81e anniversaire des Nations Unies : à Niamey, une célébration sous le signe d’un engagement renouvelé en faveur d’un avenir plus prospère, inclusif et durable
À l’instar de la communauté internationale, le Niger a célébré, dans une atmosphère de convivialité et de partage, le 81e anniversaire des Nations Unies, placé sous le thème : « 81 ans, une ONU qui se transforme avec et pour les générations futures ». À cette occasion, le Gouvernement du Niger, les agences, fonds et programmes du Système des Nations Unies (SNU-Niger), ainsi que leurs partenaires, se sont réunis, samedi 24 octobre, dans les Jardins des Nations Unies, à Niamey, pour commémorer cette journée symbolique et rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui, au quotidien, œuvrent pour les autres et dont certains ont donné leur vie au service de l’humanité. L’événement a servi de cadre pour rappeler l’engagement pris, le 24 octobre 1945, date de l’entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies, par les dirigeants du monde : préserver la paix, protéger les droits humains et promouvoir le progrès social. L’occasion également de célébrer l’excellence des relations entre le Niger, membre des Nations Unies depuis le 20 septembre 1960, et l’Organisation. Une histoire de solidarité, d’espoir et de résilience, portée par une même ambition : construire ensemble un avenir plus solidaire et durable. La journée portes ouvertes, qui a mis en lumière les réalisations et les contributions des Nations Unies au développement du Niger et qui a été organisée en marge de l’événement, a d’ailleurs permis de retracer ces 66 années de partenariat et d’engagement aux côtés du peuple nigérien dans des domaines essentiels tels que l’éducation, la santé, la protection, la sécurité alimentaire, l’environnement et le développement durable.
Du beau monde, de l’ambiance, du rythme et surtout beaucoup d’émotions, samedi 24 octobre 2026, dans les jardins verdoyants de la Maison des Nations Unies de Niamey. À l’occasion de la célébration du 81e anniversaire de l’ONU, la famille des Nations Unies s’est réunie autour de SEM Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, et de Madame Djanabou Mahondé, coordinatrice par intérim du Système des Nations Unies au Niger, pour marquer l’événement. On notait à cette occasion la présence de membres du gouvernement, de responsables d’institutions de la République ainsi que de chefs d’agences des Nations Unies, de nombreux ambassadeurs, de partenaires techniques et financiers, ainsi que d’acteurs de la société civile et de représentants des communautés. Pour joindre l’utile à l’agréable, la célébration a été marquée par la participation remarquable de deux artistes engagés dans des actions de plaidoyer, le Burkinabè Smarty et la Sénégalaise Coumba Gawlo, ainsi que par la prestation d’artistes nigériens.
Rythmée par des prestations artistiques, la cérémonie a été ponctuée de plusieurs allocutions, avant que la série d’activités ne se poursuive au Village des Nations Unies, un espace d’exposition où les agences du Système des Nations Unies présentes au Niger ont pu présenter au public leurs actions et les résultats de leur travail au service des populations.
Une coopération davantage alignée sur les priorités nationales
Dans son allocution officielle de lancement des activités de commémoration de la Journée des Nations Unies 2026 au Niger, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, SEM Bakary Yaou Sangaré, a rappelé que la célébration des 81 ans des Nations Unies coïncide avec 66 années de partenariat entre l’Organisation et le Niger. Il a insisté sur la nécessité d’évaluer cette coopération à l’aune de ses effets réels sur les conditions de vie des populations, plutôt qu’au nombre de projets et d’initiatives engagés.
Le chef de la diplomatie nigérienne a replacé cette exigence dans le contexte de la refondation conduite sous l’autorité du général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la République, chef de l’État. Il a appelé les partenaires du Niger à inscrire leurs interventions dans les orientations nationales, articulées autour de quatre axes : la sécurité et la cohésion sociale, la bonne gouvernance, les bases de la productivité et la réforme sociale.
« Ce que nous attendons des partenaires, en général, et des Nations Unies en particulier, c’est l’alignement de leurs activités sur le programme de la refondation », a déclaré SEM Bakary Yaou Sangaré.
Pour le ministre, cet alignement doit favoriser une action mieux coordonnée, davantage en phase avec les besoins exprimés par les communautés et les priorités définies par le pays. L’enjeu est de faire converger les interventions des partenaires vers des objectifs communs, plutôt que de multiplier des initiatives insuffisamment articulées entre elles.
Dans cette perspective, le gouvernement et le Système des Nations Unies ont convenu de quatre programmes phares conjoints couvrant plusieurs domaines prioritaires : la souveraineté alimentaire et la résilience des communautés ; l’éducation, la formation professionnelle et le développement du capital humain ; l’employabilité et l’autonomisation des jeunes et des femmes ; ainsi que le renforcement de la gouvernance socio-économique.
Les autorités nigériennes assurent suivre la mise en œuvre de ces programmes et les premiers résultats enregistrés, avec l’ambition de voir les populations bénéficier de réponses concrètes à leurs préoccupations. SEM Bakary Yaou Sangaré a résumé cette exigence en prenant pour repères l’amélioration des services essentiels et les perspectives offertes aux citoyens.
« La coopération que nous menons avec les Nations Unies ne se mesure pas par le nombre des initiatives engagées, mais par des écoles qui fonctionnent mieux, des centres de santé plus proches de la population, des femmes plus autonomes et des jeunes mieux engagés pour participer au développement de leur pays », a souligné le ministre.
À la suite du lancement officiel des activités de commémoration de la Journée des Nations Unies 2026 au Niger par SEM Bakary Yaou Sangaré, les autorités et les invités ont levé leurs verres pour célébrer l’amitié et réaffirmer leur attachement à la coopération et au partenariat entre le Niger et les Nations Unies.
Portes ouvertes : un exercice de redevabilité et de proximité
La journée portes ouvertes et le Village des Nations Unies ont constitué l’un des temps forts de cette célébration. À travers les stands des différentes agences, la présentation des programmes et les échanges avec leurs équipes, les visiteurs ont pu découvrir les domaines d’intervention du système onusien et les résultats présentés dans le cadre de ses activités au Niger.
Pour SEM Bakary Yaou Sangaré, ces espaces ne doivent pas se limiter à une vitrine institutionnelle. Ils constituent également une occasion de rendre compte des actions menées, d’examiner les résultats obtenus et de permettre aux citoyens d’interroger directement les acteurs chargés de la mise en œuvre des programmes.
Le ministre a salué la place accordée aux jeunes et aux femmes, soulignant que leurs préoccupations et leurs ambitions doivent être prises en compte aussi bien dans la conception que dans la mise en œuvre des initiatives de développement.
Le chef de la diplomatie nigérienne a par ailleurs réaffirmé l’attachement du Niger au multilatéralisme, tout en plaidant pour un système international plus équitable et inclusif, respectueux de la souveraineté des États et de leurs choix en matière de priorités nationales.
Évoquant l’évolution de la coopération depuis le 26 juillet 2023, SEM Bakary Yaou Sangaré a fait état des difficultés rencontrées lors des premières discussions sur l’alignement des interventions des Nations Unies. Il a notamment mentionné la mise en place d’un mécanisme de travail destiné à améliorer la coordination et à mieux organiser les interventions des différentes agences.
Le ministre des Affaires étrangères a également salué la qualité de la collaboration actuelle avec les responsables des agences onusiennes présents au Niger. Il a rendu un hommage particulier à la coordinatrice résidente par intérim, qu’il a remerciée pour ses déplacements à travers le territoire national, y voyant un témoignage de confiance dans le dispositif nigérien de défense et de sécurité.
En conclusion de son intervention, SEM Bakary Yaou Sangaré a réaffirmé la disponibilité du gouvernement à poursuivre un dialogue franc et constructif avec le Système des Nations Unies, afin de renforcer la coordination et de mieux orienter les interventions vers les priorités nationales.
Les Nations Unies plaident pour des résultats tangibles au bénéfice des populations
Prenant la parole au nom du Système des Nations Unies au Niger, Djanabou Mahondé, coordinatrice résidente par intérim, a rappelé que le 81e anniversaire de l’Organisation constitue à la fois un moment de bilan et une occasion de renouveler les engagements face aux défis mondiaux. Placée sous le thème « 81 ans, une ONU qui se transforme avec et pour les générations futures », cette commémoration souligne la nécessité pour l’Organisation de s’adapter aux réalités des populations et de renforcer l’efficacité de son action.
La responsable onusienne a cité les conflits, la crise climatique, l’aggravation des inégalités et les mutations technologiques parmi les défis qui rendent indispensables le dialogue, la coopération et la solidarité internationales.
Au Niger, a insisté Djanabou Mahondé, le partenariat avec les Nations Unies ne saurait se réduire à une succession de projets, de budgets ou de rapports. Il doit se traduire par des changements tangibles dans la vie des populations, un renforcement des capacités nationales et un accompagnement des communautés confrontées à de multiples difficultés.
Évoquant ses déplacements à travers le pays, la coordinatrice résidente par intérim a raconté ses rencontres avec des autorités locales, des femmes, des hommes, des jeunes et des enfants. Elle a salué leur dignité, leur résilience et leur volonté de contribuer à la recherche de solutions, tout en mettant en garde contre le risque de considérer cette résilience comme une raison de banaliser les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
« Derrière chaque statistique se trouve une personne. Derrière chaque programme, une espérance. Derrière chaque projet, un espoir. Et derrière chaque résultat, une responsabilité collective », a déclaré Djanabou Mahondé.
La responsable des Nations Unies a appelé à placer les populations au centre de l’action collective, en accordant davantage de place à leurs expériences, à leurs connaissances et à leur capacité à proposer des solutions. Le principe consistant à ne laisser personne de côté doit, selon elle, se traduire par une attention particulière aux personnes éloignées des services essentiels, aux groupes exposés aux inégalités et aux personnes en situation de handicap.
La jeunesse occupe également une place déterminante dans cette approche. Pour Djanabou Mahondé, les jeunes Nigériens ne doivent pas être considérés uniquement comme des bénéficiaires des programmes, mais aussi comme des partenaires, des innovateurs et des acteurs du changement. Leur participation est essentielle aux efforts en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du développement durable.
La coordinatrice résidente par intérim a enfin évoqué les réformes engagées au sein des Nations Unies, notamment à travers l’initiative UN80 et les orientations UN 2.0. Celles-ci visent à renforcer l’agilité du système, à mieux mobiliser les données et le numérique, et à donner une place accrue à l’innovation afin d’améliorer l’efficacité de l’action onusienne.
Les artistes Smarty et Coumba Gawlo mobilisent leur notoriété pour les droits des enfants et des femmes
La célébration a également été marquée par la participation de deux artistes engagés dans des actions de plaidoyer, le Burkinabè Smarty et la Sénégalaise Coumba Gawlo. Tous deux ont mis leur notoriété au service de messages portant sur les droits humains, l’éducation, l’autonomisation des femmes et l’avenir des enfants.
Ambassadeur national de bonne volonté de l’UNICEF au Burkina Faso depuis six ans, Smarty a insisté sur la responsabilité collective envers les générations futures, notamment sur la nécessité de laisser aux enfants un environnement sain et des conditions favorables à leur épanouissement. « Quand on a décidé d’être artiste, on s’est engagé dans le but d’être utile », a-t-il expliqué, évoquant son engagement auprès de l’UNICEF en faveur de l’accès des enfants à la santé, à l’éducation et aux conditions nécessaires à leur développement.
L’artiste a également consacré une partie de son intervention aux droits des femmes. À travers une prestation musicale qui leur était dédiée, il a défendu leur dignité, leur autonomie et leur accès au savoir, tout en encourageant les jeunes filles à poursuivre leurs études et à développer leurs compétences.
De son côté, Coumba Gawlo a salué les 66 années de coopération entre le Niger et les Nations Unies, notamment dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, de la solidarité et de l’assistance aux populations. Engagée auprès de plusieurs organisations internationales, elle a présenté les principaux axes de son action : l’autonomisation des femmes, l’entrepreneuriat féminin, la lutte contre le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.
Elle a particulièrement insisté sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école, qu’elle considère comme des conditions essentielles au développement du continent africain. Les mariages précoces, les difficultés économiques des familles et les responsabilités domestiques imposées aux filles figurent, selon elle, parmi les obstacles qui compromettent encore leur parcours scolaire. « L’éducation est un droit inaliénable. Chaque enfant y a droit, et particulièrement les filles », a-t-elle rappelé, appelant les parents à soutenir la scolarisation de leurs filles et à leur donner les moyens de construire leur avenir.
Dans le cadre de ses activités de plaidoyer, l’artiste a expliqué mobiliser sa notoriété et son expérience pour sensibiliser les parents, les responsables communautaires, les guides religieux et les communicateurs traditionnels à l’importance de l’éducation des filles. Elle a également indiqué être présente à Niamey à la suite d’une invitation du chef de l’État pour des échanges sur le développement, la lutte contre la pauvreté et l’autonomisation des femmes.
Les jeunes associés à la commémoration
La célébration a également donné la parole aux étudiants à travers un jeu de questions-réponses consacré aux Nations Unies et à leurs missions. Animée par Halima Tankari, associée en communication au Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), cette séquence a permis aux participants de tester leurs connaissances sur le rôle et les interventions du système onusien au Niger. Les réponses ont été récompensées par des cadeaux remis par les officiels présents.
Les visiteurs ont ensuite pu parcourir les stands des différentes agences pour s’informer sur leurs mandats, leurs initiatives et les résultats présentés dans le cadre de leurs interventions au Niger. Des intermèdes musicaux assurés par des étudiants de l’ADU ont ponctué la cérémonie.
Au terme de la célébration des 81 ans des Nations Unies, le Niger et l’Organisation ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coopération, avec une exigence commune : mieux aligner les interventions sur les priorités nationales et répondre plus efficacement aux besoins des populations. Après 66 ans de partenariat, l’accent est mis sur des résultats concrets, notamment dans l’accès aux services essentiels, la formation, l’autonomisation économique et le renforcement des capacités nationales.
Abdoulkarim Moumouni (actuniger.com)












