Réouverture du corridor frontalier Tsamiya-Kamba : un ouf de soulagement pour près de 2 000 camions à destination du Niger mais bloqués à la frontière Bénin-Nigeria

Le gouvernement fédéral nigérian a officiellement acté, lundi 09 février, la réouverture du corridor frontalier Tsamiya-Kamba, situé dans l'État de Kebbi, ce qui va permettre la poursuite du transit vers le Niger de plus de 1 600 camions en provenance du Port autonome de Cotonou mais bloqués depuis des mois au poste frontalier de Kamba, au Bénin. Au-delà, cette décision, instruite par le président nigérian Bola Tinubu, va stimuler le commerce régional, notamment l’approvisionnement du Niger à partir des ports de la côte ouest-africaine, principalement du Bénin et du Nigeria. Depuis quelque temps, en effet, le corridor de Tsamiya-Kamba, en passant par Sèbgana au Bénin, est devenu l’alternative la moins coûteuse pour les opérateurs nigériens pour le transit des marchandises, suite au maintien par les autorités nigériennes de la fermeture de la frontière avec le Bénin. C’est dans ce cadre et afin de faciliter le trafic frontalier et l’approvisionnement du Niger, qu’une délégation nigérienne conduite par le Directeur général des Douanes (DGD), le colonel Mohamed Yacouba Siddo, a séjourné vendredi 07 février à Abuja pour échanger avec ses homologues de la Nigeria Customs Service (NCS) sur des mesures destinées à fluidifier le trafic commercial régional ainsi que la sécurisation des frontières communes. Et suite aux garanties données par les autorités nigériennes, notamment en matière de lutte contre la fraude et de respect des protocoles de sécurité stricts, les douanes nigérianes ont déployé de nouvelles technologies d’interconnectivité qui devraient permettre de traiter les dossiers et les marchandises en transit en deux journées (48 h). Une bouffée d’oxygène pour l’économie nigérienne mais aussi pour les populations en cette veille de Ramadan…
C’est la fin d’un calvaire qui n’a que trop duré pour les transporteurs bloqués, pour certains depuis des mois, au point de passage entre le Bénin et le Nigeria. Ils sont plus de 1 600 camions, d’après les estimations de la semaine dernière, en provenance du Port autonome de Cotonou et à destination du Niger, qui ont été bloqués durant une longue période au poste frontalier de Kamba, au Bénin. La raison : la fermeture par les autorités nigérianes de l’autre point de passage frontalier, Tsamiya, dans l’État de Kebbi, un passage obligé pour les camions chargés de marchandises en transit pour le Niger. Avec le maintien par les autorités nigériennes de la fermeture de la frontière avec le Bénin, ce corridor qui passe par le Nigeria est, en effet, devenu l’alternative la moins coûteuse pour les opérateurs pour approvisionner le pays à partir, principalement, du port de Cotonou.
De nouvelles mesures pour fluidifier le commerce et sécuriser les frontières
Depuis ce lundi 07 février, le poste frontalier est de nouveau rouvert. Et pour l’occasion, une cérémonie symbolique a été organisée au niveau du poste frontalier, en présence des autorités et représentants du Nigeria, du Niger et du Bénin. La mesure a été annoncée le 7 février 2026 par le patron des Douanes nigérianes (NCS), le contrôleur général Bashir Adewale Adeniyi, lors d'une réunion avec l’ensemble des acteurs de la chaîne à Birnin Kebbi.
« Le président Tinubu nous a donné pour mandat d'autoriser le transit des camions vers le Niger via le Bénin et l'État de Kebbi. Nous déployons des technologies modernes pour garantir que les marchandises destinées à des destinations spécifiques ne soient pas détournées », avait déclaré M. Adewale-Adeniyi, qui avait toutefois pris soin d’avertir que « les opérateurs économiques qui enfreindraient la réglementation en matière de transit s'exposeraient à de lourdes sanctions », soulignant que « le non-respect de ces règles créerait des obstacles non tarifaires et nuirait à la confiance entre les nations ».
Une annonce qui fait suite aux mesures convenues lors de la réunion de haut niveau, vendredi 09 février à Abuja, entre les responsables des douanes du Niger et du Nigeria. Au centre des échanges entre la DGD et la NCS : s’engager sur de nouvelles mesures destinées à fluidifier les échanges commerciaux transfrontaliers tout en maintenant des protocoles de sécurité stricts. À la fin des échanges, le Directeur général des Douanes nigériennes, le colonel Mahamadou Yacouba Siddo, et son homologue de la NCS, Adewale Adeniyi, se sont accordés sur « la mise en place de corridors et de voies de passage sécurisés afin de faciliter la circulation des camions chargés en attente de dédouanement vers la République du Niger ».
La décision de rouvrir le corridor a été approuvée par le président Bola Tinubu et, selon la présidence nigériane, elle s'inscrit dans « un effort de coopération douanière avec le Bénin et le Niger pour résoudre les blocages persistants affectant le commerce régional ». Des technologies d'interconnectivité informatique seront déployées pour assurer un dédouanement en 48 heures et prévenir tout risque de fraude pour les marchandises, en coordination avec les autorités des pays voisins. Lors des échanges à Abuja, la délégation nigérienne a donné des garanties sécuritaires à la partie nigériane, sans omettre de mettre en avant les efforts des autorités de transition (CNSP) dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des frontières.
Les deux parties ont également convergé vers la nécessité de libérer le potentiel que recèle le commerce régional, notamment celui frontalier entre le Niger et le Nigeria, deux pays « voisins et frères », unis par de solides et profondes relations historiques et culturelles, même si des tensions subsistent actuellement au niveau des autorités politiques entre Niamey et Abuja.
Une bouffée d’oxygène pour l’économie nigérienne
Selon les explications du patron des douanes nigérianes, les cargaisons de marchandises en transit pourront désormais être traitées et acheminées sous 48 heures. Lors de sa rencontre avec les acteurs de la chaîne, il a assuré que « des mesures strictes avaient été mises en place pour prévenir le détournement des marchandises en transit et que des sanctions sévères seront prises contre les opérateurs économiques qui enfreignent la réglementation en vigueur ». En plus des raisons sécuritaires, c’est ce qui a visiblement le plus pesé sur la décision des autorités fédérales nigérianes de fermer ce poste frontalier. Désormais, a assuré le patron de la NCS, les services nigérians compétents sont déterminés à simplifier les procédures et à supprimer les goulets d'étranglement évitables sur les principaux axes tels que Illela–Sokoto–Kamba–République du Niger, ainsi que sur les routes reliant les ports et aéroports d'Apapa aux pays voisins. Mais pour les opérateurs nigériens, c’est surtout le corridor Tsamiya (frontière du Nigeria avec le Bénin) et Kamba (frontière du Nigeria avec le Niger) qui est essentiel et, avec cette réouverture décidée par le Nigeria à la demande du Niger, c’est une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie du pays, en ces temps de conjoncture difficile, mais aussi pour les populations en cette veille de Ramadan !
A.Y. Barma (actuniger.com)


