
Le bilan provisoire de l’attaque d’Ayorou est très lourd. Selon des informations que nous avons pu recueillir auprès de sources locales et recoupées avec des sources sécuritaires, au moins 11 éléments des FDS ont été tués ainsi que près de 20 blessés dont des cas très graves qui ont été évacués dans différents centres de soins de la région.
Parmi les soldats tombés sur le champ d’honneur, la plupart sont des gendarmes car comme en mai dernier, c’est encore le camp de gendarmerie situé en plein centre ville qui a été de nouveau ciblé par des individus lourdement.
Les assaillants ont également emportés une importante quantité de matériel militaire notamment des véhicules et des munitions.
C’est aux environs de 7H00 que l’attaque a débuté et les combats ont duré plusieurs heures afin que l’armée nigérienne parvienne à contenir l’assaut. Les assaillants ont également perdus des hommes et des blessés mais ont pu se replier. L’armée de l’air est entrée en action et une opération de ratissage est en cours enfin de stopper le retrait des assaillants qui se dirigeraient vers la frontière malienne située à quelques kilomètres.
Selon des informations exclusives d’Actuniger auprès de sources militaires et locales, des combats ont été signalés en milieu de journée près d’Inatès à la frontière malienne entre l’armée nigérienne et les assaillants qui ont été interceptés au cours de leur repli.
La région de Tillabéry a été placée depuis plusieurs mois en état d’urgence en raison notamment de l’opération militaire lancée par l’armée nigérienne pour nettoyer la zone qui est régulièrement ciblée par des attaques. Depuis le 4 octobre et l’embuscade tendue par des individus armés qui a fait une dizaine de morts dans les rangs des forces nigérienne et américaine, l’état d’alerte a été relevé et les patrouilles renforcées selon les autorités. Dans un entretien qu’il a accordé ce vendredi à RFI, le ministre de l’intérieur Bazoum Mohamed a même reconnu l’existence des failles dans le renseignement, ce qui expliqueraient en grande partie la facilité avec laquelle l’adversaire mène ses actions dans la zone.
Cette fois visiblement, les assaillants ont voulu narguer les forces militaires présentes sur le terrain notamment les FDS nigériennes et leurs partenaires français de l’opération Barkhane car c’est en début de matinée qu’ils ont attaqué et se sont repliés avec armes et bagages presque en plein jour !
De quoi amplifier la polémique au sein de l’opinion sur l’efficacité de la présence des forces étrangères sur le territoire national et susciter des inquiétudes sur l’efficacité de notre système actuel de défense et la stratégie militaire mise en œuvre. Malgré les efforts et l’ampleur des menaces sécuritaires, la persistance des attaques qui se soldent par la mort de soldats nigériens prouvent si besoin est qu’il y a des failles et des défaillances quelque part.
A.Y.Barma





