Télécommunications : après un contrôle de la qualité des réseaux mobiles à Niamey, l'ARCEP met les quatre opérateurs en demeure de corriger leurs insuffisances

À l'issue d'une campagne de contrôle menée du 10 avril au 13 mai 2026 à Niamey, l'Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP) a relevé plusieurs insuffisances affectant principalement la qualité des services de voix et d'Internet mobile proposés par les quatre opérateurs présents sur le marché. Face à ces manquements, le Conseil national de régulation a mis en demeure Celtel, Moov Africa, Niger Telecoms et Zamani Com de prendre les mesures nécessaires pour rétablir la conformité de leurs réseaux dans un délai d'un mois, sous peine de sanctions prévues par la réglementation.
L'annonce a été faite par la Directrice générale de l'ARCEP, Mme Moussa Zeinabou Seyni, à travers un communiqué rendu public à l'issue de cette mission de contrôle, qui visait à évaluer le respect, par les opérateurs mobiles, de leurs obligations réglementaires en matière de couverture des réseaux et de qualité des services offerts aux usagers.
Les vérifications ont été réalisées conformément aux dispositions de la Décision n°000012/ARCEP/CNRCEP/21 du 10 décembre 2021, qui fixe les indicateurs de performance ainsi que les seuils applicables aux opérateurs mobiles.
Après analyse et traitement des données recueillies sur le terrain, le constat dressé par le régulateur est clair : plusieurs indicateurs essentiels demeurent en deçà des exigences réglementaires, appelant des mesures correctives de la part des opérateurs concernés.
Voix et Internet mobile : les principales insuffisances relevées, une couverture réseau globalement conforme malgré les limites de Zamani Com en 4G
Les résultats de la campagne de contrôle menée par l'ARCEP révèlent que les principales insuffisances concernent la qualité des services de téléphonie vocale et les connexions Internet mobile chez l'ensemble des quatre opérateurs.
Ces écarts aux exigences réglementaires affectent directement la qualité des services proposés aux abonnés, notamment dans l'utilisation quotidienne des communications vocales et de l'Internet mobile.
En revanche, les services de messagerie SMS affichent des résultats conformes aux normes fixées par la réglementation. Les indicateurs évalués par le régulateur répondent aux seuils exigés, confirmant la bonne tenue de ce segment de service.
Concernant la couverture des réseaux mobiles, le constat est globalement satisfaisant. Les opérateurs respectent, dans l'ensemble, leurs obligations réglementaires en matière de couverture.
Une exception notable concerne toutefois Zamani Com, dont la couverture en technologie 4G demeure en dessous des seuils prescrits par la réglementation. Cette insuffisance constitue l'un des principaux points d'attention relevés par l'ARCEP au terme de sa mission de contrôle.
Mises en demeure : les opérateurs disposent d'un mois pour se conformer aux exigences de l'ARCEP
Dans le respect du principe du contradictoire, les résultats issus de la campagne de contrôle ont d'abord été transmis aux opérateurs concernés afin qu'ils puissent formuler leurs observations et apporter, le cas échéant, leurs éléments de réponse.
Après examen des différentes observations recueillies, les rapports définitifs ont été présentés au Conseil national de régulation des communications électroniques et de la poste (CNRCEP) lors de sa session tenue le 10 juin 2026.
À l'issue de ses délibérations, l'instance de régulation a décidé de mettre en demeure les quatre opérateurs de télécommunications de prendre toutes les dispositions nécessaires pour corriger les insuffisances relevées.
Celtel, Moov Africa, Niger Telecoms et Zamani Com disposent ainsi d'un délai d'un mois pour mettre en œuvre les actions techniques et opérationnelles indispensables afin d'améliorer durablement la qualité de leurs services et de se conformer pleinement aux exigences réglementaires.
Le gendarme des télécommunications rappelle que ces décisions s'inscrivent dans le cadre des prérogatives qui lui sont conférées par l'article 13 de la loi n°2018-47 portant création, organisation et fonctionnement de l'ARCEP, modifiée par les textes subséquents.
Cette disposition habilite l'Autorité à mettre en demeure les opérateurs qui ne respectent pas leurs obligations réglementaires.
À l'expiration du délai accordé, une nouvelle campagne d'évaluation sera menée à Niamey afin de mesurer l'efficacité des mesures correctives engagées par les opérateurs.
En cas de persistance des manquements constatés, l'ARCEP engagera les procédures prévues par les textes en vigueur, pouvant conduire à l'application des sanctions prévues par la réglementation.
Garantir des services plus performants aux consommateurs
À travers cette démarche, le gendarme des télécommunications réaffirme sa volonté de veiller au respect des obligations imposées aux opérateurs et de garantir aux consommateurs des services de communications électroniques répondant aux exigences de qualité, de disponibilité et de performance fixées par la réglementation nationale.
L'institution invite les opérateurs concernés à prendre toutes les dispositions nécessaires pour améliorer durablement la qualité de leurs réseaux et des services proposés aux usagers.
L'objectif affiché par l'ARCEP demeure de garantir aux abonnés des services plus fiables, plus performants et davantage conformes à leurs attentes, dans un environnement numérique en constante évolution.
Les décisions de mise en demeure prononcées à l'encontre des quatre opérateurs sont consultables sur le site officiel de l'ARCEP.



