UEMOA : le Conseil des ministres adopte de nouvelles mesures pour accélérer l’intégration communautaire

La 3e session ordinaire du Conseil des Ministres Statutaire de l’UEMOA au titre de l’année 2026 s’est tenue, le 2 octobre 2026, à Dakar, sous la présidence du Ministre de l'Économie et des Finances du Burkina Faso, Président dudit Conseil, Aboubakar NACANABO, et en présence du Président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye DIOP, du Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude KASSI BROU, ainsi que de plusieurs ministres en charge des finances des États membres, parmi lesquels celui du Niger, M. Maman Laoual ABDOU RAFA. À l’issue de la session, le Conseil a pris connaissance des projets importants pour la marche de l’intégration soumis pour adoption à l’instance décisionnelle avant de prendre des décisions destinées à renforcer la résilience des économies de l’Union et à préserver leur souveraineté économique, dans un contexte marqué par des incertitudes de l’environnement international.
Les travaux, présidés par Aboubakar NACANABO, Ministre de l'Économie et des Finances du Burkina Faso, Président dudit Conseil, se sont déroulés au siège de la BCEAO à Dakar.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’allocution du Président du Conseil des Ministres Statutaire de l’Union. Il a souligné que la présente « session se tient à un moment où l’environnement international demeure profondément mouvant. Les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient continuent de peser sur les équilibres économiques et financiers mondiaux et rappellent, une fois encore, combien nos économies doivent savoir anticiper les chocs, renforcer leur résilience et préserver leurs marges de souveraineté économique. » Dans un tel contexte, Aboubakar NACANABO a souligné que « notre réunion ne saurait être un simple rendez-vous institutionnel. Elle est un moment de responsabilité collective. Il nous appartient de conjuguer nos analyses, de rapprocher nos positions et, surtout, de prendre les décisions qui consolident la stabilité de notre espace communautaire et donnent davantage de force à notre intégration économique et monétaire ».
Abordant la situation économique internationale, il a indiqué une résilience constatée « malgré la persistance du choc d’offre lié au conflit au Moyen-Orient, déclenché en février 2026. Cette résilience ne doit toutefois pas nous conduire à sous-estimer la fragilité de l’environnement dans lequel évoluent nos économies ».
Situation macroéconomique de l’Union avec des fondamentaux qui demeurent solides…
Au deuxième trimestre 2026, l’activité économique est restée dynamique, avec une croissance estimée à 6,0 % en glissement annuel, après 6,1 % au trimestre précédent. Cette performance, selon le Président du Conseil, « portée par l’ensemble des secteurs, témoigne de la vitalité de nos économies et de leur capacité de résistance ».
Le taux d’inflation s’est établi à 0,4 % au deuxième trimestre 2026, après -0,2 % au trimestre précédent. Cette remontée du niveau général des prix résulte principalement de la hausse des prix du transport, consécutive au relèvement des prix des produits pétroliers dans la plupart des États membres, ainsi que de l’évolution des prix du logement et de certains produits alimentaires. Pour l’ensemble de l’année 2026, l’inflation est projetée à 1,0 % en moyenne, après 0,0 % en 2025.
Dans le même temps, la position extérieure de l’Union s’est renforcée au cours du deuxième trimestre 2026, portée par l’accroissement des exportations d’or, de coton, de cacao et de produits pétroliers.
Ces résultats confirment, selon le Président du Conseil des Ministres, « le dynamisme de nos industries extractives et manufacturières, de nos activités commerciales et de nos services, ainsi que les perspectives favorables de la campagne agricole 2026/2027 ».
Mais pour Aboubakar NACANABO, la vigilance reste de mise, car « nous devons garder à l’esprit que rien n’est définitivement acquis. Ces perspectives demeurent tributaires de la conjoncture internationale, de la situation propre à chacun de nos États et des effets croissants du changement climatique. Notre responsabilité est donc claire : consolider les acquis, réduire nos vulnérabilités et transformer les performances conjoncturelles en progrès durables. »
Des dossiers importants pour le processus d’intégration au menu des travaux…
Ils sont portés par les Chefs des Institutions de l’Union, notamment le Président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye DIOP, le Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude KASSI BROU, le Président de la BOAD, Serge EKUE, ainsi que celui de l’AMF-UMOA, Kossi TENOU.
Pour la Commission de l’UEMOA, le Projet de Directive portant Réglementation communautaire des Marchés Publics dans l’UEMOA ainsi que le Projet de Décision portant adoption de la Stratégie Régionale de Protection Sociale 2026-2035 de l’UEMOA ont été, entre autres, soumis au Conseil pour adoption.
Au titre de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF-UMOA), le Conseil a examiné les comptes annuels de l’organe pour l'exercice 2025.
Pour la BCEAO, le Conseil se prononce sur la participation de l’Institut d’émission et des banques commerciales de l’UMOA au Système Panafricain de Paiement et de Règlement (PAPSS), un dossier qui s’inscrit au cœur de la modernisation et de l’interconnexion des paiements sur notre continent.
Quant à la BOAD, la question de la renonciation aux immunités et privilèges de la Banque dans le cadre de financements mobilisés auprès de plusieurs partenaires techniques et financiers était au menu des décisions.
Il faut noter que pour cette session, les Commissaires de l’UEMOA Mahamadou GADO, en charge des politiques économiques et de la fiscalité intérieure, Mamadú Serifo JAQUITE, du Département du Développement Humain, ainsi que Lassine BOUARE, en charge des Services Administratifs et Financiers, sont en compagnie du Président Abdoulaye DIOP.
Aboul Karim Moumouni (actuniger.com)



