PAM-Niger : un symposium avec les prestataires de services pour renforcer les partenariats et la transparence pour une collaboration durable

Le Bureau pays du Programme Alimentaire Mondial (PAM-Niger) a organisé, lundi 16 février à Niamey, un symposium d’échanges avec les fournisseurs et transporteurs avec comme principal objectif de renforcer la compréhension des participants des procédures d’appels d’offres, d’achats, de contractualisation et de transport, promouvoir la transparence et consolider une collaboration durable conforme aux standards internationaux. Durant la journée, les équipes de l’organisme onusien ont ainsi présenté les principes directeurs sur l’équité, la concurrence loyale, la transparence et le meilleur rapport qualité-prix, ainsi que les exigences de qualité pour les vivres, leurs procédures de transport et les règles d’éthique et de conformité aux participants afin de mieux les outiller pour participer efficacement et équitablement aux différentes offres d’appel du Bureau régional. La rencontre a également été l’occasion de faire approprier aux prestataires la prévention de la fraude, de la corruption, des conflits d’intérêts ainsi que le mécanisme de signalement du PAM. Une initiative saluée par les participants d’autant qu’elle a permis de mettre en exergue l’impact économique du PAM au Niger avec l’accent mis sur la promotion des achats locaux de biens et services ainsi que la mobilisation des transporteurs et entreprises nigériens, ce qui contribue à renforcer les chaînes de valeur nationales, créer des emplois et stimuler l’économie nationale. Au cours des trois dernières années, par exemple, les efforts déployés grâce au partenariat entre le PAM-Niger et ses prestataires ont permis d’assister chaque année plus de 3 millions de personnes dans le besoin dans divers secteurs, avec un coût total estimé à près de 274 milliards de FCFA.
C’est au Centre International de Conférences Mahatma Gandhi de Niamey que s’est tenu le symposium des fournisseurs et transporteurs du bureau régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM Niger), une rencontre qui a été rehaussée par la présence de M. Ilou Malam Djibo, Directeur du Commerce extérieur et du Partenariat économique au Ministère de l’Industrie et du Commerce, de M. Hamza Souleymane, Chef de division Facilitation et Partenariat à la Direction Générale des Douanes, du Représentant par intérim du PAM-Niger, M. Théodore Kabore, ainsi que des fournisseurs et transporteurs partenaires.
À l’ouverture du symposium, M. Théodore Kabore, Responsable des Programmes et Représentant par intérim du Bureau pays, a rappelé qu’au Niger, où le PAM assiste chaque année plus de trois millions de personnes, la maîtrise des procédures d’achats et de contractualisation est un levier décisif pour sauver des vies et renforcer l’impact humanitaire et économique. C’est pourquoi il s’est félicité de la présence massive des partenaires, « ce qui témoigne de l’importance de notre partenariat et du rôle que vous jouez dans la réussite de nos opérations au service des populations les plus vulnérables », a-t-il indiqué avant de les remercier pour avoir répondu présents à cette rencontre importante pour le PAM Niger et la réussite de ses activités au Niger.
« Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est la plus grande organisation humanitaire au monde et son action au Niger repose avant tout sur des partenaires nationaux solides, compétents et engagés. Grâce à eux, l’aide arrive à temps, en qualité et en toute transparence, même dans les zones les plus difficiles d’accès. Derrière chaque contrat signé, chaque cargaison livrée et chaque service rendu, il y a des vies humaines, dont des enfants qui mangent à l’école, des familles qui traversent les périodes difficiles ou de crise avec dignité, des communautés qui retrouvent des terres productives et de nouvelles opportunités de revenus, des personnes vulnérables qui retrouvent le sourire. Ces efforts ont permis, par exemple, au cours des trois dernières années, d’assister chaque année plus de 3 millions de Nigériennes et Nigériens dans divers secteurs, avec un coût total de près de 274 milliards de FCFA. En améliorant ensemble la qualité, la conformité et l’efficacité de nos services, nous maximisons l’impact de chaque franc investi au profit des communautés les plus vulnérables et nous comptons sur votre participation active tout au long de ce symposium pour partager vos expériences », M. Théodore Kabore, Responsable des Programmes et Représentant par intérim du Bureau régional PAM-Niger.
Derrière chaque contrat, des vies humaines
Pour le Responsable de l’organisme onusien, ce symposium va au-delà d’un simple rendez-vous technique. « Derrière chaque contrat signé, chaque cargaison livrée, chaque service rendu, il y a des vies humaines », a-t-il rappelé. Ainsi, des enfants qui se nourrissent convenablement à l’école, des familles qui traversent la soudure avec plus de dignité, des communautés qui retrouvent des terres productives après des années de dégradation, des personnes déplacées qui survivent aux premiers mois d’exil : chaque contrat est adossé à une œuvre humanitaire qui permet d’assister des personnes dans le besoin et même de sauver des vies.
Au Niger, pays confronté à des chocs climatiques récurrents, à l’insécurité dans certaines zones et à une pression démographique constante, la logistique humanitaire est un maillon vital. L’acheminement des vivres jusqu’aux communes les plus enclavées, le stockage, le respect des normes de qualité et des délais, tout repose sur une chaîne dont les acteurs nationaux sont la colonne vertébrale.
Ces trois dernières années, les efforts conjoints du PAM et de ses partenaires ont permis d’assister, en moyenne annuelle, plus de trois millions de Nigériens et de Nigériennes, pour un coût estimé à plus de 274 milliards de francs CFA. « Vous êtes des acteurs majeurs dans ce dispositif de réponse », a souligné M. Kabore à l’endroit des transporteurs et fournisseurs.
Compréhension des procédures, concurrence loyale et lutte contre la fraude
Le symposium avait un objectif clair : renforcer la compréhension des procédures d’appel d’offres, d’achats, de contractualisation et de transport du PAM. Une démarche présentée comme essentielle pour promouvoir l’équité, la concurrence loyale et le meilleur rapport qualité-prix.
Tout au long de la journée, les équipes techniques du PAM ont détaillé les principes directeurs de l’organisation : transparence des processus, exigences strictes de qualité des vivres, règles d’éthique et de conformité. Un accent particulier a été mis sur la prévention de la fraude, de la corruption et des conflits d’intérêts, ainsi que sur les mécanismes de signalement mis en place.
« Ces standards protègent non seulement le PAM, mais aussi chacun de nos partenaires et garantissent la crédibilité de notre action collective », a souligné le Représentant par intérim. Dans un contexte international marqué par la baisse des financements humanitaires, la rigueur des procédures est devenue un impératif stratégique.

Au-delà de l’action humanitaire, un impact économique considérable des interventions du PAM au Niger
Au-delà de l’assistance humanitaire, le PAM se présente comme un acteur économique de premier plan au Niger. En achetant localement du mil, du sorgho, du niébé et d’autres produits, et en mobilisant des entreprises nigériennes pour le transport et le stockage, l’agence contribue à structurer les chaînes de valeur nationales.
Entre 2021 et 2025, environ 113 milliards de francs CFA ont été injectés dans l’économie nigérienne à travers les opérations du PAM. Dans ce montant, on compte 33 milliards consacrés aux achats de biens et services, près de 200 000 tonnes de vivres achetées localement pour une valeur d’environ 65 milliards, et quelque 500 000 tonnes transportées et stockées pour un volume financier estimé à 15 milliards.
Aujourd’hui, près de 80 % des produits distribués dans le cadre des opérations – qu’il s’agisse des cantines scolaires, de l’assistance aux pasteurs en période de soudure, des réponses aux inondations ou de l’aide aux migrants – sont achetés localement. « C’est un axe à maintenir et à prioriser pour les années à venir », a affirmé M. Kabore, mettant en avant la réduction des coûts logistiques, la rapidité d’acheminement et l’acceptabilité sociale des produits issus des communautés.
Trois piliers majeurs au cœurs de la stratégie nationale
La présentation des activités générales du PAM au Niger a permis de mieux comprendre l’architecture de son action. Le plan stratégique pays, élaboré avec les autorités nationales et en vigueur jusqu’à fin 2026, repose sur trois piliers.
Le premier, central, est celui de la construction de la résilience. Réhabilitation des terres dégradées — dans un pays qui en compte plus de dix millions d’hectares selon les estimations nationales — aménagement de sites maraîchers, forages équipés de systèmes solaires, organisation de producteurs en coopératives : l’objectif est de restaurer les capacités productives et d’accroître les revenus locaux.
Depuis 2014, près de 330 000 hectares ont été récupérés. Sur certains sites, les rendements du mil atteignent près de 800 kg à l’hectare, contre une moyenne nationale oscillant entre 300 et 350 kg. Une performance qui change la donne pour des milliers de ménages ruraux.
En 2024, dans des zones où les investissements en résilience étaient soutenus depuis plusieurs années, près de 1,5 million de personnes n’ont plus eu besoin d’assistance d’urgence. Une économie estimée à 54 millions de dollars.
Le second pilier concerne la réponse aux chocs. Inondations, déficits pluviométriques, déplacements liés à l’insécurité, crises pastorales : lorsque le choc survient, le PAM intervient pour éviter l’effondrement des moyens d’existence. À Téra, près de 75 000 personnes déplacées ont récemment bénéficié d’une assistance, notamment à travers un mécanisme de coupons en partenariat avec des commerçants locaux.
Enfin le troisième pilier porte sur le renforcement des capacités nationales. Vingt-trois institutions publiques — ministères, universités, centres de recherche — sont accompagnées à travers des mémorandums d’entente pluriannuels et des plans de travail annuels. Le PAM soutient également la recherche académique, avec plusieurs thèses de doctorat et des dizaines de mémoires de master appuyés ces dernières années.
Parmi les programmes phares figure celui des cantines scolaires. Près de 2 000 écoles sont appuyées, touchant environ 400 000 enfants. Dans les zones pastorales, deux repas par jour sont servis ; dans les zones agricoles, un repas quotidien est assuré.
Les effets sont mesurables : taux de fréquentation proche de 97 %, réduction significative des abandons et allongement de la durée moyenne de scolarisation. Les familles enregistrent également une baisse de leurs dépenses alimentaires, estimée à 21 % dans les zones nomades et 15 % dans les zones sédentaires.
Des besoins immenses en matière de réponse d’urgence et des défis financiers
Lorsque survient un choc – mauvaise campagne agricole, déplacement massif de populations, inondations – le PAM active son pilier d’urgence. Récemment, près de 75 000 personnes déplacées à Téra ont bénéficié d’une assistance, notamment via un système de coupons auprès de commerçants locaux.
L’agence intervient également à Assamaka pour fournir des repas chauds aux migrants en transit, dans une zone saharienne particulièrement éprouvante.
Mais l’organisation doit composer avec une baisse sensible des financements internationaux, marquée par le désengagement de certains bailleurs et la réduction des contributions traditionnelles. « Nous sommes dans un environnement où les finances sont en baisse », a reconnu M. Kabore, évoquant également les défis d’accès dans certaines zones.
Transparence, éthique et bonnes pratiques
Mais le cœur du symposium restait la maîtrise des procédures. Appels d’offres, contractualisation, exigences de qualité, règles de transport, conformité éthique : les équipes du PAM ont détaillé les principes directeurs qui encadrent leurs opérations. Car pour les fournisseurs et transporteurs, la question est centrale : comment accéder équitablement aux marchés ? Comment répondre efficacement aux appels d’offres ? Quelles sont les exigences en matière de qualité, de conformité et d’éthique ?
Équité, concurrence loyale, transparence et meilleur rapport qualité-prix constituent la colonne vertébrale du système. Un accent particulier a été mis sur la prévention de la fraude, de la corruption et des conflits d’intérêts, ainsi que sur les mécanismes de signalement mis à la disposition des partenaires.

« Nous voulons que chaque fournisseur, chaque transporteur ici ait les outils nécessaires pour participer efficacement et équitablement à nos appels d’offres », a martelé M. Kabore, invitant les participants à poser des questions et à partager les défis rencontrés sur le terrain.
En clôturant son intervention, le Responsable des Programmes a remercié les plus hautes autorités nigériennes pour les facilités accordées au PAM, ainsi que les équipes et partenaires institutionnels mobilisés.
« Ensemble, avec des partenaires solides et responsables, nous continuons à sauver des vies, changer des vies, soutenir l’économie nationale et contribuer à bâtir un avenir plus résilient au Niger », a-t-il déclaré.

Abdoul Karim Moumouni (actuniger.com)


