Interventions du PAM au Niger : la production maraîchère, un levier de souveraineté

Le bureau au Niger du Programme alimentaire mondial (PAM-Niger) a servi de cadre, mercredi 22 avril 2026, à un café de presse organisé à l’intention des journalistes des médias publics et privés. L’activité, qui s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec les médias, vise à rendre publiques les actions du PAM au Niger à travers les médias, afin de favoriser un changement de mentalité, faire accepter les consignes des services techniques et promouvoir une meilleure organisation des communautés. Et pour cette première rencontre, la thématique a porté sur la production maraîchère comme levier de souveraineté alimentaire, un des axes d’intervention du Programme onusien au Niger qui donne des résultats concrets sur le terrain. En témoigne la hausse de la production enregistrée dans certaines zones d’intervention où le PAM a apporté son appui à des exploitants, ce qui a permis de renforcer la résilience des populations et d’impacter durablement la vie des communautés.
La cérémonie d’ouverture du café de presse a été rehaussée par la présence du représentant de l’Observatoire national de la communication (ONC), Dr Boubé Salifou, ainsi que du Directeur pays et Représentant par intérim du PAM-Niger, M. Aboubacar Koisha.
Dans le mot qu’il a prononcé à cette occasion, le représentant du président de l’ONC, Dr Boubé Salifou, a salué cette initiative qui s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique signé récemment entre le PAM-Niger et des médias publics et privés, avec comme objectif d’instaurer un cadre d’échanges et un levier concret pour assurer une diffusion large, professionnelle et éthique des informations vitales relatives à la souveraineté et à la sécurité alimentaire. « C’est le moment pour les différents médias de dialoguer davantage, de dialoguer et de mieux comprendre les tenants et aboutissants des différentes actions du PAM au Niger », a-t-il relevé, soulignant que « le rôle des médias, ce n’est pas seulement de diffuser les informations, les bonnes informations, c’est aussi former toute une population. C’est de former, en fait, le futur de la population à travers des activités éducatives et informatives ».
Pour Dr Boubé Salifou, ce cadre qui permet de parler d’activités informatives et éducatives permet aux médias un contact direct avec le partenaire. « Vous apprenez non seulement à mieux le connaître, à rendre davantage visibles les activités de ce partenaire, mais aussi à créer une proximité avec la population pour que celle-ci, qui reçoit les appuis de ce partenaire, puisse aussi cerner de manière plus large les activités et la portée des activités de ce partenaire », a affirmé le représentant du régulateur officiel de la communication au Niger.
Les médias, des acteurs à part entière du développement
Dans son discours, le Représentant et Directeur pays a.i. du PAM s’est félicité de la présence massive des hommes des médias, ce qui témoigne de l’importance du rôle qu’ils jouent au sein de la société, celui d’informer, d’éclairer, d’analyser et de contribuer à orienter positivement les débats autour des enjeux essentiels qui touchent notre pays, a déclaré M. Aboubacar Koisha.
Au Niger, a-t-il poursuivi, les défis liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle demeurent importants. Toutefois, au-delà de ces défis, des dynamiques porteuses d’espoir sont à l’œuvre : renforcement de la résilience des communautés, amélioration des moyens d’existence et engagement croissant pour la souveraineté alimentaire. Et de souligner que c’est dans cette dynamique que s’inscrit cette rencontre d’aujourd’hui.

« Ce café de presse n’est pas une simple activité de communication. Il se veut un espace d’échange ouvert, direct et constructif entre le PAM et vous, professionnels des médias. Nous sommes convaincus que la qualité de l’information repose sur une compréhension approfondie des réalités de terrain, des approches mises en œuvre et des résultats obtenus. À travers ce dialogue, nous souhaitons renforcer la transparence, améliorer la compréhension de nos interventions et jeter les bases d’une collaboration durable fondée sur la confiance et le respect mutuel. Nous mettons aujourd’hui un accent particulier sur l’appui à la production maraîchère, un levier essentiel pour renforcer la résilience des communautés et contribuer à la souveraineté alimentaire du Niger. Mais au-delà de cette thématique, nous tenons également à écouter votre regard, vos attentes, vos contraintes et vos analyses. Vous êtes des partenaires à part entière, et vos contributions sont essentielles », M. Aboubacar Koisha, Représentant et Directeur pays par intérim du PAM-Niger.
Dans son intervention, M. Koisha n’a pas manqué de mettre en évidence que, dans un contexte où l’information circule rapidement, parfois sans toujours être vérifiée ou contextualisée, le rôle des médias est plus crucial que jamais. « En travaillant ensemble, nous pouvons contribuer à diffuser une information fiable, équilibrée et utile pour les populations que nous servons », a-t-il ajouté avant de souligner que « c’est ensemble, avec des actions concrètes et une information de qualité, que nous pourrons renforcer la résilience des communautés du Niger ». Le représentant au Niger du PAM a conclu son intervention en formulant le vœu que ce premier café de presse ouvre la voie à un dialogue régulier et fructueux entre le PAM et les médias au Niger, basé sur l’échange, la compréhension mutuelle et la volonté commune de mieux servir les populations que l’institution onusienne accompagne.
Appui à la production maraîchère pour contribuer à la souveraineté alimentaire
Après la cérémonie d’ouverture, la rencontre a porté sur la présentation de la thématique choisie pour ce premier café de presse, qui porte sur la production maraîchère comme levier de souveraineté au Niger. Le thème a été développé par le chargé de résilience au PAM-Niger, M. Djibo Hinsa Sanda, qui a notamment évoqué le contexte d’intervention, la couverture géographique du PAM au Niger, le paquet d’activités mises en œuvre ainsi que l’approche opérationnelle du programme de résilience. Il ressort que, contrairement à des idées reçues, le PAM ne fait pas que dans la distribution des vivres, mais contribue, à travers ses différents projets et interventions, à renforcer la résilience des populations et à poursuivre les Objectifs de développement durable (ODD), avec des initiatives qui s’alignent sur les priorités nationales en matière de souveraineté alimentaire.
Dans son exposé, l’expert a présenté l’appui au maraîchage qui constitue un important axe des interventions du PAM au Niger à travers son « Programme de résilience ». Mis en œuvre dans sept (07) des huit régions que compte le pays, le programme couvre 462 hectares de terres agricoles aménagées, bénéficiant à 17 077 exploitations. Le chargé de la résilience au PAM Niger a aussi présenté les effets et impacts sur les communautés cibles, les facteurs de succès, les opportunités et les défis. En effet, face aux chocs climatiques, aux inondations ou encore aux sécheresses, ce programme de résilience accompagne les communautés nigériennes à travers la réhabilitation des terres dégradées, la production agropastorale, les activités génératrices de revenus (AGR), les cantines scolaires, la nutrition, entre autres.
Ces nombreuses actions ont eu pour effet sur les communautés cibles l’amélioration de la sécurité alimentaire dans les terroirs, la disponibilité et la diversification des menus, une hausse de la qualité nutritionnelle des repas, la création de nouvelles opportunités économiques, l’amélioration des conditions de vie des exploitants, l’appui en légumes frais aux cantines ainsi que la réduction, voire l’abandon, des stratégies négatives d’adaptation au profit de bonnes pratiques basées sur les moyens de subsistance des ménages.
Selon M. Hinsa Sanda, malgré l’existence de défis de taille comme la sécurisation foncière et la rareté des financements, des opportunités subsistent, telles que l’existence de politiques agricoles nationales, le leadership et l’appropriation solide de la vision et des ambitions par le gouvernement.
Des témoignages de terrain ont aussi accompagné la présentation, ce qui a permis aux journalistes de mieux saisir la portée des interventions du PAM au Niger ainsi que l’impact de son programme de résilience à travers ces actions visant à améliorer la production maraîchère dans le pays et permettre l’atteinte des objectifs de développement durable et de souveraineté alimentaire prônée par les autorités.
Il convient de rappeler qu’en janvier dernier, le PAM, l’ONC et plusieurs médias publics et privés se sont engagés dans un partenariat stratégique. Conscient de l’importance des médias dans l’atteinte de ses objectifs de développement, conformément à son mandat, le PAM Niger s’est engagé à appuyer les professionnels de la communication dans leurs missions d’information et de sensibilisation des communautés. À leur tour, les médias se sont engagés à promouvoir et à donner plus de visibilité aux interventions de l’organisme du système des Nations unies en charge de la sécurité alimentaire. Une synergie d’actions au service de l’intérêt général et du développement durable du Niger.

A.K. Moumouni (actuniger.com)


