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Les autorités du Niger doivent immédiatement libérer trois activistes de la société civile arbitrairement arrêtés, et mettre fin aux intimidations des défenseurs des droits humains, a déclaré Amnesty International à la veille de l’ouverture de leur procès. 

Les activistes Abass Abdoul Aziz Tanko, Abdoulaye Harouna, Djibo Issa devait etre jugés ce 10 novembre à Niamey la capitale, après leur arrestation le 30 octobre, au lendemain d’une manifestation dispersée par les forces de sécurité. Placés sous mandat de dépôt le 2 novembre, ils sont accusés de participation à une manifestation interdite, d’attroupement armé, de vol et complicité de vol. C’est la dixième fois que des activistes sont arrêtés au Niger depuis le début de l’année.

« Ces arrestations et interpellations à répétition mettent en évidence les pressions et intimidations par voie judicaire que subissent les défenseurs des droits humains dans le pays. Cela a les apparences d’un recul de la liberté d’association et de manifestation au Niger »

Kiné Fatim Diop, chargée de campagnes pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International

«Ces arrestations et interpellations à répétition mettent en évidence les pressions et intimidations par voie judicaire que subissent les défenseurs des droits humains dans le pays. Cela a les apparences d’un recul de la liberté d’association et de manifestation au Niger,» a déclaré Kiné Fatim Diop, chargée de campagnes pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Nous demandons aux autorités nigériennes de libérer immédiatement et sans conditions ces activistes et de mettre fin aux atteintes répétées à la liberté de manifestation pacifique garantie par la Constitution. »

La manifestation avait été initiée par un collectif d’organisations de la société civile avec pour objet de dénoncer le projet de loi des finances 2018. Le collectif avait fait appel à Abass Abdoul Aziz Tanko le président de l’Association de défense des droits des consommateurs des technologies de l’information, de la communication et de l’énergie (ACTICE) et à deux membres Abdoulaye Harouna et Djibo Issa pour rédiger, signer et déposer une déclaration de manifestation auprès de la mairie centrale de Niamey. Celle-ci a répondu par un arrêté pour en modifier l’itinéraire.

Dans un deuxième courrier, les signataires ont précisé qu’ils souhaitaient maintenir l’itinéraire pour remettre un mémorandum au président du Parlement en session budgétaire. N’ayant pas reçu de réponse au second courrier, les signataires ont alors organisé une conférence de presse la veille de la manifestation annonçant la tenue d’un meeting d’information à la Place Toumo en remplacement de la marche prévue Place de la Concertation non loin de l’Assemblée nationale.

Le jour du rassemblement, un groupe de manifestants a commencé à proférer des injures et à crier pour inciter à une marche vers la Place de la Concertation. Selon les informations obtenues par Amnesty International, Abass Abdoul Aziz Tanko a pris la parole pour dégager la responsabilité des organisateurs de « tout ce qui pourrait arriver ».

La manifestation finira par être dispersée par les forces de sécurité qui ont fait usage de grenades lacrymogènes. L’Association ACTICE a en outre été dissoute le lendemain et interdite de toute activité sur l’étendue du territoire par un arrêté du ministre de l’intérieur. Selon les informations obtenues par Amnesty International auprès de leur avocat, aucun des trois activistes arrêtés n'a ni appelé ni participé aux violences.

« La dissolution et l’interdiction définitive de l’association ACTICE sans décision de justice préalable doit être immédiatement levée. Les autorités doivent respecter et reconnaître le travail mené par la société civile et non chercher à la museler »

Une vingtaine de personnes dont six mineurs ont été arrêtées le jour de la manifestation. Elles seront également jugées en flagrant délit ce 10 novembre.

« La dissolution et l’interdiction définitive de l’association ACTICE sans décision de justice préalable doit être immédiatement levée. Les autorités doivent respecter et reconnaître le travail mené par la société civile et non chercher à la museler, » a déclaré Kiné Fatim Diop.

« Afin d'éviter de nouvelles violences, les forces de sécurité doivent mettre fin à l'usage excessif de la force contre les manifestants pacifiques.»

Le 09 Novembre 2017 

 

 

 

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