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À l’instar du monde entier, le Niger a célébré, ce mercredi 19 août, l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’aide humanitaire (JMAH 2026). Cette année, la célébration a mis l’accent sur un enjeu essentiel : la protection des travailleurs humanitaires, qui œuvrent chaque jour, souvent dans des contextes difficiles, pour apporter assistance, protection et soutien aux communautés. À cette occasion, plusieurs activités ont marqué cette Journée, qui a réuni autorités, partenaires et représentants des communautés pour rendre hommage à toutes celles et ceux qui, malgré les défis et les risques, poursuivent leur mission au service des populations les plus vulnérables. Parce que protéger les travailleurs humanitaires, c’est protéger l’aide humanitaire, la Journée qui célèbre les visages de l’aide humanitaire a été aussi l’occasion pour les acteurs humanitaires de réaffirmer leur engagement aux côtés du gouvernement, des communautés et de l’ensemble des acteurs humanitaires pour promouvoir une action fondée sur la solidarité, la dignité, les droits et l’égalité.

Lorsqu’une crise frappe, l’aide commence souvent tout près : avec une femme, un homme, un volontaire, un acteur communautaire qui choisit d’être là pour les autres. Derrière chaque intervention, en effet, il y a des femmes et des hommes qui œuvrent pour que l’aide puisse atteindre celles et ceux qui en ont besoin.

De ce fait, protéger les travailleurs humanitaires, c’est protéger la capacité de l’aide à atteindre les enfants, les familles et les communautés.

C’est pour ces raisons que la célébration de l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, ce 19 août, a été placée sous le thème : « La protection des acteurs humanitaires ».

Au Niger, la célébration de la Journée dédiée aux acteurs humanitaires a été marquée par une série d’activités qui se sont déroulées, en grande pompe, au Centre International des Conférences Mahatma Gandhi de Niamey.

La cérémonie a été présidée par la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Pr Sidikou Ramatou Djermakoye, en présence de son homologue de la Santé et de l’Hygiène publique, le colonel-major Garba Hakimi, du gouverneur de la région de Niamey, ainsi que des responsables des agences du Système des Nations unies au Niger (SNU), des partenaires techniques et financiers, des agences humanitaires et des organisations de la société civile.

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Le Niger déterminé à offrir un environnement favorable à l’action humanitaire

Dans l’allocution officielle de lancement des activités qu’elle a prononcée à cette occasion, la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale a tenu, tout d’abord, à saluer la participation massive et importante des autorités, acteurs humanitaires et représentants des communautés à cette célébration, une présence qui témoigne non seulement de leur attachement aux idéaux humanitaires, mais également de leur engagement à soutenir une cause universelle qui transcende les frontières et les différences. Comme lors du message qu’elle a prononcé à la veille de l’événement, Pr Sidikou Ramatou Djermakoye a ensuite rappelé toute l’importance que revêt cette journée symbolique du sacrifice de femmes et d’hommes dévoués à apporter de l’aide aux personnes vulnérables, quelquefois au prix de leur propre vie. Il s’agit des acteurs humanitaires, très souvent sur la ligne de front dans les conflits ou en première ligne dans les crises humanitaires.

Cette année, a poursuivi la ministre, le thème de la Journée mondiale de l’aide humanitaire porte sur la protection des travailleurs humanitaires, un thème qui revêt toute son importance au regard des chiffres effarants de travailleurs humanitaires ayant perdu la vie entre 2025 et 2026 dans certaines parties du monde.

Au Niger, s’est-elle félicitée, nous sommes loin de ces extrémités. « Il est important de saluer le courage de ces femmes et de ces hommes qui se tiennent aux côtés des populations les plus vulnérables dans les moments les plus difficiles, contribuant ainsi à sauver leur vie, à préserver leur dignité et celle de leurs communautés sur le chemin du relèvement et du renforcement de leur résilience », a déclaré la ministre Sidikou Ramatou Djermakoye, pour qui c’est l’occasion de saluer et de réaffirmer « l’engagement du Gouvernement à continuer à œuvrer sans relâche pour rétablir la sécurité le long de nos frontières et dans l’ensemble du pays ».

À cet effet, a souligné la ministre, le Gouvernement du Niger, sous le leadership éclairé du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, et de M. Ali Mahaman Lamine Zeine, Premier Ministre, ne ménage aucun effort pour assurer la sécurité des populations, de leurs biens ainsi que celle des travailleurs humanitaires sur le territoire national. L’occasion pour la ministre de saluer la vision pleine de solidarité des plus Hautes Autorités du Niger pour les mesures courageuses d’escortes et la réduction du prix des hydrocarbures, sécurisant et facilitant ainsi la mobilité et l’efficacité des humanitaires.

 

Une action humanitaire axée sur l’engagement des communautés et alignée sur les priorités nationales

Dans son discours, la ministre Sidikou Ramatou Djermakoye n’a pas manqué d’aborder la question de la résilience à laquelle l’Alliance des États du Sahel (AES) travaille, depuis bientôt trois ans, pour l’élaboration d’une politique humanitaire commune. Elle a en ce sens évoqué la tenue de la deuxième édition du Forum humanitaire de l’AES, du 10 au 12 août 2026 à Ouagadougou, au Burkina Faso, et qui a été placée sous le thème : « De l’urgence à la résilience : vers un modèle d’action humanitaire intégré pour l’AES ». Pour la ministre, ce Forum humanitaire vise à repenser en profondeur l’action humanitaire afin qu’elle ne se limite plus à la seule gestion de l’urgence. « L’objectif étant pour les États membres de marquer leur volonté de renforcer leur coopération face aux défis humanitaires tout en accordant une place centrale à la résilience des communautés », a mis en avant la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.

En terminant son allocution, la ministre de la Population a souligné que la célébration de l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’aide humanitaire est donc « une opportunité pour faire appel à l’engagement de tous les acteurs à tous les niveaux en vue d’une action humanitaire axée sur l’engagement des communautés et alignée sur les priorités définies par le Gouvernement ». Et Pr Sidikou Ramatou Djermakoye de témoigner toute la gratitude des plus Hautes Autorités du pays à l’ensemble des acteurs humanitaires pour leur soutien aux efforts de l’État.

 

La protection des acteurs humanitaires, une responsabilité collective

Auparavant, M. Saturin EPIE, représentant de la Coordonnatrice humanitaire par intérim, Madame Djanabou Mahonde, représentante de l’UNICEF au Niger, a salué cette initiative qui constitue, chaque année, un moment de mémoire, de reconnaissance et de mobilisation. « Elle nous permet de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui, souvent dans des conditions difficiles et aux périls de leur sécurité, consacrent leur engagement à sauver des vies, à soulager les souffrances et à préserver la dignité des populations affectées par les crises », a-t-il mis en exergue.

Partout dans le monde, a fait remarquer M. Epié, les personnels humanitaires sont de plus en plus exposés à la violence, aux menaces, aux restrictions d’accès et aux risques liés à l’exercice de leurs missions. Pourtant, a-t-il déclaré, malgré ces dangers, ils continuent d’agir avec courage, humanité et dévouement. « Derrière chaque assistance alimentaire distribuée, chaque enfant vacciné, chaque famille relogée après une catastrophe, chaque femme ayant accès à des soins essentiels, il y a des travailleuses et des travailleurs humanitaires qui acceptent d’intervenir dans des contextes complexes afin que personne ne soit laissé de côté », a souligné M. Saturin EPIE, avant de marteler que « le personnel humanitaire ne doit jamais être pris pour cible » et que « sa protection n’est pas un privilège. Elle est une condition indispensable pour que l’aide puisse parvenir aux populations qui en ont le plus besoin ».

Soulignant que le Niger, comme plusieurs pays de la sous-région, fait face à des défis multiples, le représentant de la Coordonnatrice humanitaire a indiqué que, dans plusieurs régions du pays affectées par l’insécurité, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations dans un environnement marqué par d’importantes contraintes. « Les menaces sécuritaires et les restrictions d’accès réduisent notre capacité collective à assister les populations les plus vulnérables. Lorsque nous ne pouvons pas accéder aux communautés en toute sécurité, ce sont les femmes, les enfants, les personnes déplacées, les personnes âgées et les ménages les plus fragiles qui en subissent les conséquences les plus directes », a-t-il déploré.

À ces défis s’ajoutent les risques climatiques récurrents, notamment les inondations, qui peuvent aggraver la vulnérabilité des ménages déjà fragilisés. « Cette année, toutefois, leur impact a été relativement contenu dans plusieurs zones grâce aux mesures préventives et anticipatoires mises en place », s’est félicité M. EPIE, qui a cité, entre autres, les constructions et le renforcement des digues, le curage des caniveaux, les campagnes d’information et de sensibilisation auprès des populations riveraines et de celles vivant dans les zones inondables. Et les premiers résultats observés sont édifiants puisque, comparés à la même période de l’année précédente, ils ont démontré l’importance des actions anticipatoires et des investissements en matière de prévention. Il a saisi l’occasion pour saluer les efforts du gouvernement, des autorités locales, des communautés et de l’ensemble des partenaires engagés dans ces actions de préparation et de réduction des risques, ainsi que les initiatives des plus hautes autorités pour instaurer un climat de paix et de sécurité permettant à nos opérations de secours sur le terrain de se poursuivre malgré les défis et les contraintes.

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« Au Niger, les acteurs humanitaires continuent d’accompagner les communautés vulnérables affectées par les déplacements de populations, l’insécurité et les chocs climatiques. Ce travail n’est possible que si le personnel humanitaire peut exercer ses fonctions en toute sécurité et si l’accès humanitaire aux populations dans le besoin est respecté. La poursuite du dialogue et de la coopération entre les autorités nationales et locales, les communautés, les acteurs nationaux et les partenaires humanitaires demeurent donc essentiels pour renforcer une réponse efficace, coordonnée et durable. La protection des travailleurs humanitaires est toutefois une responsabilité partagée. Elle repose sur l’engagement de tous : les autorités nationales et locales, les communautés, les organisations humanitaires, les partenaires techniques et financiers, ainsi que l’ensemble des acteurs présents dans les zones d’intervention. C’est collectivement que nous devons veiller à ce que l’action humanitaire puisse être menée en toute sécurité, de manière impartiale, indépendante, neutre et conforme aux principes humanitaires », M. Saturin EPIE, représentant de la Coordonnatrice humanitaire par intérim.

 

Les partenaires engagés à accompagner l’État pour une aide humanitaire efficace au service des communautés

Au nom des partenaires techniques et financiers, M. Hans DE BLOCK a aussi pris la parole pour rappeler que cette journée est avant tout une occasion de rendre hommage à l’engagement quotidien de toutes celles et tous ceux qui, aux côtés des communautés, des autorités nationales, des collectivités territoriales et des partenaires, œuvrent pour préserver la dignité humaine, soulager les souffrances et soutenir les populations confrontées aux crises. « Cette journée nous invite également à exprimer notre solidarité envers les hommes, les femmes et les enfants affectés par les crises et à réaffirmer notre engagement commun en faveur de l’humanité, de la dignité et de la solidarité », a-t-il souligné, estimant que « dans un monde marqué par la multiplication des crises, des conflits, des déplacements de populations et des effets croissants du changement climatique, notre responsabilité collective est plus importante que jamais ».

Selon M. DE BLOCK, l’action humanitaire ne peut pleinement atteindre ses objectifs que lorsque les populations les plus vulnérables peuvent être atteintes de manière sûre, rapide et adaptée à leurs besoins. À cet égard, a-t-il mis en avant, la protection des populations civiles, la sécurité des travailleurs humanitaires, la participation active des communautés ainsi qu’une coordination étroite entre tous les acteurs demeurent fondamentales et constituent des conditions indispensables à une réponse humanitaire efficace.

Pour sa part, M. Djaffa Traoré, représentant des ONG nationales et internationales, a entamé son intervention par un vibrant hommage à toutes ces femmes et tous ces hommes qui ont donné leur vie dans l’accomplissement de leur mission humanitaire. « Leur dévouement sans limite et leur engagement en faveur de la dignité humaine demeurent une source d’inspiration pour nous tous. Leur mémoire nous oblige à poursuivre leur combat et à faire vivre les valeurs de solidarité, de compassion et de paix qu’ils ont incarnées », avant de s’appesantir sur le thème choisi pour cette édition.

« En protégeant celles et ceux qui apportent l’aide et l’assistance aux populations vulnérables, nous préservons la dignité humaine et garantissons que l’aide impartiale puisse atteindre ceux qui en ont le plus besoin, même dans les zones les plus difficiles d’accès », a plaidé M. TRAORÉ, pour qui, face aux contraintes sécuritaires et opérationnelles, renforcer la coordination et la complémentarité entre les acteurs est essentiel pour préserver ce qui compte avant tout : la vie humaine.

Dans cet esprit, il a réaffirmé l’attachement des acteurs à un accès humanitaire sûr, prévisible et coordonné. En ce sens, il a saisi l’occasion pour saluer « les efforts du Gouvernement et des Forces de Défense et de Sécurité pour la sécurisation du territoire et restons pleinement disponibles pour poursuivre un dialogue constructif avec l’État, dans le respect des politiques nationales et des principes humanitaires, afin que l’aide puisse continuer à atteindre celles et ceux qui en ont le plus besoin ».

Au nom des ONG nationales et internationales, M. Djaffa Traoré a également adressé sa profonde gratitude aux autorités nigériennes pour leur accompagnement institutionnel, leur écoute et leur dialogue constant, ainsi que sa reconnaissance aux travailleurs de terrain, aux organisations locales et aux communautés, dont l’engagement quotidien contribue, aux côtés de l’État et de ses partenaires, à préserver la dignité et la solidarité au Niger. Il a enfin tenu à exprimer sa profonde reconnaissance aux partenaires techniques et financiers, dont la confiance, la solidarité et l’engagement permettent de mobiliser des ressources essentielles en faveur des communautés. « Votre soutien est bien plus qu’un financement, il est un signe de confiance et d’espoir pour des milliers de personnes qui comptent sur notre solidarité », s’est félicité M. Traoré.

 

Des activités pour célébrer celles et ceux qui portent secours, parfois au prix de leur propre sécurité

Plusieurs autres activités ont marqué cette cérémonie de lancement de la célébration de la Journée, notamment la projection de la vidéo sur « L’impact des relais communautaires humanitaires dans la vie de leurs communautés », ainsi que la présentation à l’assistance d’un sketch intitulé : « Protégeons ceux qui protègent et assistent les populations », brillamment presté par les étudiants de l’Université A.D.U. de Niamey.

Du slam sur la thématique de la journée, déclamé par l’artiste Bachir Gentil, ainsi qu’une prestation de la chorale « Agir pour l’humanité » par les étudiants de l’A.D.U. ont également émerveillé l’assistance.

La cérémonie s’est poursuivie par une visite guidée des stands, conduite par la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Pr Sidikou Ramatou Djermakoye, en compagnie des autres officiels présents. Cette visite a permis de découvrir les missions des différents acteurs humanitaires ainsi que les réalisations concrètes issues de leurs interventions au profit des communautés sur le terrain.

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La cérémonie a ensuite pris fin par la signature symbolique du mur de solidarité par les officiels, avant l’ouverture de l’exposition au public, offrant ainsi aux visiteurs l’occasion de mieux découvrir les initiatives et les actions menées par les acteurs humanitaires au Niger.

La Journée mondiale de l’aide humanitaire (JMAH) est célébrée chaque 19 août pour honorer les travailleurs humanitaires. Pour rappel, le 19 août 2003, un attentat à la bombe à Bagdad a tué 22 travailleurs humanitaires, dont le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Irak. Cinq ans plus tard, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution désignant le 19 août comme la Journée mondiale de l’aide humanitaire. 

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Abdoulkarim (actuniger.com)

 



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