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Des tirs ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi à Bouaké. Ce vendredi, des hommes en armes bloquent les accès situés au nord et au sud de la ville. Des tirs ont aussi été entendus à Korhogo et Daloa en fin de matinée.

Zeyna commission0

Les premiers tirs ont résonné vers 1h30 du matin vendredi 6 janvier, dans plusieurs camps militaires de Bouaké selon des sources sur place  contactées par Jeune Afrique.

Puis le mouvement s’est propagé à la préfecture de police et à des commissariats de la deuxième ville de Côte d’Ivoire. Les militaires se sont emparé d’armes et de véhicules, avant de se déployer sur les corridors Nord et Sud menant à Bouaké, relatent les mêmes sources. Selon un habitant, un hélicoptère de l’ONUCI a survolé deux fois la ville dans la matinée.

L’identité des éléments impliqués reste floue. Des autorités militaires officielles évoquent d’anciens soldats démobilisés. Ce que confirme une source militaire à Reuters. « La ville est sous le contrôle d’anciens [soldats] », selon elle.

Certains militaires évoquent, de leur côté, des éléments du 3e bataillon d’infanterie des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à Bouaké.

Un ex-membre de la rébellion présent sur place et contacté par Jeune Afrique confirme cette information et précise : « Ils ont effectué des tirs sporadiques en l’air à l’arme légère, non lourde, au niveau du 3e bataillon. Un groupe de militaires a ensuite fait sortir les policiers de la préfecture de police. Ils bloquent désormais les accès Nord et Sud mais dans la ville, la population circule et la situation est calme. »

Revendications financières

Les revendications seraient principalement d’ordre financier selon une source militaire. Les auteurs des tirs réclameraient le paiement des primes de leur passage à l’Ecomog, la Force armée de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Un autre élément serait à l’origine de leur colère : l’ouverture prochaine à Bouaké d’une cession du tribunal militaire, qui siège d’habitude à Abidjan.

Selon plusieurs sources, les contestataires disent agir au nom de 8 400 sergents et réclameraient 10 millions de F CFA chacun et une villa.

Bouaké a déjà été le théâtre de ce type de mouvement d’humeur en novembre 2014, de la part de soldats de 1ère et 2e classe. Ils réclamaient alors de l’avancement et de meilleures soldes, et avaient bloqué les principaux axes de l’ancienne capitale de la rébellion. Leur action avait abouti à leur reclassement au grade de caporal.

Des tirs entendus dans d’autres villes

Une réunion du Conseil national de sécurité (CNS) présidée par le président Alassane Ouattara se tenait à la mi-journée. Dans un message envoyé à ses ressortissants, l’ambassade de France a appelé à la vigilance et « recommandé d’éviter les déplacements à Bouaké, Korhogo et Daloa (…) suite à des mouvements de contestation au sein des forces armées ».

Jeune Afrique 

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