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Soixante-onze (71) soldats sont tombés sur le champ d’honneur, douze (12) ont été blessés et d’autres encore portés disparus, suite à l’attaque de la position militaire des Forces armées nigériennes (FAN), dans l’après-midi du mardi 10 décembre, a annoncé le Ministère de la Défense nationale. Dans un communiqué lu sur les ondes de télévision nationale, dans la soirée de ce mercredi, le ministère a indiqué les centaines de « terroristes » qui ont attaqué le poste avancé, sont arrivés en plusieurs colonnes composées de plusieurs dizaines de motos et de véhicules, dont des blindés, qui a donné. Ils ont donné l’assaut sur cette position militaire d’Inates, localité située à quelques kilomètres de la frontière malienne, dans la région de Tillabéri. Les combats ont été d’une rare violence et ont duré plusieurs heures et malgré la riposte énergique des soldats, le camp avait été hors de contrôle de l’armée, pendant plusieurs heures.
Le Ministère de la Défense a fait savoir que des dizaines de « terroristes » ont également été abattus, sans pour autant donner un chiffre précis. Les assaillants seraient venus d’un pays voisin, [le Mali, NDLR], et le renfort envoyé sur place a permis de reprendre le contrôle de la situation et d’engager des opérations de ratissage.
Etat d’urgence
C’est l’une des pires attaques qu’enregistrent le Niger depuis 2015, avec le début des attaques terroristes, et surtout la plus grosse perte pour l’armée nigérienne dans cette région frontalière du Mali. Le président Issoufou Mahamadou, chef suprême des armées, a écourté sa participation à la Conférence d’Assouan en Egypte, sur « la paix, la sécurité et le développement en Afrique », pour regagner Niamey, dans la soirée de ce mercredi. Selon un communiqué de son cabinet, il va présider un conseil national de sécurité, ce jeudi 12 décembre.
Cette attaque d’Inatès a provoqué un choc sans précédent au sein de l’opinion. Elle intervient dans un contexte sécuritaire qui ne cesse de se dégrader, malgré l’important dispositif sécuritaire déployé dans la région et la présence des forces militaires étrangères notamment françaises (Barkhane) et américaines.
Pour rappel, le lundi 9 décembre, une autre attaque avait visé le poste militaire d’Angando, près de Tillia, dans la région voisine de Tahoua, toujours à la frontière malienne. Elle s’est soldée par la mort de 3 soldats et 14 terroristes selon un communiqué du gouvernement. En juillet dernier, le camp militaire d’Inatès avait fait également l’objet d’une attaque terroriste, revendiqué par l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS), et qui a fait officiellement 18 victimes dans les rangs de l’armée nigérienne. Face à la dégradation de la situation, le gouvernement a décidé, à l’issue d’un conseil des ministres le mardi 10 décembre, de proroger pour une période de trois (3) mois, l’état d’urgence décrété depuis 2017 dans plusieurs départements des régions de Tillabéri et de Tahoua.
A.Y.B (actuniger.com)





