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 Agadez remise tables banc education

À l’heure où le Niger, sous l’impulsion des nouvelles autorités, ambitionne de miser davantage sur ses propres ressources pour financer son développement, une expérience pilote menée dans quarante-quatre (44) communes des régions de Diffa, Tahoua et Agadez apporte un éclairage concret sur un levier encore largement sous-exploité : la fiscalité locale. Appuyée par l’UNICEF et conduite en étroite collaboration avec les services techniques de l’État et les collectivités territoriales (CTD), cette initiative a permis, en deux ans, d’identifier et de mobiliser davantage de ressources fiscales au niveau local et de les investir dans les secteurs sociaux de base. Ce qui a permis d’améliorer sensiblement les indicateurs socioéconomiques des collectivités décentralisées et d’impacter positivement le vécu quotidien des communautés à travers des réalisations concrètes au profit des populations, notamment dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’eau ou de l’assainissement. De Tabalak à Kornaka, d’Agadez à Mainé-Soroa ou de Bagaroua à Nguigmi, les résultats de l’expérience en parlent et plaident pour une mise à l’échelle nationale de cette approche qui permet d’impulser le développement par la base, en droite ligne avec les orientations nationales.

L’expérience pilote menée avec l’appui de l’UNICEF dans 44 communes du Niger, dans le cadre de l’appui à la mobilisation des ressources fiscales locales pour financer le développement local, s’inscrit parfaitement dans la dynamique des objectifs prioritaires du Programme de Refondation de la République (PRR), qui ambitionne de poser, d’ici 2029, les bases d’un développement endogène pour un Niger souverain, inclusif et sécurisé, financé à hauteur de 85 % par ses propres ressources publiques. Dans cette perspective, la mobilisation des recettes fiscales locales apparaît comme un chantier stratégique pour renforcer l’autonomie financière des collectivités territoriales et soutenir les investissements dans les secteurs sociaux essentiels.

Car si les communes nigériennes ont longtemps évolué avec des marges budgétaires limitées, dépendant en grande partie des transferts de l’État et de l’appui des partenaires techniques et financiers, les activités économiques présentes dans les territoires témoignent d’un potentiel souvent sous-estimé : agriculture, élevage, commerce, exploitation minière ou encore filières halieutiques.

L’enjeu n’est donc pas tant l’absence de richesse que la capacité à l’identifier, à la structurer et à la traduire en recettes fiscales locales. C’est précisément sur ce terrain qu’a porté l’initiative pilote mise en œuvre entre 2023 et 2025 dans les régions de Diffa, Tahoua et Agadez.

Initialement lancée dans 20 communes avant d’être progressivement étendue à 44 collectivités territoriales, l’approche repose sur une réponse simple à un défi complexe : pour mobiliser davantage de ressources, il faut mieux connaître le potentiel fiscal local. Les analyses menées dans les communes pilotes ont notamment permis d’identifier plusieurs gisements fiscaux encore peu exploités, parmi lesquels l’impôt synthétique appliqué aux activités économiques locales, la taxe professionnelle, les impôts sur les revenus locatifs et les baux d’habitation dans les communes urbaines, ainsi que les taxes municipales de voirie.

La mise à jour des bases de données fiscales et les opérations de recensement ont ainsi permis d’élargir l’assiette fiscale et de mieux identifier les contribuables. Dans certaines communes pilotes, les résultats ont même dépassé les attentes, avec des taux de mobilisation fiscale franchissant parfois la barre des 100 % des prévisions budgétaires.

 

Une approche basée sur le « contrat social »

Au cœur de cette stratégie se trouve un modèle innovant inspiré du contrat social. L’idée consiste à instaurer un dialogue permanent entre autorités locales, citoyens, opérateurs économiques et organisations communautaires autour d’un principe fondamental : la contribution fiscale doit se traduire par des investissements visibles et utiles pour la population.

Dans plusieurs communes pilotes, des cadres de redevabilité ont ainsi été mis en place pour favoriser la transparence dans la gestion des ressources et encourager l’adhésion des contribuables.

Les jeunes, les femmes, les commerçants, les agriculteurs, les éleveurs et les artisans ont été associés aux discussions, notamment lors des opérations de recensement fiscal et d’identification des activités économiques.

Cette participation citoyenne a joué un rôle déterminant dans l’acceptation de l’impôt local. Elle a également permis de transformer la relation entre les communes et leurs administrés : l’impôt n’est plus seulement perçu comme une contrainte, mais comme un levier de développement collectif.

Dans la commune rurale d’Aderbissinat, dans la région d’Agadez, cette démarche a reposé sur un travail méthodique de sensibilisation et de concertation avec les populations.

« Pour atteindre ces résultats, il fallait tout simplement passer par la sensibilisation de la population. Nous avons d’abord mené un important travail de sensibilisation, mais aussi de transparence dans la gestion des biens publics. Nous avons ensuite procédé au recensement fiscal et administratif avant d’aboutir à la mise en place d’un contrat social où toutes les différentes structures se sont engagées à accompagner ces efforts », explique Alasmagui Rosmane, administrateur délégué de la commune rurale d’Aderbissinat.

Alasmagui Rosmane

Selon lui, cette dynamique collective a permis d’obtenir des résultats encourageants. « C’est ainsi que nous sommes arrivés à ces résultats concluants. Le défi reste entier, mais l’objectif recherché à travers l’atelier national sur la mobilisation des ressources internes des collectivités territoriales est justement de réfléchir ensemble aux moyens de faire face à ces défis et d’améliorer les performances des communes », ajoute-t-il.

 

Diffa : forte progression de la mobilisation fiscale

Dans la région de Diffa, les résultats enregistrés dans plusieurs communes illustrent concrètement l’impact de la mobilisation des ressources fiscales locales.

Entre le 31 décembre 2023 et le 31 décembre 2025, les communes suivies dans le cadre du programme — Diffa, Maïné-Soroa, Nguigmi, Bosso, Goudoumaria et Ngourti — ont mobilisé plus de 857 millions de francs CFA à travers deux catégories fiscales majeures : l’impôt synthétique (IS) et l’impôt sur les revenus des baux et habitats (IRBH).

Dans certaines localités, les performances ont même dépassé les prévisions initiales.

La commune urbaine de Diffa, par exemple, a enregistré une progression remarquable de ses recettes issues de l’impôt synthétique, passant de 55 850 000 FCFA en 2023 à 240 488 250 FCFA en 2025, soit une augmentation de plus de 330 % en deux ans.

L’impôt sur les revenus des baux et habitats a également connu une forte progression dans les communes concernées. Les recettes sont passées de 22 991 020 FCFA en 2023 à 130 919 980 FCFA en 2025, une hausse significative liée notamment aux opérations de recensement fiscal et administratif menées en 2025.

Dans certaines communes, les recettes issues de cet impôt ont même doublé en une seule année, selon les données compilées à l’échelle régionale.

Pour Mahamadou Seyni, secrétaire général de la commune urbaine de Diffa, ces résultats s’expliquent avant tout par la confiance progressivement instaurée entre les autorités locales et les contribuables. « Ce qui explique la mobilisation de ces taxes, c’est surtout la confiance et la concertation avec les différents acteurs au niveau des communes. Nous avons mené de nombreuses actions de sensibilisation sur l’importance du paiement des taxes et organisé plusieurs réunions avec les acteurs locaux qui ont compris que les communes ne peuvent pas fonctionner sans ces ressources », explique-t-il. 

Selon lui, la clé du succès réside également dans la visibilité des investissements réalisés grâce aux recettes mobilisées.
« Nous avons mobilisé des ressources et nous les avons investies. Les investissements réalisés par les communes ont convaincu la population. Désormais, les citoyens savent que les taxes qu’ils paient sont utilisées pour leur propre développement », souligne-t-il.

Mahamadou Seyni

 

Des ressources fiscales mobilisées au profit des investissements sociaux

La mobilisation de ces ressources supplémentaires a permis aux communes de la région de Diffa de financer plusieurs investissements sociaux.

Dans le secteur de la santé, plus de 186 000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, ont bénéficié d’améliorations dans les centres de santé intégrés, notamment à travers l’achat de produits pharmaceutiques, l’appui aux maternités ou encore l’acquisition d’équipements.

Le secteur de l’éducation n’est pas en reste. La construction et la réhabilitation de salles de classe ont bénéficié à plus de 1 500 enfants et adolescents.

« Tous les centres de santé intégrés ont été dotés de médicaments. Nous avons construit des classes, sécurisé certains établissements menacés par le banditisme et engagé plusieurs projets d’infrastructures, notamment l’électrification de la ville et la construction d’une gare pour les gros porteurs afin d’éviter les stationnements anarchiques », précise le secrétaire général de la commune de Diffa. 

Pour lui, ces réalisations ont renforcé l’adhésion de la population à l’impôt local. « La population est aujourd’hui satisfaite de ce que nous faisons et cela nous encourage à poursuivre dans cette dynamique », conclut-il.

 

Tahoua : nette progression de la mobilisation des ressources communales

Dans la région de Tahoua, l’initiative pilote a également permis d’améliorer sensiblement la mobilisation des ressources communales.

Entre 2024 et 2025, plusieurs communes ont enregistré une nette progression de leurs performances de recouvrement.

À Tamaské, le taux de mobilisation des ressources est passé de 56,49 % en 2024 à 86,29 % en 2025, traduisant une amélioration importante de la collecte fiscale.

La commune de Bagaroua a également progressé, son taux de mobilisation passant de 45,76 % à 54,51 % sur la même période.

À Tabalak, le taux de recouvrement est passé de 38,37 % en 2024 à 66,44 % en 2025, confirmant la dynamique observée dans plusieurs communes de la région.


Ces résultats illustrent comment une meilleure mobilisation des ressources fiscales locales peut rapidement se traduire par des investissements concrets dans les services publics, contribuant ainsi à améliorer l’accès des populations aux services sociaux de base.

 

Agadez : progression notable des recettes communales

Dans la région d’Agadez, les données disponibles confirment également une dynamique positive dans la mobilisation des ressources communales.

Entre 2024 et 2025, les recettes locales ont enregistré une progression notable, notamment dans la commune urbaine d’Agadez et la commune rurale d’Aderbissinat.

Dans la commune urbaine d’Agadez, les recettes mobilisées sont passées de 603 396 087 FCFA en 2024 à 804 664 118 FCFA en 2025, soit une progression d’environ 33 % en une année.

Dans le même temps, les investissements communaux ont fortement augmenté, passant de 474 592 484 FCFA en 2024 à 912 307 306 FCFA en 2025, soit une hausse de 92 %.

Une part importante de ces ressources a été consacrée aux secteurs sociaux de base. En 2025, 37 % des recettes communales ont été réinvesties dans ces domaines, notamment dans l’éducation et l’assainissement.

Selon les données disponibles, l’éducation a bénéficié de la plus grande part des investissements, représentant 27 % des recettes communales, suivie par l’assainissement (9 %). Les autres investissements ont concerné la santé (4 %), ainsi que l’état civil et l’hydraulique (1 % chacun).

Ces investissements ont notamment permis la réhabilitation de salles de classe, l’équipement d’infrastructures éducatives et le renforcement de certains services sociaux de base.

Dans la commune rurale d’Aderbissinat, les progrès enregistrés témoignent également d’une amélioration de la mobilisation des ressources locales.

Les recettes communales y sont passées de 76 357 224 FCFA en 2024 à 88 000 700 FCFA en 2025, soit une progression d’environ 15 %.

Cette évolution s’explique en grande partie par le renforcement des taxes rémunératoires, notamment celles liées aux gares, aux parkings, aux carrières ou encore aux marchés de bétail.

Parallèlement, les investissements communaux ont connu une évolution significative, passant de 0 FCFA en 2024 à 56 368 163 FCFA en 2025.

Les dépenses sociales ont été particulièrement orientées vers l’éducation, qui a absorbé 75 % des investissements sociaux en 2025, devant l’état civil (23 %) et l’hydraulique et l’assainissement (2 %).

 

Un potentiel économique, source de ressources fiscales, encore largement sous-exploité

Les analyses réalisées dans le cadre de cette initiative ont également permis d’identifier plusieurs filières économiques à fort potentiel fiscal.

Dans la région de Diffa, la production de poivron — souvent appelée « l’or rouge » — représente près de 80 % de la production nationale et a généré plus de 26 milliards de FCFA entre 2022 et 2024.

La filière poisson autour du lac Tchad constitue également un levier important. En 2025, la production halieutique dans certaines zones de Diffa a atteint plus de 34 000 tonnes, pour une valeur estimée à 51 milliards de FCFA.

Dans la région de Tahoua, la filière oignon demeure l’un des moteurs agricoles du pays. Avec 24 486 hectares aménagés, elle a généré près de 143 milliards de FCFA lors de la campagne agricole 2024.

Quant à la région d’Agadez, le secteur minier représente un gisement fiscal majeur. Les activités d’orpaillage y ont généré près de 1,5 milliard de dollars en 2024.

 

Une expérience appelée à s’étendre davantage aux autres communes du pays

Fortes des résultats enregistrés dans les 44 communes pilotes, les autorités envisagent désormais d’étendre cette initiative à plus de 80 communes dès 2026. Cependant, plusieurs défis restent à relever. Le premier concerne la modernisation des systèmes d’information fiscaux au niveau communal. Dans de nombreuses collectivités, les bases de données fiscales restent encore peu structurées.

La digitalisation des données et la mise en place d’outils modernes de gestion apparaissent désormais comme une priorité.

Malgré ces défis, l’expérience pilote montre qu’une fiscalité locale mieux organisée peut devenir un levier puissant de développement territorial.

Dans un contexte où le Niger cherche à renforcer son autonomie financière, ces communes pionnières démontrent qu’une nouvelle approche de la gouvernance locale est possible : une approche fondée sur la transparence, la participation citoyenne et la valorisation des richesses locales.

Abdoulkarim Moumouni (actuniger.com)



Commentaires

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Ah oui.
4 mois ya
11 les tournesols .beauvallon .
Recherchons des Iraniens pour korramsars , paiement nature .
Annonce 66660 baisemonannusse.
La truie du quatar aime le train arrière.
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0
Ah oui.
4 mois ya
Infos / A La Une / Iran / Moyen-Orient / L’INFO EN CONTINU
Soutenir l’agression anti-Iran constitue une complicité dans la guerre : Pezeshkian dit à Macron
Monday, 09 March 2026 12:39 PM [ Last Update: Monday, 09 March 2026 12:39 PM ].
Boom macron.
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0
Boum ben grouillon
4 mois ya
AccueilActualités
La Biélorussie fournira 7 500 unités de matériel agricole au Togo et au Ghana
ECONOMIE
10.03.2026, 11:11.
Afrinz.ru mah ka sam , ortm , cgtn pour Issa Diawara.
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0
Boum ben grouillon
4 mois ya
Netanyahu Hit By Iranian Missile? Iranian Media Makes Bombshell Claim About 'Missing' Israeli PM
764 k vues · il y a 14 heures
#benjaminnetanyahu #netanyahu #iranisraelwar
...afficher plus

Times Of India
5,81 M

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Commentaires3,5 k
Ajoutez un commentaire…netaianiou is dead.boum.
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