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À Niamey, des enfants subissent en silence l’horreur des violences sexuelles et des abus, tandis que l’impunité règne. Leur souffrance reste invisible, étouffée par la peur et les tabous. Derrière l’effervescence de la capitale nigérienne, se cache une réalité inquiétante : de nombreux enfants vivent un quotidien marqué par la violence, l’exploitation et la privation de leurs droits fondamentaux. Entre travail domestique, agressions, abus sexuels et violences psychologiques, les droits fondamentaux des plus jeunes sont quotidiennement bafoués. Malgré les efforts de l’État, soutenu par des partenaires techniques et financiers ainsi que des ONG, la situation reste alarmante. Les enfants, sans distinction de race, d’ethnie ou de religion, continuent de subir des violations graves de leurs droits, malgré un arsenal juridique pourtant bien établi.

Le Niger dispose pourtant d’un arsenal juridique destiné à protéger les droits des enfants. L’article 22 de la Constitution stipule que l'État a l'obligation de protéger les enfants contre toutes formes de violence, d’exploitation et de discrimination. De nombreuses lois et conventions internationales, dont le pays est signataire, renforcent cette protection. Pourtant, sur le terrain, cette protection reste largement théorique. Malgré ces mesures, le respect des droits de l’enfant demeure un défi majeur.

Témoignages d’une jeunesse brisée
Parmi les catégories les plus vulnérables, les filles sont souvent les premières victimes de ces abus. Yasmine, une adolescente de 14 ans, témoigne anonymement d’un vécu douloureux : « Un jour, alors que je me douchais, le fils de notre voisin est entré dans la toilette. J’ai crié, il a pris la fuite. J’ai tout raconté à mes parents, mais il a nié, et on ne m’a pas crue. Chez nous, les adultes ont toujours raison ».
Le silence imposé aux victimes est une réalité bien ancrée. La peur des représailles, le manque d’écoute des parents et l’impunité généralisée poussent les jeunes filles à taire leurs souffrances. Pire encore, certains enseignants censés être des figures d’autorité bienveillantes se transforment en bourreaux.
Une adolescente raconte, la voix tremblante : « Nos enseignants, ceux censés nous apprendre à être intelligents, sont ceux qui nous détruisent. Ils nous touchent, et si on refuse, ils nous menacent. Même le proviseur fait pareil : il t’appelle dans son bureau et te propose des choses inappropriées. Si tu refuses, il menace de t’exclure. Beaucoup de filles ont vécu ça ».
Elle relate un autre épisode traumatisant : « Lors du décès de ma tante, j’étais au robinet pour prendre de l’eau. Il [le même fils du voisin] est arrivé encore et s’est mis à toucher mon corps. Sa mère a tout vu, mais elle s’est tue ».
Yasmine, un autre pseudonyme, confirme cette réalité glaçante : « Maintenant, la vie est devenue ainsi. Ce sont nos propres enseignants qui nous empêchent de vivre une vie paisible et normale. C’est quel genre de vie ça ? Un enseignant qui te veut, il faut forcément qu’il touche ton corps ».
Face à ces violences, les enfants se retrouvent souvent seuls, sans recours. Yasmine exprime son désarroi : « Tu ne peux en parler à personne parce que certains cherchent justement à te dénigrer davantage. Qui peut nous soigner, qui peut écouter nos pleurs ? Personne, malheureusement ».
Le dilemme de dénoncer ces abus aux parents est également un obstacle majeur. « Je n’ai pas la force d’en parler à ma mère. Elle s’énerve vite et s’emporte contre moi. Alors, je préfère me taire », confie une autre adolescente.
Ces paroles poignantes illustrent la souffrance silencieuse de nombreuses jeunes filles, contraintes au silence par peur des représailles ou par manque de soutien familial.

 

L’abus dans le cadre familial : un silence pesant

Le fléau de la maltraitance des enfants ne se limite pas aux violences sexuelles. Le cadre familial, censé être un refuge, devient parfois un lieu de souffrance. Dans de nombreux foyers, les violences psychologiques et physiques sont considérées comme des méthodes éducatives acceptables. Mademoiselle Abdoulaye Idani Kadiatou, Présidente de l'Association des Jeunes Filles pour la Santé de la Reproduction (AJFSR), confirme cette réalité : « En matière de violences faites aux enfants et d’abus sexuels, c'est un combat quotidien. On voit dans les quartiers des enfants livrés à eux-mêmes, exploités, maltraités. Même au sein des familles, les violences psychologiques et physiques sont les plus fréquentes ».
Elle souligne que plus de 90 % des cas de violences sexuelles sur les enfants au Niger sont perpétrés dans le cadre familial. « Le bourreau est toujours quelqu’un de proche de l’enfant. Ça peut être l’oncle, le petit frère, le cousin, ou les nounous que les familles prennent pour s’occuper de leurs enfants ».
Selon elle, ces violences sont souvent légitimées par des normes sociales toxiques : « Dans notre société, on pense qu’il faut frapper un enfant, l’insulter, jouer sur sa psychologie pour mieux l’éduquer. Alors que l’éducation est un ensemble, et la violence n’est vraiment pas une solution ».

Un arsenal juridique solide, mais une protection encore fragile
Face à cette situation alarmante, l’État et ses partenaires techniques et financiers tentent d’apporter des solutions. Le Niger dispose pourtant d’un arsenal juridique pour protéger ses enfants. L’Ordonnance n° 99-11 du 11 mai 1999 a créé des juridictions spécialisées pour mineurs, tandis que la loi de 2014 garantit que les enfants en conflit avec la loi ne peuvent subir de traitements cruels ou dégradants. En 2019, une nouvelle loi a instauré des comités de protection de l’enfance chargés de lutter contre le travail des enfants et de sensibiliser les communautés. Le ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant a mis en place des comités stratégiques pour prévenir et prendre en charge les cas de violences faites aux enfants.
Malgré ces avancées, l’application des lois demeure un défi majeur. De nombreux cas restent sous-déclarés par peur des représailles ou du déshonneur familial. Les structures judiciaires, quant à elles, peinent à poursuivre efficacement les coupables. En parallèle, certaines traditions continuent de légitimer des violences contre les enfants, rendant leur éradication encore plus difficile.
Face à cette crise, des organisations internationales collaborent avec les autorités nigériennes et les ONG locales pour renforcer la protection de l’enfance. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), en première ligne, joue un rôle clé en soutenant le gouvernement. Elle finance des programmes de sensibilisation, notamment sur la scolarisation des filles, la prévention des violences basées sur le genre (VBG) et la délinquance juvénile. L’organisation finance également des centres d’accueil et de réhabilitation pour les enfants survivants de violences.
Le Niger a également lancé plusieurs initiatives, dont le Programme National de Protection de l’Enfant (2014-2019) et le Plan d’Action 2017-2021 contre les violences basées sur le genre. L’Initiative Spotlight, menée en partenariat avec des acteurs internationaux, vise à éliminer les violences sexuelles et basées sur le genre. De son côté, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) forme des comités régionaux pour lutter contre le recrutement des enfants par des groupes extrémistes et prévenir la traite des mineurs.
Des centres spécialisés, appelés Services Éducatifs, Judiciaires et Préventifs (SEJUP), ont été mis en place dans plusieurs villes du pays pour détecter et réprimer les violences faites aux enfants. Le Niger est également engagé dans le Partenariat Africain pour Mettre Fin à la Violence contre les Enfants (APEVAC), une plateforme panafricaine qui coordonne les efforts de protection de l’enfance.

Si ces initiatives montrent un engagement croissant en faveur de la protection des enfants, elles restent encore largement insuffisantes face à l’ampleur du problème. La sous-déclaration des cas, la faiblesse des systèmes judiciaires et le poids des traditions continuent d’entraver les avancées. Il devient urgent de renforcer les mécanismes de mise en œuvre des lois, d’augmenter les ressources allouées à la protection de l’enfance et de sensibiliser davantage les communautés aux droits des enfants.

Derrière l’apparente quiétude de Niamey se cache une tragédie silencieuse : celle d’une génération sacrifiée sur l’autel de l’indifférence. Malgré un arsenal juridique solide et des initiatives internationales, les enfants nigériens continuent de subir violences et abus dans l’ombre d’une impunité quasi systématique. Les témoignages glaçants de Yasmine et d’autres adolescentes révèlent un système où prédateurs et complices – enseignants, voisins, proches – agissent en toute impunité, protégés par le silence des familles et la lenteur des institutions. Pourtant, les solutions existent : renforcer les mécanismes judiciaires, briser l’omerta sociale et mobiliser les communautés. Mais sans une volonté politique ferme et une réelle prise de conscience collective, les lois resteront lettres mortes, et les cris des enfants, étouffés.

Abdoulkarim (actuniger.com)

 



Commentaires

2
Mar
3 jours ya
De la fiction ! Quelle intention se cache derrière cet article ? On le saura très vite.
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3
Zara
3 jours ya
Les souffrances des fillettes au Niger ne sont pas une fiction mais une realite cachee derriere des hypocrisies religieuses.
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0
Ladji
3 jours ya
Pardonner et Oublier les fessees, les viols, les brutalites. Nous sommes des bons musulmans cas meme.
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Yul
3 jours ya
Sénégal: le FMI évoque une dette «cachée» d'environ 7 milliards de dollars entre 2019 et 2024.

Alors imaginez ce qu'on nous cache ici au Niger où la pegre rose a regne presque 15 ans dans la terreur.
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2
Ah ça ira..
3 jours ya
Je crois qu'il s'agit de la dette du Burkina, IB a annoncé hier qu'il allait piocher dans les réserves des banques.. Ca sent le roussit. Après avoir pillé les grandes entreprises, il ne reste plus à ces prédateurs en uniforme que de dévaliser les banques.
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0
Khalid Aghali
3 jours ya
Tu es un fieffé menteur et un affabulateur, probablement un agent provocateur et un troll françafricon qui empoisonne ce site.
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0
Ah ça ira..
2 jours ya
Tout avis critique est interdit dans l'AES, mais la propagande ne suffira pas à faire taire ce que doivent endurer les populations.
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1
Oumarou
3 jours ya
Le titre est "Personne ne nous écoute"... je constate que des lecteurs font partie de ces personnes qui préfèrent douter de cette triste et révoltante réalité...
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3
hamidou nabaro
3 jours ya
arrêter de porter des tenues sexy dans certains milieu
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3
HAMZAMAI GARKUA
3 jours ya
Et voilà! Quoi qu'elles fassent, c'est toujours de la faute des filles. Si un pervers viole une fille, ce n'est pas de sa faute. C'est parce que la fille portait des tenues sexy! Quand est-ce que, dans ce pays où les citoyens sont abrutis par des marabouts incultes, les gens vont commencer à comprendre que les filles et les femmes sont des personnes, des individus sensibles et qu'on n'a pas le droit de les battre comme des bourricots? Accablés de misère et d'ignorance, les Nigériens sont comme ces ouvriers harcelés par leurs patrons et qui, le soir venu, se rattrapent sur leurs femmes qu'ils battent copieusement pour noyer leurs frustrations. Nous sommes déjà des esclaves, mais les femmes nigériennes vivent sous un régime de double esclavagisme: celui de la sociéte néocoloniale et celui infligé par les hommes qui ne se contentent pas de les mépriser et de les humilier tous les jours, mais exercent une violence physique insoutenable sur elles.
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1
Niger
3 jours ya
Oui dominer par ces hommes religieux les grands barbu qui disent que le paradi de la femme se trouve sous leurs pied
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0
Niger
2 jours ya
Pour une fois, je suis d'accord avec vous sur toute la ligne.
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1
HAMZAMAI GARKUA
3 jours ya
Merci pour cet article. Rédigeons-en plus souvent car nous vivons au Niger dans un état d'arriération inacceptable. Je pense que nous devons aller plus loin et faire voter des lois très sévères pour protéger les femmes et les enfants car il y a deux choses dans ce pays qui nous empêchent d'avancer: notre philosophie sociale de "a djara, a ruha assiri" selon laquelle nous "pardonnons" aux voleurs de deniers publics et les encourageons à recommencer demain, et nos comportements moyennâgeux envers les femmes et les enfants qui constituent pourtant plus de 90% de la population. Sans des réformes juridiques et sociales courageuses et profondes destinées à sortir notre pays de Moyen-Age, tous nos efforts pour développer ce pays seront voués à l'échec car c'est sur la jeunesse et les femmes que repose l'avenir de ce pays. Il est indéniable que nous avons engagé la révolution politique anti-impérialiste. Il nous reste à engager la révolution sociale.
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2
Ibrahim
2 jours ya
L'impunité c'est le domaine de définition des pouvoirs nigeriens.
Il y'a le libido dans l'air, dans les téléphones, dans les bureaux, dans les maisons, dans les écoles, dans les marchés, partout c'est le libido, et il fait bien partie des causes.
Partout les femmes mettent en avant n'ont pas leur savoir être, non pas leur intelligence mais leur corps, leur parties intimes, partout plus de 90 % des femmes montrent toutes les courbures de leurs corps. Elle porte des habits mais on aperçoit tout, on voit clairement la forme de sa poitrine et le téton se fait remarquer et presque 100% des femmes se cachent derrière les hijab pour montrer leur seins et le reste du corps. Tout cela fait que les hommes sont attirés, excites, et de là ce n'est plus la raison, mais le côté animal qui va réagir. Ainsi le gar cherchera la victime la plus vulnérable à sa portée.
On laisse nos sœurs pareilles et on ne veut pas q le gar ait envi ? Non il faut traiter les causes.
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1
Ami Pierre
2 jours ya
En fait au Niger, il n’y a que de bons enseignants qui sont forcément de bons musulmans…Il suffit de questionner quelques élèves et vous apprendrez ce que sont les NST, les bonnes notes sexuellement transmissibles…une horreur 😱
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hamidou nabaro
2 jours ya
cette main est très propre je pense pas si c est la photo d une nigerienne.
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Yacouba Laouali
2 jours ya
Que font alors le FNUAP et l UNICEF dans le pays? :sigh:
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