Niger : l’avocat Me Lirwana condamné à un an d’emprisonnement et deux millions FCFA d’amende

Le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey a rendu, ce mardi 10 octobre, son jugement dans l'affaire de Me Lirwana Abdourahmane. Le Tribunal a déclaré l’avocat coupable et l'a condamné à un (01) an d'emprisonnement ferme ainsi qu’à 2 000 000 FCFA d'amende. Interpellé et placé sous mandat de dépôt le 22 septembre 2026, il était poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public » à la suite d'une publication sur les réseaux sociaux. Lors de l'audience du 06 octobre dernier, le ministère public avait requis cinq (05) ans de prison ferme et cinq (05) millions d'amende contre l’avocat, en se fondant sur les dispositions de l'article 31 de la loi relative à la cybercriminalité. Cette décision du Tribunal est susceptible de voies de recours (appel), conformément aux lois en vigueur au Niger.

Ce n’est certainement que le début d’un feuilleton judiciaire qui s’annonce long au regard de l’armée d’avocats qui s’est constituée autour de leur confrère, Me Abdourahamane Lirwana, qui vient de connaître son sort, en première instance, dans l’affaire qui l’oppose au ministère public. Selon nos informations, indépendamment de cette condamnation, son conseil a déjà saisi la Cour d’appel pour contester la régularité de la procédure et la décision est attendue pour le 28 octobre prochain.
Ce mardi 13 octobre, le Tribunal de grande instance hors classe (TGI/HC) de Niamey a rendu son verdict, dans lequel il a reconnu l’avocat coupable des faits de « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », à la suite d’une publication sur les réseaux sociaux.
Me Lirwana a été condamné par le Tribunal à un (01) an d'emprisonnement ferme ainsi qu’à 2 000 000 FCFA d'amende.
La décision du Tribunal de Niamey est susceptible de voies de recours, conformément aux lois en vigueur au Niger, et ses avocats feront certainement appel du jugement.
Dans son verdict, le Tribunal s’est montré plus clément que le procureur de la République. Lors de l'audience du 06 octobre dernier, le ministère public avait, en effet, requis cinq (05) ans de prison ferme et cinq (05) millions d'amende contre l’avocat, en se fondant sur les dispositions de l'article 31 de la loi relative à la cybercriminalité.
Me Lirwana, une nouvelle victime de la loi sur la cybercriminalité
Pour rappel, l’avocat et activiste Me Lirwana Abdourahamane a été placé en détention à la maison d’arrêt de Niamey, le mardi 22 septembre 2026, après sa présentation au Tribunal de grande instance hors classe de Niamey. La veille, le 21 septembre, il avait été auditionné et placé en garde à vue au pôle de lutte contre la cybercriminalité de la Police judiciaire (PJ). Poursuivi et inculpé pour « publication de données de nature à troubler l’ordre public », à la suite de posts sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, sur lequel il est très actif et critique envers le régime en place, l’avocat risquait jusqu’à cinq (05) ans de prison en vertu des dispositions de la loi sur la cybercriminalité.
C’est donc le retour à la case prison, et pour un temps, pour Me Lirwana, avocat et activiste, défenseur des droits humains comme il se définit lui-même. Très connu des milieux judiciaires nigériens, mais aussi de la scène nationale pour ses différentes prises de position, il n’en est pas à son premier passage en prison. Sous les régimes précédents, il avait déjà eu maille avec la justice pour diverses raisons qui lui ont valu des mois de détention, notamment à Daikaina, près de Tillabéri.
Cette fois, c’est pour des publications sur les réseaux sociaux que l’avocat de l’ancien président Mahamane Ousmane, challenger au second tour de la dernière élection présidentielle de 2021, qui a porté Bazoum Mohamed au pouvoir, va s’expliquer avec la justice.
Ces derniers temps, il est devenu très critique envers la gouvernance des autorités de la Refondation (CNSP). Particulièrement actif et même prolifique sur les réseaux sociaux, ses récentes prises de position, notamment des posts sur Facebook relatifs aux derniers événements de l’actualité nationale, ont beaucoup défrayé la chronique, engendrant parfois une vive polémique.
Me Lirwana devient ainsi la nouvelle victime sur la longue liste de ceux qui ont payé le prix fort pour leur activisme sur les réseaux sociaux, en vertu des dispositions de la nouvelle loi n° 2024-28 du 7 juin 2024, adoptée par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), portant sur la répression de la cybercriminalité.
En effet, l’article 31 de la loi stipule qu’« est puni d’une peine d’emprisonnement de deux (2) ans à cinq (5) ans et d’une amende de deux (2) à cinq (5) millions de FCFA quiconque met à disposition d’autrui ou diffuse des données de nature à troubler l’ordre public ou à porter atteinte à la dignité humaine par le biais d’un moyen électronique ». Des dispositions que les défenseurs des droits humains jugent « liberticides », d’autant que la loi ne précise nullement les notions clés de « trouble à l’ordre public » et d’« atteinte à la dignité humaine ». D’autant que, selon la même loi, « l’infraction est constituée même lorsque les données produites et diffusées sont avérées ».
A. Y. Barma (actuniger.com)




Commentaires
Pourquoi alors perdre du temps et faire semblant? Pourquoi même une audience? Le « juge » aurait pu simplement envoyer un courrier à la prison civile de Niamey.
Le deuxième est ib avec 400000 tonne , le 3 ème Assimi avec 10000000 tonne.
Cela justifie un rail route herbes à arbre Togo Abidjan Ségou saint Petersbourg.
AccueilActualités
Le dialogue russo-africain sur les matières premières contribuera à la préparation du troisième sommet — Sergueï Lavrov
POLITIQUE
13.10.2026, 11:33