaires au Niger, notamment dans les régions à forte mobilité, telles que Zinder, Agadez et Tahoua. Les activités se poursuivront ainsi dans les départements de Matamèye et Magaria, afin de renforcer davantage l'impact communautaire.
M. Jean-Louis Sébastien a enfin adressé ses sincères remerciements à l'ANLTP pour son leadership, ainsi qu'aux partenaires techniques et financiers, notamment le programme COMPASS et le Programme régional de développement et de protection pour l'Afrique du Nord (RDPP), financés respectivement par le Gouvernement des Pays-Bas et l'Union européenne à travers le Gouvernement italien, pour leur appui déterminant à la tenue de cette activité.
« Je voudrais réaffirmer l'engagement constant de l'OIM à soutenir le Gouvernement du Niger dans ses efforts de prévention et de lutte contre la traite des personnes. Nous sommes convaincus que des communautés informées, mobilisées et responsabilisées constituent le socle d'une réponse durable et efficace face à ce fléau, ainsi qu'à la criminalité transnationale organisée de manière plus générale » M. Jean-Louis Sébastien, Coordinateur des Programmes de Protection et de Réintégration à l’OIM Niger.




