Niger : RSF donne des nouvelles de Moussa Kaka, « en vie et détenu par les autorités »
On en sait désormais un peu plus sur le sort du journaliste Moussa Kaka, le patron du groupe de presse privée Saraounia (RTS), porté disparu depuis quelques semaines déjà. Selon Reporters sans frontières (RSF), après des semaines de silence, les autorités nigériennes, à travers le ministre de la Justice, dans une allocution aux Nations unies, ont affirmé détenir Moussa Kaka. « Aucune autre information n’a été partagée sur son sort, sa situation, son lieu d’enfermement ou encore le motif et le fondement de sa détention », poursuit RSF, qui considère que Moussa Kaka demeure victime d’une disparition forcée. L’ONG a saisi l’occasion pour appeler instamment les autorités, « comptables de l’intégrité physique et psychique du journaliste », à mettre un terme à cette situation révoltante en le libérant immédiatement.

« Moussa Kaka est en vie », c’est ce que le ministre de la Justice et des Droits humains, Alio Daouda, a déclaré à RSF ce mardi 6 octobre, confirmant des propos tenus quelques jours auparavant, le 25 septembre, au cours de l’Examen périodique universel (EPU) du Niger devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, en Suisse. Dans un communiqué, RSF a précisé que le ministre nigérien répondait alors à une intervention d’un représentant de l’ONG Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO). Et selon la même source, le ministre a indiqué que le journaliste aurait « commis une infraction », précisant qu’il était « détenu » et allait « répondre devant les juridictions ».
Dans son communiqué, RSF rappelle que Moussa Kaka, directeur de la Radio Télévision Saraounia, est porté disparu depuis le 31 août 2026. Le journaliste et ancien correspondant de RFI au Niger, qui justifie de plus de 40 ans de carrière, a disparu deux jours après une mutinerie survenue dans plusieurs installations militaires à Niamey, la capitale nigérienne. Après avoir quitté son bureau, dans le quartier de Kalley Est, l’ancien correspondant de RSF devait rejoindre son domicile, situé dans le quartier de Lossogoungou. Il n’y est jamais arrivé et son véhicule personnel n’a pas été retrouvé.
« Cette déclaration du ministre de la Justice et des Droits humains lève le voile qui subsistait sur la disparition forcée de Moussa Kaka. En donnant une preuve de vie du journaliste, les autorités nigériennes confirment leur lien avec sa disparition depuis plus d’un mois. Elles n’ont, en revanche, partagé aucune information sur son lieu d’enfermement, ou encore le motif et le fondement de sa détention. RSF considère que Moussa Kaka reste victime d’une disparition forcée et appelle les autorités à mettre un terme à cette situation révoltante en le libérant immédiatement. » Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF
Une « disparition forcée » selon RSF
RSF a saisi l’occasion pour rappeler que l’arrestation par des agents de l’État suivie de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve constitue bel et bien une « disparition forcée » au sens de l’article 2 de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, que le Niger a ratifiée.
« La disparition forcée et la détention arbitraire de Moussa Kaka engagent la responsabilité des autorités nigériennes, qui se doivent d’immédiatement y mettre un terme », estime l’ONG internationale de protection des journalistes et de promotion de la liberté de la presse.
Selon RSF, le lundi 2 octobre, et à la suite d’une saisine, le 28 septembre, du groupe de travail des disparitions forcées ou involontaires des Nations unies, le Comité des disparitions forcées a intimé au Niger de clarifier immédiatement le sort de Moussa Kaka et le lieu où celui-ci se trouve. Le 16 septembre, RSF avait également saisi la rapporteuse spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, Ourveena Geereesha Topsy-Sonoo.
Actuniger.com





Commentaires
Selon le ministre
Au moment ou les criminels financiers et autres dorment tranquillement ,