Événements de Niamey : la Confédération AES dénonce une « trahison » et exprime sa solidarité aux institutions du Niger

Au lendemain des événements de Niamey, la Confédération des États du Sahel (AES) a réagi à travers un communiqué par le porte-parole des Gouvernements des États de la Confédération, le ministre porte-parole du gouvernement du Burkina, pays qui assure la présidence en exercice de l’organisation. Pour la Confédération, ces événements constituent une « trahison » menée par un groupe de soldats impliqués dans une entreprise de déstabilisation à travers des attaques ayant ciblé la base aérienne 101 et certains sites sensibles dans la ville de Niamey au cours de la nuit du 28 au 29 août 2026. La Confédération s’est félicitée de « la bravoure » et du « professionnalisme » des forces républicaines loyalistes, qui ont permis de mettre en échec cette nouvelle tentative de déstabilisation. Et l’AES d’exprimer son soutien et sa solidarité avec les institutions de la République du Niger tout en invitant les populations de l’espace confédéral sahélien à rester particulièrement vigilantes dans ces épreuves.
Dans le communiqué signé par le porte-parole des Gouvernements des États de la Confédération, le ministre burkinabé de la Communication et porte-parole du gouvernement du Burkina, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, la Confédération s’est dite « pleinement engagée et mobilisée » aux côtés du Niger, dont elle partage la détermination à poursuivre la lutte pour la souveraineté et la paix.
À cet effet, la Confédération AES a tenu à réaffirmer son soutien total aux institutions de la République du Niger tout en saluant « la loyauté, le courage et le sens du devoir des Forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes qui, fidèles à leur serment, ont fait face à cette mutinerie et contribué au rétablissement de l'ordre ».
Aussi, la Confédération a réaffirmé sa détermination à préserver l'unité, la cohésion et la stabilité de la Confédération avant d’inviter les populations du Burkina Faso, de la République du Mali et de la République du Niger à rester particulièrement « vigilantes face aux campagnes de désinformation, aux manipulations de l'opinion et aux tentatives de division susceptibles d'accompagner les entreprises de déstabilisation ».
La situation sous contrôle après une mutinerie dans les rangs de l’armée
Dans la nuit du vendredi au samedi dernier, aux environs de 00 h 20, la ville de Niamey a été secouée par de fortes détonations et d’intenses échanges de tirs à l’arme lourde. De violents combats qui ont opposé les forces loyalistes, notamment les éléments de la Garde présidentielle (GP), à d’autres forces régulières, dont des soldats des forces spéciales antiterroristes, « en rupture avec le règlement militaire », selon un communiqué diffusé samedi par le ministère de la Défense nationale.
Les combats ont été particulièrement intenses au niveau de certains quartiers de Niamey, dont celui qui abrite le Palais présidentiel, ainsi que la zone aéroportuaire qui abrite une base aérienne de l’armée nigérienne, ainsi que le QG des partenaires russes de l’Africa Corps et l’état-major de la Force unifiée de la Confédération AES (FU/CAES).
Selon les autorités nigériennes, « la prompte réaction » des forces de défense et de sécurité a permis de « circonscrire ce mouvement d’humeur » et de « reprendre progressivement le contrôle de ces sites ».
Dans la soirée du samedi 29 août, les soldats loyalistes, appuyés par les partenaires russes, sont finalement parvenus à prendre le contrôle de la base aérienne 101 de Niamey, où se sont retranchés les mutins.
Des dizaines de soldats belligérants ont été neutralisés et d’autres arrêtés, comme en témoignent les images diffusées sur la chaîne nationale.
Les autorités n’ont pas encore fourni le bilan des opérations et, bien que le calme soit revenu dans la capitale, la situation reste assez tendue avec les opérations de recherche qui se poursuivent. Les entrées et sorties de Niamey sont encore filtrées et plusieurs endroits stratégiques de la ville demeurent quadrillés par des soldats lourdement armés.
Comme la Confédération AES, plusieurs autres pays amis du Niger ont condamné ces événements, comme l’Algérie, le premier pays à afficher sa solidarité avec les autorités militaires du Niger. Dans un communiqué samedi, le ministère algérien des Affaires étrangères a indiqué avoir « suivi avec une extrême attention les événements, hautement regrettables et condamnables », survenus dans la capitale nigérienne. « Aussitôt qu’elle a pris connaissance de ces événements, l’Algérie a assuré les hautes autorités nigériennes de sa pleine solidarité et de son ferme soutien, en vue de surmonter cette épreuve et de favoriser le retour rapide à la stabilité dans ce pays frère », a indiqué le communiqué de la diplomatie algérienne dans lequel les autorités algériennes ont tenu à renouveler leur « ferme condamnation de tels actes, qui portent atteinte aux aspirations légitimes du peuple nigérien frère à la quiétude et au développement ».
La Turquie, autre partenaire du Niger, a également appelé à « la retenue » et espère un retour rapide au calme afin de préserver « la sécurité et la stabilité » du pays. Dans un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, Ankara a assuré qu’elle « continuera de faire preuve de solidarité avec le Niger et de soutenir le peuple nigérien ».
A.Y.B (actuniger.com)


