Issoufou Hama debout

Dans un long entretien qu’il a accordé à l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans sa double édition du 11 au 24 Août,  actuellement en kiosques, le président Issoufou Mahamadou a parlé de son ancien allié, l’opposant Hama Amadou. S’il s’est jusque-là défendu d’évoquer le cas du leader du MODEN Lumana, il a cette fois répondu à plusieurs questions concernant ce dernier. C’est ainsi que le président Issoufou a confirmé que  l’Etat du Niger a introduit plusieurs requêtes aux fins de l’extradition de l’opposant en exil Hama Amadou.

L’ancien allié du pouvoir et ex président du président de l’Assemblée nationale a été condamné par la justice nigérienne à un (1) an de prison dans le cadre de l’affaire dite des « bébés importés » ou « trafic d’enfants ». Interpellé puis incarcéré en 2016,  l’opposant conteste le procès ainsi que l’affaire qu’il qualifie de « cabale politique ». Candidat malheureux au second tour de l’élection présidentielle de 2016 face à Issoufou Mahamadou, Hama Amadou a décidé de porter l’affaire devant la Cour de justice de la CEDEAO, qui va rendre son verdict en octobre prochain. En exil depuis 2016, il a un temps résidé  à Paris en France, avant de s’établir dernièrement à Cotonou au Bénin d’où il mène ses activités politiques.

  « C’est exact, et cela est parfaitement logique dans le cadre d’un État de droit. Tous les pays au monde dont les citoyens ont été condamnés par leur propre justice pour des délits de droit commun formulent ce genre de requêtes. Cette démarche a également été faite auprès du Nigeria et de tous les pays avec lesquels le Niger a des accords d’extradition ». Mahamadou Issoufou.

Dans l’entretien qu’il a accordé à François Soudan, en marge de ses vacances à Dan Dadji en début du mois, le chef de l’Etat s’est également prononcé sur la situation juridique de son allié, et sa condamnation par la justice, qui le rend également inéligible pour les prochaines élections.

« Ce n’est pas une situation que j’ai souhaitée. Mais si quelqu’un est jugé coupable d’un acte délictueux par la justice et qu’il est condamné pour cela, je n’ai pas à intervenir. Celui dont vous parlez a été accusé de trafic de bébé, ce qui n’est pas rien. Ce n’est pas moi qui ait porté cette affaire devant les tribunaux, laquelle concerne ce monsieur mais aussi une vingtaine d’individus dont personne ne parle. La sentence a été prononcée. C’est peut-être regrettable mais, la justice au Niger, est indépendante ».

Enfin, toujours sur le cas de l’opposant et des prochaines échéances électorales, le président Issoufou a répondu à la question sur l’article 8 du Code électoral qui rend Hama Amadou, inéligible du fait de sa condamnation. « Là aussi, ce n’est pas moi qui ai introduit cette disposition, laquelle existe dans notre code depuis 1992, sans que celui dont vous parlez l’ait jamais contestée », a répondu le chef de l’Etat.

Ikali (Actuniger.com)