Ramadan : l’Association Islamique du Niger et l’ONG Niger–Russie réunies autour d’un Iftar collectif

Samedi 28 février 2026, Niamey a servi de cadre à une rupture collective du jeûne aux accents à la fois spirituels et diplomatiques. Organisée dans les locaux de l’Association Islamique du Niger (AIN) à l’initiative de l’ONG Ensemble Main dans la Main Niger – Russie (EMMNR), en collaboration avec l’institution religieuse, la rencontre a rassemblé fidèles, responsables associatifs et partenaires russes. En ce mois sacré de Ramadan, l’événement a illustré, au-delà du rituel, la volonté affichée de consolider les liens entre le Niger et la Russie à travers des initiatives de proximité.
Lorsque le soleil a commencé à décliner sur Niamey, une attente presque silencieuse s’est installée dans la cour de l’Association Islamique du Niger. Les nattes étaient déjà étendues. Les dattes soigneusement disposées dans des assiettes. Les verres d’eau alignés à intervalles réguliers. On se saluait à voix basse, on échangeait quelques mots, en attendant l’appel à la prière.
En ce samedi 28 février 2026, la rupture collective du jeûne organisée à l’initiative de l’ONG Ensemble Main dans la Main Niger – Russie (EMMNR), en collaboration avec l’institution religieuse, avait rassemblé fidèles, responsables associatifs et partenaires russes. Un rendez-vous spirituel, certes. Mais aussi un moment chargé d’une portée plus large.
Un rendez-vous qui dépasse le simple rite
Lorsque l’adhan du Maghrib a retenti, le geste s’est fait simultané. Une datte, une gorgée d’eau, puis le recueillement. Les visages, marqués par la journée de jeûne, ont retrouvé peu à peu leur sérénité. La prière s’est élevée dans une cour désormais apaisée.
Ce n’était pas qu’un repas de rupture. C’était un espace de rencontre. Hommes, femmes et jeunes ont pris place côte à côte, dans une proximité que le Ramadan rend presque naturelle. Les conversations ont repris après la prière, simples, directes, parfois ponctuées de sourires discrets.
Parmi les personnalités présentes figurait Cheikh Djibril Soumaila Karanta, président de l’Association Islamique du Niger. À ses côtés, des responsables de l’EMMNR et des partenaires russes, venus témoigner d’une coopération qui, pour ses promoteurs, s’inscrit dans la durée.

« Qu’Allah facilite nos deux pays »
Prenant la parole à l’issue des prières, Cheikh Djibril Soumaila Karanta a replacé la rencontre dans son contexte spirituel, mais aussi symbolique.
« Nous avons fait la rupture collective du jeûne, nous avons fait des prières, des prêches, des douas pour que nos deux pays qui se sont mis ensemble main dans la main, qu’Allah leur facilite », a-t-il déclaré.

Dans l’assistance, les têtes ont acquiescé. Ici, la coopération ne se décline pas uniquement en termes institutionnels. Elle se vit dans des gestes simples, dans des initiatives de proximité, dans la volonté affichée de créer du lien au-delà des cadres officiels.
Une collaboration revendiquée comme durable
Pour M. Amadou Tidjani Mamann, représentant de l’ONG Ensemble Main dans la Main Niger – Russie, cette initiative n’a rien d’improvisé.
« Je pense que cette collaboration, ça n’a pas commencé d’aujourd’hui. Donc en ce mois béni, vraiment nous sommes très contents de cette rupture collective qu’on a pu faire ensemble ici avec les autres frères du Niger, la Russie et ainsi de suite », a-t-il expliqué.
Le message est clair : l’Iftar s’inscrit dans une continuité. L’ONG met en avant plusieurs actions sociales et humanitaires menées au fil des années, avec pour ambition de renforcer les liens entre les deux pays tout en répondant à des besoins concrets au sein des communautés.
Dans un contexte international marqué par des recompositions diplomatiques et de nouvelles alliances, ce type d’initiative donne un visage plus humain à des relations souvent perçues à travers le prisme stratégique.
« Une action vraiment bénéfique »
Du côté des participants, l’événement a surtout été vécu comme un moment de partage.
« C’est dans un mois béni, c’est une action vraiment bénéfique, une action qui a beaucoup de bienfaits dans ce mois de Ramadan », confie un fidèle, encore imprégné de l’atmosphère du lieu.
Au Niger, la rupture collective du jeûne conserve une dimension profondément sociale. Elle rappelle qu’en période de Ramadan, personne ne devrait rester seul. Partager une datte, un plat, une prière, c’est aussi affirmer une solidarité concrète.
Entre spiritualité et cohésion sociale
Au fil de la soirée, les échanges se sont prolongés autour des plateaux de nourriture. On parlait foi, mais aussi quotidien. Les défis économiques, les espoirs, les projets. La spiritualité, ici, ne se limitait pas au rituel ; elle s’exprimait dans les interactions, dans la manière de s’asseoir côte à côte, sans distinction.
L’initiative souligne le rôle central que jouent les organisations religieuses et associatives dans le tissu social nigérien. En période de Ramadan, leur capacité à rassembler prend une résonance particulière, dans un contexte où les équilibres restent fragiles.
En réaffirmant son engagement en faveur du soutien aux communautés, l’ONG Ensemble Main dans la Main Niger – Russie cherche ainsi à inscrire la coopération dans le quotidien, loin des seules déclarations officielles.
Au-delà d’une soirée
À Niamey, ce samedi soir, il n’était pas question de grands discours diplomatiques. Juste d’un appel à la prière, d’un repas partagé et d’invocations prononcées à l’unisson.
Parfois, les rapprochements entre États prennent racine dans des gestes simples. Autour d’une datte et d’un verre d’eau, le Niger et la Russie ont offert, le temps d’une soirée, l’image d’un lien qui se veut aussi humain que politique.




