Rupture des relations diplomatiques : Paris dit « prendre acte » et « regrette » la décision « hostile » de Ouaga

Dans une déclaration du Quai d’Orsay, la France a réagi à l’annonce faite vendredi soir par les autorités burkinabè de rompre les relations diplomatiques avec l’ancienne puissance coloniale. Dans la déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, diffusée le même jour, les autorités françaises disent avoir pris acte de cette « décision unilatérale » du Burkina Faso. Une décision « hostile et sans fondement », selon Paris, qui estime qu’elle illustre « la dérive préoccupante » des autorités burkinabè. Et la diplomatie française d’annoncer que les mesures de réciprocité sont en cours d’examen tout en appelant les ressortissants français au Faso à une « vigilance renforcée ».
C’est par un simple communiqué, assez laconique du reste, que la diplomatie française a réagi à la décision des autorités burkinabè de rompre les relations diplomatiques du pays avec la France.
Dans une déclaration, le porte-parole du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a annoncé que la France « regrette cette décision hostile et sans fondement qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè ». Selon le Quai d’Orsay, « les mesures de réciprocité qui s’imposent » sont en cours d’examen.
Dans la déclaration, la France a réitéré sa solidarité avec la population du Burkina Faso et a rappelé la densité des liens qui unissent les peuples des deux pays. « Les autorités françaises portent une attention particulière à la sécurité des personnels de l’État présents dans le pays et de la communauté française résidente au Burkina Faso », a annoncé le ministère français des Affaires étrangères, qui a appelé les ressortissants français au Faso à « une vigilance renforcée » dans ce contexte particulier.
Une rupture des relations diplomatiques qui suscite des inquiétudes pour les ressortissants des deux pays malgré les assurances de Ouaga et Paris
Dans le communiqué annonçant la décision de mettre fin aux relations diplomatiques du pays avec la France, les autorités burkinabè avaient pris soin de préciser que cette rupture « ne remet nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux » entre les deux peuples et qu'elle vise « exclusivement le cadre institutionnel ».
« Le Gouvernement rassure l’opinion nationale et internationale de sa volonté et de son engagement à assurer la protection des ressortissants auxquels il réaffirme son hospitalité ainsi que la préservation de leurs intérêts. Il invite l'ensemble des citoyens à faire preuve de responsabilité, de retenue et de civisme vis-à-vis des ressortissants français et de l’ensemble des expatriés vivant sur le sol burkinabè, dans le strict respect des lois de la République », ont assuré les autorités du Faso.
Pour rappel, le vendredi 26 juin, le gouvernement burkinabè avait annoncé la rupture, avec effet immédiat, des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la République française. Dans le communiqué lu dans un flash spécial de la télévision publique (RTB) par le ministre porte-parole Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, les autorités ont invoqué la dégradation des relations bilatérales et l'absence des conditions nécessaires à une coopération fondée sur « le respect mutuel, la souveraineté nationale et la non-ingérence dans les affaires intérieures ». Les autorités burkinabè ont principalement accusé l’ancienne puissance coloniale « d'activisme incessant » contre ses intérêts et de soutien à des « réseaux subversifs ».
Il faut dire que depuis l’arrivée au pouvoir du régime du capitaine Ibrahim Traoré, en 2022, les relations entre Ouagadougou et Paris ne sont pas au beau fixe, à l’instar de celles qu’entretient la France avec les autres pays de la Confédération AES, le Niger et le Mali.
A.Y.B (actuniger.com)


