Opération « Tamisée » à Niamey : 331 interpellations et d’importantes saisies de stupéfiants

331 personnes interpellées, 25 conducteurs déclarés positifs à des substances psychoactives et d’importantes quantités de stupéfiants saisies : c’est le bilan de la septième opération d’envergure menée, le samedi 15 août 2026, par l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), en collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) regroupées au sein du Conseil Régional de Sécurité (CRS) de Niamey. Baptisée « Tamisée », soit « Hagay » en zarma et « Tankaday » en haoussa, l’opération a mobilisé les forces de sécurité sur les principaux axes d’entrée et de sortie de la capitale, dans ses cinq communes ainsi que sur les rives du fleuve Niger.
25 conducteurs contrôlés positifs
La première phase de l’opération a été consacrée au dépistage fixe et mobile des chauffeurs et usagers de la route sur les différents points de contrôle situés aux entrées et sorties de Niamey. L’accent a notamment été mis sur les conducteurs de moyens de transport en commun, dont les Faba-Faba, les tricycles et les taxis, avec pour objectif de détecter d’éventuels cas de conduite sous l’emprise de substances psychoactives.
Au total, 182 conducteurs routiers ont été soumis aux tests de dépistage. Les résultats ont révélé que 25 d’entre eux, soit 13,73 %, étaient positifs à la consommation de substances psychoactives.
Les substances détectées sont notamment le cannabis, le tramadol, l’ecstasy, la morphine et l’amphétamine. Les conducteurs concernés étaient au volant de différents types d’engins, parmi lesquels des Hiace, des camions, des taxis, des bus et des tricycles.
Pour les responsables de l’opération, ce volet revêt une importance particulière dans la mesure où la consommation de ces substances par des conducteurs constitue un risque direct pour leur sécurité, celle des passagers et celle des autres usagers de la route.
Les agents mobilisés pour cette phase ont, à cet effet, reçu des instructions fermes sur le respect des principes professionnels, la vigilance et la rigueur dans l'exécution de leur mission.
Descente dans les cinq communes
Dans l’après-midi, le dispositif a changé d’échelle avec le lancement simultané de l’opération coup de poing dans les cinq communes de Niamey et de la patrouille nautique sur les rives du fleuve Niger.
Sur le terrain, les équipes de l’OCRTIS et des FDS ont investi plusieurs artères et zones ciblées de la capitale dans le cadre de cette opération destinée à rechercher les personnes impliquées dans des activités liées à la consommation ou au trafic de stupéfiants, mais également à identifier d’autres infractions relevant de la compétence des forces de sécurité.
Cette intervention terrestre a abouti à l’interpellation de 306 personnes, parmi lesquelles 266 hommes, 15 femmes et 25 mineurs.
Toutes les personnes interpellées n'étant pas liées à des faits de drogue, leur prise en charge a été effectuée en fonction de la nature des infractions constatées. Ainsi, 49 personnes, dont une femme et trois mineurs, ont été conduites à l’OCRTIS pour des faits liés à la drogue. Les 257 autres, dont 14 femmes et 22 mineurs, ont été mises à la disposition d’autres unités d’enquête pour des infractions relevant de leur compétence.
Plus de 11 000 comprimés saisis
L’opération a également permis aux forces engagées de mettre la main sur d’importantes quantités de produits suspects et de stupéfiants.
Les saisies comprennent notamment 10 500 comprimés de benzhexol et 532 comprimés de tramadol, auxquels s’ajoutent cinq boules de cannabis, 11 cornets et quatre joints de cannabis.
Les agents ont également saisi 17 motos, ainsi que divers autres produits et matériels, dont deux paquets de produits destinés à la chicha, deux dispositifs de consommation de chicha, un sachet de poudre dont la nature reste à déterminer et des produits pharmaceutiques.
La liste des objets saisis comprend également un poste téléviseur, deux jacks-potes et un instrument de musique traditionnelle.
Ces saisies viennent compléter le volet répressif de l’opération et donnent une indication sur la diversité des produits et matériels retrouvés au cours des interventions.
Le fleuve Niger également sous surveillance
Le dispositif de « Tamisée » ne s’est pas limité aux zones terrestres. Une patrouille nautique a été engagée sur les rives du fleuve Niger afin d’étendre les contrôles aux personnes et moyens de déplacement présents dans cet espace.
Cette troisième phase a permis d’interpeller neuf personnes pour consommation de drogue et 34 autres pour vérification d’identité. Les équipes ont par ailleurs contrôlé 43 personnes, quatre pirogues et quatre motos.
Cette présence sur le fleuve répond à la volonté des services de sécurité de ne laisser aucun espace à l’écart du dispositif de contrôle déployé dans la capitale.
Une opération à plusieurs objectifs
Au terme des trois phases, le bilan global fait état de 331 personnes interpellées, dont 291 hommes, 13 femmes et 27 mineurs.
Pour l’OCRTIS, cette opération s’inscrit dans la continuité des actions engagées pour renforcer la lutte contre le trafic et la consommation de stupéfiants à Niamey. Elle vise également à agir sur les zones identifiées comme criminogènes et à perturber les circuits qui favorisent la circulation des drogues et autres substances illicites.
Avec cette septième opération, les services de sécurité entendent ainsi maintenir la pression sur les réseaux et les points de consommation, tout en renforçant les contrôles sur les axes routiers et les espaces fluviaux.
L’opération « Tamisée » traduit, en définitive, une approche qui ne se limite plus à la seule saisie de stupéfiants : elle combine dépistage routier, interventions ciblées, contrôle des zones sensibles et surveillance du fleuve, avec l’objectif affiché d’assainir progressivement les différents espaces criminogènes de la capitale.


