Refondation : le ministre Abdourahamane Oumarou veut faire des drapeaux et de l’hymne national un rendez-vous hebdomadaire dans l’administration
Ce lundi 5 octobre 2026, le ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs sociales a inauguré un nouveau rituel hebdomadaire : la montée des drapeaux du Niger et de la Confédération AES, accompagnée de l’exécution de l’hymne national. Quelques semaines après son installation à la tête du département, Abdourahamane Oumarou entend faire de ce rendez-vous un levier de civisme et de patriotisme au sein de l’administration, avec l’ambition de l’étendre progressivement aux autres ministères.
Le lundi matin pourrait désormais prendre une tonalité particulière au ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs sociales. Au-delà du démarrage d’une nouvelle semaine de travail, les agents du département sont appelés à se retrouver autour des symboles de la République : le drapeau du Niger et celui de la Confédération des États du Sahel (AES), avec l’exécution de l’hymne national.
L’initiative, portée par le nouveau ministre Abdourahamane Oumarou, s’inscrit dans une volonté affichée de faire du civisme et du patriotisme des composantes concrètes de la refondation de l’État.
« Le patriotisme commence d’abord par l’amour de son pays »
Pour Abdourahamane Oumarou, la refondation ne saurait se limiter aux réformes institutionnelles ou aux orientations politiques. Elle doit également, selon lui, s'appuyer sur un changement de comportement au sein de l'administration et sur une réappropriation des valeurs civiques.
« Lorsqu’on parle de la Refondation, nous sommes obligés de parler du civisme, nous sommes obligés de parler du patriotisme surtout », a-t-il expliqué, estimant que cette exigence devait d’abord concerner les cadres de l’administration.
Le ministre place ainsi le rapport aux symboles nationaux au début de cette démarche. « Le patriotisme commence d’abord par l’amour de son pays, reconnaître ce que c’est que le drapeau, et savoir qu’il faut servir dignement son pays », a-t-il insisté.
Derrière la cérémonie du drapeau, c’est donc une certaine conception du service public que le ministre veut promouvoir : celle d’une administration davantage consciente de sa responsabilité dans la conduite des affaires de l’État.
L’administration au cœur de la « refondation »
Dans son argumentaire, Abdourahamane Oumarou établit un lien direct entre l’efficacité de la politique de refondation et l’attitude des agents publics. Pour lui, les orientations définies par les autorités ne peuvent produire pleinement leurs effets sans une administration mobilisée autour des mêmes objectifs.
Le ministre évoque notamment les enjeux liés à la souveraineté nationale et à la gestion des intérêts du pays. Il estime que les transformations recherchées nécessitent, au-delà des décisions prises au sommet de l’État, l’implication des cadres et agents chargés de leur mise en œuvre.
Son propos se veut particulièrement direct lorsqu’il aborde la responsabilité des agents publics : « Tant que nous n’aurons pas au niveau de notre administration des hommes intègres, des hommes patriotes, ce sera comme si un coup d’épée dans l’eau », a-t-il déclaré.
Il est allé jusqu’à comparer les conséquences d’un défaut de conscience professionnelle au sein de l’administration à une menace grave pour l’État, affirmant qu’« un cadre de l’administration qui ne sait pas pourquoi il sert son pays est même plus dangereux qu’un militaire qui retourne sa kalachnikov contre l’État ».
Une formule choc, qui traduit l’importance qu’il entend accorder à la mobilisation de l’administration dans la dynamique de refondation.
Du ministère à l’ensemble de l’administration
L’objectif affiché dépasse déjà le seul périmètre du ministère de la Refondation. Abdourahamane Oumarou souhaite voir cette pratique gagner progressivement les autres départements ministériels et, plus largement, les services publics.
« Mon souhait, c’est de voir comment également l’élargir dans les autres ministères, dans toute l’administration », a-t-il déclaré.
Le principe envisagé est simple : faire du début de semaine un moment régulier de rassemblement autour des symboles nationaux. Le ministre estime que cette pratique ne représente pas une contrainte excessive et pourrait contribuer à installer progressivement des réflexes civiques dans les administrations.
Pour les institutions situées au sommet de l’État, il envisage une autre périodicité. Il souhaite notamment que la montée des drapeaux puisse être organisée le premier lundi de chaque mois à la Présidence de la République, à la Primature et au Conseil consultatif de la refondation (CCR).
L’école également ciblée
La démarche ne devrait pas, dans la vision exposée par le ministre, s’arrêter aux administrations. Abdourahamane Oumarou veut également remettre la question du civisme au cœur de l’éducation des jeunes générations.
Il évoque ainsi la possibilité de renforcer les pratiques liées aux symboles nationaux dans les établissements scolaires. Son idée est notamment de réintroduire ou de renforcer l’exécution de l’hymne national au collège et au lycée, dans le prolongement de ce qui se fait déjà au primaire selon son propos.
L’objectif est de familiariser les enfants et les jeunes avec les symboles de la République, mais surtout de leur transmettre, dès l’école, l’idée que le service de la nation relève à la fois du devoir et de l’honneur.
« Servir le pays, c’est un devoir, mais c’est surtout un honneur et une chance qu’on a », a résumé le ministre.
« Il faut que cela change »
Le discours d’Abdourahamane Oumarou intervient dans un contexte où les autorités nigériennes mettent fortement l’accent sur la souveraineté, la mobilisation nationale et la transformation des pratiques de l’État. Le réaménagement gouvernemental du 15 septembre avait notamment consacré son arrivée au ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs sociales.
Pour le nouveau ministre, la bataille ne se joue toutefois pas uniquement sur le terrain politique ou sécuritaire. Elle se joue également dans les bureaux, au sein des services publics, là où les décisions de l’État doivent être transformées en actes.
C’est précisément sur cette articulation entre engagement national et travail administratif que son discours insiste. Alors que certains agents sont mobilisés sur le terrain, il estime que ceux qui travaillent dans les administrations doivent eux aussi prendre la mesure des enjeux du moment.
« On ne pourra pas réussir ce combat, on ne pourra pas gagner cette guerre tant que d’autres se battent sur le terrain, perdent leur vie et d’autres ne comprennent pas les enjeux dans les bureaux climatisés », a-t-il lancé.
Avec la montée du drapeau chaque lundi, le ministère de la Refondation entend donc instituer bien davantage qu’un simple rituel. Le pari affiché est d’en faire un moment de rappel collectif : celui des responsabilités liées au service public, du respect des symboles de la République et de la place du patriotisme dans la dynamique de refondation.
Reste désormais à voir jusqu’où cette initiative pourra s’étendre dans l’administration nigérienne et si elle trouvera une traduction durable dans les pratiques quotidiennes du service public.








